Guinée : Il faut une CENI pour la Guinée
12 octobre 2005
En matière d'élections, la Guinée a plus que besoin d'une CENI!
Nous persistons et nous signons qu'en matière d'élections, à l'instar
des autres pays de la sous région comme le Mali, le Niger, le Bénin,
le Sénégal, le Libéria et autres, la Guinée a plus que besoin d'une
structure indépendante pour gérer les processus électoraux à la place
du ministère de l'ATD. Quelque soit le nom qu'on donnera à cette
structure indépendante, peu importe, pour vu que ce soit elle qui
organise, supervise, contrôle, avec l'assistance technique bien sûr de
l'administration, les processus électoraux en amont et en aval jusqu'à
l'annonce des résultats provisoires. Sans autre!
Si Kiridi BANGOURA et suite parlent aujourd'hui de l'article L2 de la
Loi organique N°L93/038/CTRN du 20/08/93 qui donne toutes les
prorogatives au Ministre de l'intérieur d'organiser les élections en
Guinée, c'est parce que tout justement le pouvoir du Général Lansana
CONTE refuse tout compromis au tour de l'organisation des élections.
Le Général Lansana CONTE a horreur des élections libres et
transparentes pour qu'il continue à dicter sa volonté comme il a fait
avec flagrance, lors des communales de l'an 2000, en disant
publiquement à la radio télévision nationale qu'il veut les cinq
communes de Conakry il lui a été donné la quasi-totalité des communes
de la Guinée. A rappeler que les 98% des mairies des Communes urbaines
du pays sont dirigées par son parti le Pup. Il veut que ce soit son
Commis, c'est-à-dire son ministre de l'intérieur, qu'il nomme par
décret, qui organise ces élections. Cela est inadmissible, sauf pour
les gens qui veulent que notre peuple soit privé du droit de choisir
librement ses représentants pour gérer ses affaires et qu'il continue
à croupir dans la misère dans laquelle il se démène malheureusement
actuellement.
D'abord cet article du code électoral en sa version de 1993 a été
modifié de manière rocambolesque dans des conditions obscurément
illégales pour permettre à l'administration de mieux s'impliquer dans
le processus électoral pour frauder. Mais que ce soit sa version
originale de 1992 ou sa version modifiée de 1993, le Code électoral
guinéen a toujours été critiqué et décrié. L'opposition a toujours
demandé son amendement, car dans un match on ne peut pas être à la
fois arbitre et joueur, elle n'a pas été écoutée. Le malheur de la
Guinée est parti de là.
Si le pouvoir du Général Lansana CONTE avait la volonté politique ce
code électoral serait modifié, il y a longtemps et la CENI (Commission
Electorale Nationale Indépendante) serait institutionnalisée et mise
en place comme dans beaucoup d'autres pays africains. Pourtant s'il
est convaincu que son Pup reste fort et populaire sur le terrain
pourquoi refuse t-il la CENI? Si Le ministre Kiridi BANGOURA était de
bonne foi, comme certains nous le font croire, il aurait œuvré pour
institutionnaliser la CENI.
Mais qu'est ce qu'on a fait jusqu'à présent?
On entend aux préludes des échéances électorales pour venir au siège
des principaux partis d'opposition pour faire semblant de converser
avec eux pour relancer le même ''soi-disant dialogue'' entamé depuis
le temps de Alsény René GOMEZ en 1993 pour prétendre de mettre sur
place une structure qui organisera les élections sans toucher au code
électoral qui est le point d'achoppement. Après tout c'est une
structure appendiculaire du Ministère de l'Intérieur qui voit jour.
Tout est mis en œuvre pour ne pas modifier ce fameux article du code
électoral l'article L2 de la Loi organique N°L93/038/CTRN du 20/08/93.
Depuis 1993 c'est le même scénario: il y a eu la CNE sous Ibrahima
Khalil FOFANA, le HCE sous Rachid TOURE, que sais-je encore? Les
résultats ont été toujours les mêmes, c'est-à-dire catastrophiques,
sinon que pire…
Qu'est ce qu'on veut nous raconter aujourd'hui sur les élections en Guinée?
De qui se moque-t-on?
Qu'on cesse de nous amuser par des paroles mielleuses qui ne sont
nullement en rapports de ce qui se passe sur le terrain, qu'on cesse
de nous mettre des poudres aux yeux. Le Peuple Martyr de Guinée veut
maintenant des actes concrets et en a marres des promesses
fallacieuses d'horizon.
Pour nous il n'y a pas aucune différence entre les Alsény René GOMEZ,
les Dorank Yasseni ASSIPHATE, les Zainoul ABIDINE, les Moussa SOLANO
et les Kiridi BANGOURA. Tous ont le même rôle à jouer: maintenir le
régime corrompu du Général Lansana CONTE en Guinée au détriment des
populations guinéennes. La CENA fera pire que la CNE d'Ibrahima Khalil
TOURE, pire que le HCE de Rachid TOURE, car le système de fraudes
électorales se perfectionne toujours en Guinée et s'est même sclérosé.
Avec toutes les expériences vécues en matière d'élections en Guinée
depuis 1991, nous disons à haute et intelligible voix que les
élections sous le régime corrompu du Général Lansana CONTE ne seront
jamais ni libres, ni transparentes, comme il a été déclaré dans un de
nos écrits:
« Il ne faut pas se leurrer, les élections en Guinée ne seront jamais
libres et transparents tant que c'est le clan du Général CONTE qui
fait et défait les choses dans le pays. Tout ce qui se dit autour de
la CENA (Commission Electorale Nationale Autonome) déjà acceptée par
le gouvernement n'est que guet-apens pour faire semblant de remplir
les conditionnalités des bailleurs de fond pour avoir ''l'argent des
blancs''.
Ceux qui pensent que le PUP est en mauvaise posture pour remporter des
élections sont vraiment dans une naïveté de débile. Etant un
Etat-Parti ses structures sont totalement et complètement confondues à
celles de l'Etat. Entendez bien l'organisation politico-administrative
en Guinée commence par des secteurs. L'ensemble des secteurs forme le
quartier ou le district; la CRD ou la sous-préfecture est formée de 5
à 6 districts, ainsi que les communes urbaines sont formées de
plusieurs quartiers. Il y a la préfecture qui coiffe les communes
urbaines et sous-préfectures et les Gouvernorats qui coiffe les
préfectures.
Soit au total en Guinée il y a 8 Gouvernorats, 33 préfectures, les 5
communes de Conakry, près de 300 sous-préfectures, plus de 1800
quartiers et districts et environ 3500 secteurs: des véritables
centres de laboratoires de fraudes. Que ce soient les chefs secteur,
les présidents de district ou de quartier, les présidents de CRD et
les membres de leurs bureaux sont tous obligatoirement du PUP, s'ils
ne le sont pas, ils seront forcément démis de leur fonction politique.
Les gouverneurs, les préfets, les sous-préfets et leurs staffs sont
tous des animateurs infatigables du PUP, les nominations à ces postes
se faisant sur le critère d'appartenance et de fidélité au PUP et non
sous la base de la compétence. Toute cette structure administrative
relève du tout puissant ministre de l'administration du territoire et
de la décentralisation SE Monsieur Kiridi BANGOURA. C'est cette armada
administrative ultra blindée de fraudes électorales massives
institutionnalisées qui gère les élections en Guinée.
Comment peut-on parler de CENA à coté de cette machine déjà très rodée
dans l'art de truquer les élections si ce n'est pas pour amuser les
guinéens? » Extrait de notre écrit du 02 Septembre 2005 Mohammed
Lamine SYLLA Membre de l'Aguisav
Même si aujourd'hui, selon le ministre Kiridi BANGOURA lui-même, que
l'Ue, la France, le Japon, la Chine etc. sont prêts à aider le
gouvernement à organiser cette autre mascarade les patriotes et
démocrates guinéens doivent, quant eux, rester sereins. Car le dernier
mot revient toujours au Peuple et non à ces bailleurs de fond qui ne
voient que l'argent et leurs intérêts.
C'est pour quoi nous disons qu'une fois de plus le régime corrompu du
Général Lansana CONTE refuse tout compromis pour sauver la Guinée de
la catastrophe. Il revient à nous les Guinéennes et Guinéens de
trouver les voies et moyens pour le chasser du pouvoir avec sa clique
avant que ce ne soit tard, surtout qu'il y a vacance notoire de
pouvoir en Guinée. Vacance de pouvoir occasionnée par son état de
santé précaire, incompatible avec une fonction de responsabilité.
Etant en impotence psycho-physiqueautrement dit malade de Diabète
compliqué d'insuffisance rénale, de cancer et de maladie d'Alzheimer,
il doit être assisté socialement à la maison et sous surveillance
médicale stricte.
Qu'on nous accuse de complot pour avoir dit cette vérité connue de
tous, nous nous en moquons éperdument. C'est l'affaire des inventeurs
de complots.
La lutte continue!
C'est le Peuple Martyr de Guinée qui vaincra!
Fait à Conakry, le 12 Octobre 2005
Dr Fran Morri T. SAMOURAH
Président de l'Association Guinéenne des sans Voix (Aguisav)
Conakry
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