dimanche 02 septembre 2007
L’engagement des femmes de Guinée pour l’avènement d’une nation libre et prospère ne date pas d’aujourd’hui. Il suffit tout simplement de rappeler qu’elles ont été aux premiers rangs des combattants pour l’indépendance nationale. C’est le lieu de souligner la première révolte des femmes de Guinée le 27 août 1977 comme suite logique de la contribution significative des femmes dans la lutte contre l’injustice et l’oppression d’un régime à travers sa fameuse police économique. En ce 27 août 1977, les femmes se sont fait entendre en réclamant leur droit. Je me rappelle la chanson de ces braves dames en colère qui disaient : EH WON MA YIKKI, SEKHOU TOURE YO WON MA YIKKI KONO MBA AWA YIRÉ ! A l’époque j’étais très jeune, mais cette chanson continue de résonner dans ma tête et restera gravée dans ma mémoire à jamais. En ce moment, je ne pouvais pas mesurer le poids de cette chanson et sa signification à cause de mon jeune âge.
Notre mère et sœur Hadja Rabiatou Sera Diallo à la tête d’une équipe déterminée est venue montré que la Femme de Guinée n’est pas endormie. Au contraire, elle a seulement pris le temps d’observer et de se donner une stratégie pour réclamer ses droits.
Je voudrais dire, même si je suis en retard d’un mois sur la date du 27 août, «Joyeux anniversaire aux amazones de la Guinée, à vous grandes combattantes de la liberté que sont nos mamans, nos sœurs qui ont osé dire, pour la toute première fois, halte trop c’est trop ! ». Mes réflexions depuis cette date anniversaire, mémorable dans l’histoire de la femme Guinéenne, m’incitent à sortir de mon mutisme pour ainsi répondre à l’appel de mes compatriotes concernant l’élection d’une femme présidente à la magistrature suprême de notre cher et beau pays. La venue d’une dame à la tête de la nation Guinéenne est un projet que je caresse et j’invite toutes les femmes à apporter leur modeste contribution autour d’une seule idée, celle de bâtir un état libre prospère et transparent.
Mais avant chères compatriotes, je voudrais profiter de l’occasion pour demander à toutes les femmes de Guinée de toutes ethnies confondues ,sans distinction de race, de couleur, de religion et de classe sociale, de se mobiliser d’abord pour réconcilier toutes les filles et fils du pays, car nul n’ignore aujourd’hui que la Guinée, notre cher pays, est divisée, fragilisée et peut se casser facilement si nous n’apportons pas de remède nécessaire pour recoudre le tissu social nous permettant de faire une prise de conscience à tous les niveaux de la société.
Cette prise de conscience de tous les enfants du pays nous permettra, sans distinction de sexe, de nous mettre autour d’une même table pour nous demander pardon mutuellement, afin de nous débarrasser d’un passé très lourd qui hante encore nos esprits depuis maintenant 50 ans. C’est à mon avis un préalable pour permettre à la Guinée de se doter d’une femme humble, modeste sans prétention et sans mégalomanie qui sera capable de rassembler tous les enfants du pays autour d’un projet de société profitable à tous. En d’autres termes, je propose, comme beaucoup de nos compatriotes le souhaitent, une conférence de réconciliation pour nous permettre de repartir sur de nouvelles bases. A mon sens, seule cette approche peut nous aider à nous en sortir.
La détermination de notre jeunesse, qui a montré, au cours des évènements de début d’année 2007, sa détermination et sa compréhension des enjeux du développement de la Guinée a besoin d’un leadership qui peut trouver une réponse chez les vaillantes femmes de notre pays. Dans ce sens, je partage l’analyse de notre compatriote Madame Bilguissa Barry à Montréal, Canada qui dit que, les femmes de Guinée que nous voulons encourager et solliciter ce ne sont pas des dames de fer ! Je crois de cela nous n’en n’avons pas besoin. Mais des femmes de cœur et de tête : qui savent faire avec tout le monde, tous les Guinéens et toutes les Guinéennes quelque soit l’ethnie, la couleur ou la classe sociale. Madame Barry, merci de voir les choses sous cet angle. Merci également à Madame Adji Barry Baud qui a eu l’initiative pour la première fois de faire appel aux femmes de Guinée pour se lancer à la course pour la présidence de notre pays. Mon salut va aussi à Dr Adama Rabi Youla, à Madame M’Ballou Kébé de Bruxelles pour son engagement ainsi qu’à toutes les femmes de Guinée partout où elles se trouvent.
Réclamons le droit, la justice et la compétence à la place de l’injustice, de l’incompétence, de la prétention et de la mégalomanie.
Vive la République de Guinée et, par- dessus tout, vive les Femmes de Guinée pour une Guinée libre et prospère.
Par Mme Barry Madina Kouyaté
Dakar, Sénégal
Contact : kmadina2000@yahoo.ca