lundi 27 août 2007
Le 27 août 1977 - 27 août 2007, voici 30 ans jour pour jour depuis que les guinéennes se sont révoltées contre la tyrannie et l’oppression. Cette journée est, depuis, consacrée comme journée nationale à l’hommage de la femme guinéenne, tous âges et toutes professions confondus. Et chaque année des manifestations plus ou moins importantes sont organisées ça et là pour fêter cet important évènement
Pour mémoire rappelons que c’est le 27 août 1977 qu’un petit incident hautement symbolique a éclaté au marché M’Balia, l’actuel grand marché de Madina entre une nourrice et un policier alors appelée police économique. Nabé Saramba, ménagère de son état ayant entre les mains un bébé de quelques mois seulement et qui vendait des condiments, s’est vu brutalisée par un agent de la police économique sous prétexte que A. Sékou Touré, le responsable suprême de la révolution avait interdit tout commerce dans le pays. Devant ce tord causé a un des leurs, toutes les femmes du marché se sont levée comme une seule pour prendre la direction du palais présidentiel. Avec des bébés au dos, les pancartes à la mains, des paniers sur la tête, tout cela avec le pagne bien ficelé autour des reins et avec une détermination jamais connue dans le pays.
Elles se sont alors dirigées sans peur et d’un pas ferme vers les locaux du palais présidentiel où siège Ahmed Sékou Touré. Là, ses femmes ont été écoutées par le président de la république et ses courtisans. Après avoir exposé leurs problèmes les femmes ont toutes manifesté leurs mépris pour les actions violentes qu’elles subissent de la police économique dans les différents marchés du pays. Et devant cette masse des guinéennes engagé à obtenir un changement, le président Sékou Touré avant de dire un mot à lancer le slogan suivant : « A bas la police économique, vive les femmes !!! » et toutes les femmes ont repris la même chose.
Et depuis lors les femmes sont devenues libres d’exercer leurs petits commerces pour aider les hommes à nourrir les familles. Trente ans après, cette histoire retiens encore les mémoires de quelques vieux et vielles personnes ayant vécu l’ère Sékou Touré et sa Révolution guinéenne. C’est le cas de cette vielle femme qui se souvienne : « Je vois cette jour comme aujourd’hui. Il est vrai que tout le monde avait peur du président Sékou Touré, mais face aux exactions et aux violences des agents de la police économique, qui saccageaient, volaient et même violaient les femmes, nous nous sommes levées pour dire trop c’est trop. Et le chef de l’Etat Ahmed Sékou Touré a vite compris qu’il faut mettre fin à cette situation.
Ainsi, la police économique à été supprimée sur tout l’étendu du territoire nationale. Vous savez, les femmes guinéennes sont d’un courage exemplaire, mais elles sont toujours délaissée par les hommes qui ignorent ou ne veulent pas entendre parler du concept d’équité ou d’égalité de sexe. »
Cependant, cette année encore la journée de la femme guinéenne ne connaît aucune autre nouvelle mesure, il n’y a pas d’innovation ce que quand même déplorable. Pour tout programme, des cérémonies de lecture du Coran seront organisées dans les différentes communes de la capitale Conakry et quelques villes de l’intérieur du pays, suivis des manifestations de joies.
A noter enfin que les femmes constituent 52 % de la population guinéenne, soit plus de 4 millions de couche féminine. Elles sont présentes dans presque tous les secteurs d’activités économiques. Dans la plupart des familles, elles supportent l’essentiel du poids familial. C’est ce qui fait d’ailleurs qu’elles ne s’intéressent moins à la politique, qu’elles considèrent comme la chose des hommes. « J’ai une famille de 8 enfants et 3 petits-fils à nourrir chaque jour. Comment puis-je passer mon temps à faire la politique. Je préfère plutôt aller au marché pour trouver le pain quotidien pour ma famille » nous a dit une vendeuse de légumes dans le marché Niger à Conakry.
Une Dépêche de Lansana A. Camara
Correspondant de www.nlsguinee.com à Conakry
E-mail : lansanaminata@yahoo.fr
Tél. (+224)- 64- 30- 74- 06