Le Maroc fait honte à l’Afrique : Des Guinéens menacés de mort dans le désert de Sahara
11 octobre 2005
Les images ont fait le tour du monde. Des Africains menottés les uns aux autres, entassés dans des bus comme des animaux, pleurant, implorant Dieu, demandant aux forces de sécurité marocaines de les réserver le minimum de respect de leur dignité. Mais, rien n’y fait, ils seront abandonnés dans le désert, sans eau, ni nourriture.
Ils sont des milliers de Maliens, Sénégalais, Guinéens, Bissau-Guinéens, Nigériens, Nigérians, Camerounais, Libériens, Ghanéens, Togolais… qui sont menacés de mort, maltraités par le royaume marocain, abandonnés par leur propre Gouvernement, plus préoccupé de leur image que des affaires qui touchent à leurs concitoyens.
Au Maroc, l’Afrique a été humiliée, insultée, bafouée. A quoi sert l’Union Africaine ? En tout cas, le royaume chérifien vient de montrer qu’il n’a aucun respect pour l’Afrique, aucune considération pour les gouvernements subsahariens, lesquels, à ce jour, exceptés le Sénégal et le Mali, n’ont pas bougé le petit doigt. C’est ce qui est aussi dramatique.
Certains voient derrière cette tragédie, la rivalité maroco-algérienne car, pour les autorités du royaume chérifien, la plupart de ces candidats à l’immigration clandestine sont forcement passés par l’Algérie.
A propos, un Ministre marocain confiait au journal français le Monde, sous couvert d’anonymat : « C’est faux de dire que le Maroc abandonne des gens au Sahara. On essaie simplement de leur faire quitter le Maroc par les endroits où ils sont arrivés, c’est à dire l’Algérie ».
C’est scandaleux de la part d’un membre du Gouvernement marocain de tenir de tels propos, alors que le monde entier a assisté en direct, au spectacle odieux de violations flagrantes des droits de l’Homme.
Si la lutte contre l’immigration clandestine appartient à la libre politique des Gouvernements, ce qui est cependant inconcevable, de surcroît pour le Maroc, c’est l’atteinte grave aux valeurs humaines les plus sacrées, et universellement partagées : le respect de la dignité humaine et des peuples.
Ce qui se passe au Maroc est une tragédie, un drame humain, une tentative d’assassinat sur des hommes et des femmes en détresse, sans aucun moyen de défense. Le Maroc n’est plus fréquentable. Pourtant de Conakry à Dakar, de Bissau à Bamako, de Lomé à Abuja, d’Abidjan à Cotonou…., partout en Afrique subsaharienne, les Marocains s’y trouvent, possèdent des affaires, détiennent des entreprises, disposent des Banques ; des commerces, des restaurants…. Et c’est connu que ces Marocains ne font jamais leurs affaires dans la règle de l’art, c’est à dire selon la législation des pays hôtes.
La commission des droits de l’Homme de l’Union Africaine doit très rapidement se réunir pour examiner les violations des droits de l’Homme constatées, commises par le royaume marocain à l’encontre des immigrés africains, et prendre les décisions qui s’imposent.
A présent, les pays africains concernés par le sort infligé à leurs ressortissants, l’humiliation perpétrée contre leur peuple doivent prendre des mesures immédiates pour rapatrier les immigrés.
Pour la Guinée qui possède une importante communauté estudiantine dans ce pays, où, beaucoup de hauts responsables politiques guinéens, à commencer par le général Président Conté possèdent des avoirs immobiliers, des comptes bancaires…, c’est inadmissible que des dizaines ; peut-être des centaines de Guinéens soient maltraités, humiliés voire menacés de mort. Selon RFI, plus de 70 Guinéens se retrouvent dans le désert du Sahara, abandonnés comme des centaines d’autres Africains dont les Gouvernements ne se sont pas occupés.
Que fait madame Fatoumata Cissé aux affaires étrangères de Guinée ? Que fait l’Ambassade de Guinée au Maroc, alors que ses homologues maliens et sénégalais n’ont pas attendu leur pouvoir pour s’occuper de leurs ressortissants ? Après tout, c’est une question de réflexe patriotique.
Ainsi, pour de nombreux observateurs, madame KABA Fatoumata Cissé ne sert d’aucune utilité aux affaires étrangères qu’à accumuler des perdièmes de voyage, au détriment des contribuables guinéens. Son limogeage serait salutaire, ajoutent-ils. Car, la Guinée est davantage absente sur la scène régionale, africaine et internationale qu’il y a dix mois. Et surtout, lorsqu’il s’agit de défendre des citoyens guinéens en danger de mort. Son silence est une faute politique impardonnable, celui du gouvernement aussi.
Quoi qu’il en soit, les immigrés guinéens abandonnés dans le désert de Sahara, attendent toujours désespérément l’intervention du Gouvernement de Conakry. Bientôt il sera déjà trop tard.
M. Paul Moussa DIAWARA
Directeur de la rédaction de aminata.com
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