lundi 03 september 2007
L’excision de la petite fille est un phénomène qui est pratique par toutes les communautés guinéennes, quelques soient leurs positions géographiques. Cette dure réalité persiste encore malgré les multiples campagnes de sensibilisation, d’information et d’éducation menées par les acteurs de terrain.
La période des grandes vacances étant la plus indiquée pour ces pratiques en zone rurale comme en zone urbaine. Et de surcroit il n’y a pas d’âge fixe pour faire subir la petite fille cette pratique aussi néfaste pour sa santé. Quelquefois l’âge des filles peut varier entre 2 et 5 ans, tout comme l’âge peut atteindre 15 ans voire 18 ans selon les coutumes des différentes communautés données.
Par le passé, le gouvernement guinéen à travers ses différentes structures spécialisées avec l’appui des partenaires au développement a eu à lancer de vastes campagnes d’information et de sensibilisation pour le dépôt des couteaux servant à faire l’excision des fillettes.
Ainsi dans bon nombre de préfectures, les femmes s’étaient engagées à en fnir complètement et de façon définitive avec la pratique de l’excision. Des montagnes de petits couteaux rouillés avait été brûlés en guise de symbole de lutte contre l’excision des filles.
Ironie du sort, c’est juste pour amuser la galerie dit-on, car plus que jamais le phénomène persiste et connaît de nouveau une évolution inquiétante au vu et su de tout le monde.
Toute fois ce qui est incompréhensible, c’est que même la religion musulmane (c’est elle qui prédomine en Guinée avec 90 % des fidèles), ne reconnaît pas le bien fondé de la dite pratique, contrairement à la circoncision du garçon.
Par ailleurs en matière de santé physique et morale, les résultats de nombreuses études et recherches scientifiques ont prouvé que l’excision pose d’énormes problèmes à la victime et ce durant toute sa vie. Ces problèmes de santé sont entre autres : le rapport sexuel dans le foyer, problème d’accouchement et de maternité, risque d’attraper les MST dont le VIH/SIDA et autres infections génitales, troubles mentaux et complexe psychologique etc.
De nos jours des cas de troubles causés par cette « mauvaise » pratique sont nombreux dans les maternités et centres de santé dans le pays tant à Conakry qu’à l’intérieur du pays. C’est du moins l’avis de certains médecins spécialisés en la matière comme celui-ci.
« Je suis médecin spécialiste en gynécologie et obstétrique. C’est pour vous dire que je m’occupe de santé de la mère et de son enfant. Pour parler de ce sujet brûlent qu’est l’excision des filles, je dirais simplement que les femmes la pratiquent par simple ignorance. Ou si vous voulez par le phénomène de suivisme. Elles disent nos parents et arrière grands parents l’ont pratiquée donc, nous la pratiquerons aussi. Toutes fois ce que je peux dire ce que cette pratique doit faire l’objet des campagnes de sensibilisation pour la bannir à jamais dans nos sociétés. L’excision de la petite fille est néfaste pour sa santé et les séquelles que cela pose peuvent la suivre durant toute la vie. Je peux vous donner quelques exemples même si le secret professionnel m’exige de se taire. Des femmes viennent avec des véritables complications quant à l’accouchement. Et Dieu seul sait comment on se bat pour sauver ces femmes. Et il n’est pas rare de voir certaines femmes perdre leur vie par le fait de l’excision qu’elles ont subie à l’enfance. Donc c’est une pratique à délaisser et qui n’est pas à la mode. »
D’ici là, elles sont nombreuses, les petites filles qui sont exposées aux dangers de l’excision pendant les vacances en Guinée, comme ce fut le cas de celle que vous voyez sur l’image (voir photo).
Comment convaincre les mamans de ne pas pratiquer l’excision ? Telle est la grande question à laquelle la solution n’est pas pour demain.
« Moi j’ai été excisée par mes parents et toutes mes filles le seront encore s’il plait à Dieu. Même s’il y a des méfaits après on ne peut rien, on doit suivre ce que nos anciens parents ont faits. C’est tout. »
Tels sont les propos d’une vielle maman qui vient d’envoyer ses filles au village pour subir l’excision.
Faut-il envisager d’autres mesures punitives à l’égard des esprits récalcitrants ?
L’avenir nous le dira même si en attendant c’est la jeune fille qui continue de subir ces souffrances physiques et mentales sans qu’on ne lui demande son avis. Des Souffrances de plus que nous devrions tous continuer de lui épargner…
Lansana A. Camara
Correspondant de www.nlsguinee.com à Conakry
E-mail : lansanaminata@yahoo.fr
Tél. (+224)- 64- 30- 74- 06