mardi 28 août 2007
Depuis l’arrivée de Kouyaté et ses décrets trop marqués du PDG et de sa famille, on a essayé d’alerter les Guinéens sur le danger que pourrait représenter ce monsieur qui s’est détourné de sa mission du PM pour des manœuvres visant à garantir le pouvoir entre les mains de leur club secret qui est désormais actif sur le terrain et à l’extérieur de la Guinée : des comités de soutien sont créés à Conakry, on cherche à enrouler les organisations de jeunes et de femmes, on divise et corrompe des syndicalistes et membres de la Société Civile, Kouyate et ses hommes se mettent en action de collectes de fonds à Tripoli, aux USA, à Paris et ailleurs etc.
Les fronts sont engagés à tous les niveaux et les opportunistes de tout genre saisissent l’occasion pour chercher à obtenir un peu des sommes distribuées par le PM en quête de soutien ! Qui est fou ? Ça rapporte de l’argent.
Toute la question est : Kouyaté a-t-il besoin de ces comités de soutien face à qui et pour quel action ?
N’est-il pas le chef de l’administration et de la police ? N’affirme-t-il pas que tout va bien et qu’il a les mains libres dans son travail ?
Ses décrets qui ont lésé même le clan conté et sa décision d’annuler des poursuites judiciaires contre Sylla ne le prouvent-ils pas à suffisance ?
Jamais on avait eu un PM aussi fanfaron et ambitieux que Kouyaté ! Aucun PM n’a songé créer ou financer des bandes de soutien avant lui. S’il travaillait dans l’esprit des accords qui ont abouti à sa nomination, il aurait tout le peuple derrière lui aujourd’hui et point besoin d’un groupe de loubards et d’opportunistes qui se constituent partout aujourd’hui, à la recherche d’argent.
A Paris, Fofana avait demandé aux occidentaux de faire pression pour que la constitution soit modifiée pour transférer le pouvoir à Kouyaté. Cela, après qu’il ait déclaré dans une conférence de presse à Conakry, lors du passage d’une délégation européenne, qu’ils ont réussi à opérer un changement de régime en Guinée et qu’il compte désormais s’impliquer dans la politique. On peut encore trouver le texte complet dans les archives de Guineenews.
Conté a laissé du temps à Kouyaté de préparer sa base pour la conquête du pouvoir, alors que ce dernier a perdu son soutien populaire (d’où la nécessité de créer et financer des bandes de soutien et récupérer, grâce à l’argent, les organisations de masse existantes. Le Général dictateur risque de le regretter très fort. Car à cette allure Kouyaté finirait par devenir un chef de bande capable de résister même à l’armée : il aurait la police, des mouvements de jeunes organisés et armés, certains cadres de l’administration et certains militaires achetés.
Au lieu de faire des provocations en refusant de signer des décrets et limitant l’accès au Palais, pourquoi ne pas nommer un nouveau PM simplement dans le cadre des accords (ce que personne ne peut lui reprocher) ? C’est cette légèreté d’esprit et de savoir faire du président qui est responsable du chaos que nous connaissons aujourd’hui en Guinée.
Ce qui est sûr, c’est que tous ces mouvements de Kouyaté et de ses proches, ces déclarations de soutien et multiples initiatives, après que Conté lui ait limité l’accès au Palais pour ses conseils de ministres, ne peuvent être innocents et sans fondement.
On dirait même que les choses se précipitent et que l’ancien régime se remet en place:
- on commence à organiser des mamayas, des réunions et manifestations pour le soutien à Lansana Kouyaté et à son gouvernement. Mais aussi contre « les ennemis du changement » !
Au temps de Sékou Touré, on faisait et disait les mêmes choses, sauf qu’au lieu des 2 termes d’en haut, il était question de : « soutien au Président Ahmed Sékou Touré et à la révolution ». Au lieu des ennemis du changement, on disait : « les ennemis du peuple » ! Cela ne tardera pas à venir si le club de Kouyaté s’empare du pouvoir.
- La médiocre, selon Le Diplomate, Hadja Fatoumata Tété Nabé, ministre des Affaires sociales, de la Condition féminine et de l’Enfance ramène les sujets de Sékou et de la révolution. Elle veut remplacer le 27 Août, date anniversaire de la révolte des Femmes contre la Police Economique et son chef Sékou Touré par le 9 février, date anniversaire de l’assassinat de M’Balia CAMARA, une PDGiste.
- Le ministre de l’intérieur, Bo Keita, ramène des mesures de l’époque de Sékou qui avaient permis au système sanguinaire d’alors d’avoir le contrôle total sur tout en Guinée : désormais, il interdirait tout regroupement ou association qui n’aurait pas leur agrément ! C’est exactement ce que l’on vivait en Guinée avant la mort du Fama : même pour faire du thé avec des amis, il fallait aller d’abord le signaler et demander une autorisation du comité révolutionnaire pour ce regroupement. Autrement, on est coupable d’acte anti-révolutionnaire qui peut conduire jusqu’au camp boiro. Rappelons-nous que 7 Peuhls furent exécutés à Mamou pour une simple raison de carte d’identité, quelques mois avant la disparition du sanguinaire en 84.
Où est-ce que ce « Docteur » a-t-il fait son doctorat ? Dans tous les pays du monde, le droit de regroupement et d’association est sacré. Seules les associations qui voudraient peser dans certaines choses ou bénéficier d’une reconnaissance ou soutien officiel font la demande d’agrément. Mais Bo Keita peut n’avoir d’autre référence que la révolution sékoutouréenne.
Si les organisations de masse ne contestent pas vigoureusement cette initiative et demander le départ de ce milicien, elles risquent de le regretter très fort bientôt. Une fois passée, même Conté pourrait maintenir la mesure en chassant Kouyaté et son Bo.
- un enseignant de collège de nom de Oumar Cissé, qui serait rentré en ce moment en Guinée, donne le ton : dans un long et minable texte, il se révolte du fait que l’on ne fait pas des Hommages à Sékou Touré en Guinée. Son argument : Il existe même des partisans et adorateurs d’Hitler en Allemagne (et dans le monde entier, y compris en Israël…) !
Il ajoute :
« Vive la mémoire réhabilitée du Président Ahmed Sékou Touré (et s’il se créait un club en Guinée comme au Mali, j’y adhèrerai sans état d’âme); »
En lisant l’article, j’ai pris mon temps de bien regarder la photo qui l’accompagne. Comme il ne s’agit ni de Sékou Touré, ni de Kouyaté ni de Bo Keita, encore moins de M’Balia Camara, je suppose qu’il s’agit de Oumar Cissé.
Je suis déçu ! On voit qu’il est assez adulte et son texte laisse penser à un meneur. Après toutes ces convictions étalées au public, il se révèle plutôt un mouton qui a besoin d’un berger. Il ne dit pas qu’il va créer mais il dit être prêt à adhérer ! Monsieur Cissé, moi Sadio Barry, si j’avais votre conviction étalée ici, j’allais plutôt lancer l’appel en faisant connaître mon mouvement créé à cet effet.
Mais ce n’est pas tout. Il y a un paragraphe encore plus révélateur dans l’article de ce nostalgique. Il conclut en demandant à Kouyaté de:
a)- Secouer le cocotier pour déloger tous ceux qui empêchent la bonne marche des affaires pour ne pas risquer d’être emporté avec les vrais coupables au prochain soulèvement ;
b)- Transférer la capitale administrative à Dabola (barycentre de la plaque guinéenne), ce qui permettra de raser complètement et de moderniser Conakry, qui restera capitale économique comme Abidjan ou Lagos.
Voilà, les populations de Coronthy et de Conakry I doivent se préparer, au cas où ces gens-là reviendraient vraiment au pouvoir !
Mais une question : est-ce que cet enseignant de collège croit-il vraiment que Kouyaté a le pouvoir de transférer la Capitale ? Il m’aurait moins déçu en demandant au PM de transférer Mamadou Sylla à la prison centrale de Conakry I pour diminuer ses obstacles.
Cet enseignant serait-il renvoyé de son collège de Paris ou bien serait-il rentré au pays dans le cadre de leur projet guinéen ?
Dans une information parue dans le journal « L'observateur Guinéen », on parle du cabinet ivoirien de Lansana Kouyaté. Un passage intéressant de l’article :
« A ce propos, outre le petit cercle de proches autour du Premier ministre, il y a d’autres qui fondent son opinion et son jugement. On parle d’un Ivoirien, un certain Michel N’Guessan. On parle aussi de la présence aux cotés du Premier ministre d’un officier de l’armée ivoirienne pour s’occuper des questions de sécurité. »
Au vu de tous ces préparatifs et ces mesures de Bo Keita et de sa collègue pdgiste des affaires sociales, que fait la communauté qui serait certainement la principale cible demain ?
On se prête à la zizanie que Cellou Dallein est venue créée.
Cellou Dallein ! Ce nom qui fait penser au système qui a échoué et à un manque total de fierté. Comment un homme
- qui n’a pas su se défendre ni se retirer dans la dignité et qui s’est prêté à toute sorte d’humiliation,
- qui, PM, se laisse traiter de « petit peuhl » par ses subordonnés et qui déclare au monde après son renvoi rabaissant que lui ne ferait jamais une politique en opposition à Conté.
Pourrait-il incarner l’espoir d’un peuple et le changement ? Ceux qui encouragent cet homme ne servent que la cause des PDGistes qui sont entrain de reprendre le dessus en Guinée. Ces gens là, la plupart commerçants, seraient les premiers à payer pour leurs combines actuelles.
Il est temps que Cellou Dallein se ressaisisse. Il doit s’inscrire dans le cadre d’un changement rassurant en Guinée et non se livrer à des manœuvres personnelles pouvant favoriser le retour du PDG. Cela, dans une union des forces pour le changement regroupant toutes les régions du pays. Ce qui est bien possible.
Et si, en fait, Conté et le duo Kouyaté - Bo Keita sont en connivence pour une possible remise du pouvoir aux PDGistes à la fin de son règne ? N’a-t-il pas lui-même préparé leur palais en le rebaptisant « Sékou Toureya » ? C’est une possibilité qu’il ne faut pas exclure. Cela pourrait avoir été conclu après les tentatives de rébellion par certains proches de l’ancien régime qui se retrouvent en ce moment dans le cercle de Kouyaté.
Par Sadio Barry, Aachen, Allemagne
Pour www.nlsguinee.com