dimanche 26 août 2007
Le Premier ministre guinéen Lansana Kouyaté, nommé pour faire taire une vague de contestation, a réalisé des avancées, notamment pour améliorer la vie quotidienne des Guinéens même si, selon des observateurs, la mise en oeuvre des réformes s'avère plus longue que prévue.
Au terme d'un premier semestre à la tête du gouvernement, le Premier ministre a revendiqué un bilan "positif", estimant toutefois qu'il faut "aller plus loin", dans un entretien récemment accordé à l'AFP.
La société civile reconnaît dans son ensemble un certain mérite à M. Kouyaté, même si certains regrettent la lenteur accusée par les réformes censées réformer le système guinéen.
"Il était venu pour redresser une situation économique sérieusement affectée par des années de pillage et de gaspillage avec des hommes et des femmes neufs, mais, jusqu'à présent, il n'a pas réussi à faire changer le système dans l'administration, même s'il a fait partir les anciens barons, ministres, gouverneurs et autres préfets", assure Ibrahima Diakité, membre du bureau exécutif du Conseil national des organisations de la société civile (CNOSC).
Au terme d'une contestation populaire durement réprimée qui avait fait au moins 137 morts en janvier-février, M. Kouyaté avait été choisi par le président Lansana Conté sur proposition des syndicats pour occuper cette fonction remplie par le chef de l'Etat depuis l'indépendance (1958).
Diplomate réputé, M. Kouyaté a formé fin mars un gouvernement de technocrates issus de la société civile qui s'est donné pour principal objectif de renouer avec la bonne gouvernance.
Fin juillet, le Fonds monétaire international (FMI) a salué les politiques menées par le nouveau gouvernement et les partenaires internationaux du pays ont dégagé 90 millions de dollars au programme d'urgence portant notamment sur la sécurité, l'eau, l'assainissement et la sécurité alimentaire.
Parmi ses réalisations, le Premier ministre souligne que le pays traverse une période de soudure (de juillet à septembre, ndlr) sans pénuries de vivres ni hausses des produits de premières nécessité, qui avaient provoqué des crises sociales récurrentes pendant cette délicate période depuis 2002.
Selon lui, les services de base, notamment l'eau et l'électricité sont en train d'être rétablis dans des zones qui en ont été privés depuis des dizaines d'années.
M. Kouyaté, affirme notamment avoir rétabli tous les groupes électrogènes défaillants de Conakry afin d'assurer un minimum de distribution d'électricité sur la capitale et ses environs, en proie à des délestages quasi-permanents depuis plusieurs années.
"Pour l'eau (...) nous en sommes au stade des mutations" et le service minimum n'est pas encore assuré, a expliqué le Premier ministre, qui a par ailleurs entamé une révision des contrats miniers conclus par les anciennes autorités dans ce pays au sous-sol très riche.
Pour un responsable syndical interrogé sous couvert de l'anonymat, le nouveau gouvernement a progressivement réussi à "imprimer sa marque".
"Le nouveau gouvernement est le plus transparent que nous ayons connu depuis 20 ans", assure-t-il.
Pour Mme Ramata Bah, chef d'entreprise, le retard pris par certaines actions du gouvernement est essentiellement attribuable au chef de l'Etat, qui tarde à contresigner les décrets gouvernementaux.
"Tous les projets de décret qu'il a soumis au chef de l'Etat traînent des mois et des mois avant d'être soit renvoyés ou soumis à une censure pour ne pas dire à un charcutage en règle", affirme-t-elle.
SOURCE : AFP