Guinée : ZURICH : Compte rendu de la fête de l’indépendance organisée par la communauté guinéenne de Zurich (suite).
11 octobre 2005
Intervention de M SIDIBE Gando sur le système éducatif guinéen
Lorsque notre pays accédât à l’indépendance le 02 octobre 1958, la politique éducative de notre gouvernement d’alors, fut celle de l’africanisation c’est-à-dire l’enseignement des langues nationales. Ce qui voudrait dire que chaque éthnie en guinée étudie dans sa langue maternelle : c’est ainsi que le Peuhl étudia le poular, le Malinké la langue malinké, le Sousou, le dialecte sousou, le kissi, le Kpele et autres ….
Cette politique linguistique du premier régime guinéen entra en vigeur vers 1965. Dépuis lors jusqu’à la mort brutale en 1984 du Président Ahmed Sékou Touré, cette politique linguistique s’est poursuivie.
A la prise du pouvoir par l’armée en 1984, celle-ci a entrepris une vaste réforme éducative par le biais de la Radio et de la télévision qui déboucha sur l’enseignement du Français dans les différentes écoles et universités guinéennes.
L’enseignement en Guinée s’étend de l’école primaire à l’université, et il est gratuit.
Il faut aussi noter l’existence de certaines écoles et universités privées.
Que ça soit dans les écoles privées ou publiques, les élèves ont le même programme d’enseignement et subissent à la fin de l’année scolaire ou universitaire les mêmes épreuves d’évaluation dans les classes d’examen.
Voici la durée en année des différentes phases d’études en guinée :
- L’École primaire : De la première année scolaire à la sixième. Soit six années qui sont sanctionnées par un examen pour l’obtention d’un diplôme d’ «entrée en 7ième » c’est-à-dire 1ière année du Collège.
- Le collège : De la 7ème année scolaire à la dixième. Soit quatre années d’études qui débouchent sur un diplôme de « Brevet BEPC»
- Le lycée : De la 11ème année à la terminale (13ème A). Soit trois années d’études dont deux pour le baccalauréat 1ière et 2ième partie.
- L’université : C’est après être admis au baccalauréat 2ème partie et au concours d’accès à l’université, qu’on pourra faire des études universitaires.
Des cycles à éffectuer et qui varient en fonction de l’option. Généralement de 5 ans pour les sciences techniques, 4 ans pour les sciences économiques et humaines et 7 ans pour la médécine.
Il existe d’autres qui font des études post-universitaires dans divers domaines soit en préparant un doctorat ou un professorat.
Il faut signaler aussi l’existence de l’enseignement technique et de la formation professionnelle.
L’école primaire, le collège et le lycée forment le bloc de l’enseignement pré-universitaire.
La Guinée compte :
• 4 instituts supérieurs des sciences de l’éducation ;
• 1 institut national de recherche et d’action pédagogique ;
• 1 institut de recherche agronomique ;
• 1 office national de formation et de perfectionnement.
Dans la perspective des réformes entreprises par l’armée, un programme intitulé le PASE (Programme d’Ajustement du Secteur de l’Éducation) a débuté en 1990 avec le soutien international, des bailleurs de fonds notamment Le FMI, la Banque Mondiale, l’USAID, la Coopération Française,...
Il faut signaler que ce ne sont pas seuls ces organismes internationaux là qui ont financés le PASE, il y a aussi l’UNICEF, l’UE et d’autres ONG.
Le PASE compte environ 21 partenaires étrangers.
L’objectif principal du PASE est la lutte contre l’analphabétisme en guinée.
C’est ainsi que des fonds ont été alloués au PAGE pour servir à la construction d’écoles, l’équipement en mobilier scolaire, la formation du personnel…
Avec ce programme, on a pu reduire le taux d’analphabétisme en Guinée même si on est loin d’un meilleur resultat.
Une entorse existe au sein du système éducatif guinéen qui se justifie par un faible taux de scolarisation des filles par rapport aux garçons(la proportion relative à la scolarisation des hommes et des femmes reste largement inéquitable). Rares sont celles qui accèdent aux institutions supérieures ou à la formation professionnelle.
Malgré cet appui important de la part des bailleurs de fonds au PASE, le système éducatif guinéen connaît d’importantes difficultés liées à la scolarisation et à la formation des guinéens.
On peut citer entre autres :
• Manque de bibliothèques,
• les laboratoires sont inéquipés,
• manque de fournitures scolaires,
• manque d’enseignants hautement qualifiés, etc.
Autres lacunes se montrent par l’existence de certaines disciplines de formation incohérentes avec la réalité sur le terrain.
• Les jeunes diplômés n’arrivent pas à obtenir un emploi lié à leur formation.
• Malgré l’effort que les autorités fournissent, le taux de chômage prend des proportions inquiétantes en Guinée.
• Une autre problématique qui vient s’ajouter au déséquilibre entre les hommes et les femmes en matière de formation et celle de l’emploi, est celle de la difficulté de transmission du savoir aux élèves et étudiants que rencontrent certains enseignants et professeurs à cause du vocabulaire français. L’exemple des enseignants russes à l’université de Conakry (à l’institut polytechnique de conakry notamment dans les départements de Génie Civil, Génie Mécanique, Génie Électrique et Télécom,), illustre ce phénomène.
Ces enseignants ne parlant pas très bien le français sont pourtant chargés d’enseigner les sciences techniques en langue française.
Pour conclure, nous dirons que le système éducatif guinéen reste toujours inefficace et cela malgré les efforts consentis par le biai du PASE.
Le gouvernement s’est fixé un grand objectif mais on est très loin d’obtenir un résultat satisfaisant car beaucoup de problèmes subsistent encore.
Pour atteindre les objectifs que les dirigeants se sont fixés, Il faudrait que beaucoup d’efforts soient fournis au niveau de la transparence dans la gestion des fonds alloués au secteur de l’éducation.
Il faudrait construire davantage d’écoles pour une bonne répartition des élèves et étudiants dans les différentes salles de classe.
Il faudrait aussi plus de bibliothèques, équiper les laboratoires existants et en créer d’autres.
Il faudrait encourager les enseignants en augmentant leur salaire car ce sont des gens qui souffent beaucoup avec l’inflation que connaît notre pays.
Il faudrait trouver une voie permettant d’apaiser les tensions chroniques existant entre d’une part les élèves et universitaires et de l’autre les autorités ministérielles chargées de la gestion des écoles et universités.
Un dialogue permanent peut par exemple être instauré à ce niveau, après satisfaction bien entendu de certaines exigences des élèves et étudiants qui, il faut le rappeler souffrent beaucoup du manque d’infrastructures leur permettant d’acquérir une meilleure formation.
Il faudrait trouver une solution à la problématique liée à l’emploi puisqu’il ne s’agit pas seulement de former mais aussi et surtout de créer un pont entre l’éducation et l’emploi.
Sinon quel est le but de cette formation si on se retrouve toujours dans le chômage?
Je vous remercie.
M. Sidibe Gando
Commissarie aux Comptes de l’A.R.G.S.Z
Membre de la Rédaction de www.nlsguinee.com
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