samedi 25 août 2007
La police française des frontières, est l'acteur principal de l'exécution des expulsions du territoire des personnes en situation irrégulière.
Bien que la compétence en matière d'expulsion des étrangers, en général, est essentiellement laissée au soin du Ministère de l’immigration, de l’intégration, de l’identité nationale et du codéveloppement et du Ministère de l’intérieur, la police des frontières, est en fait impliquée dans la plupart des démarches liées à la décision d'expulsion, et à ce titre, joue un rôle déterminant dans cette procédure.
Cette police est ainsi chargée du contact avec les ambassades étrangères en France (voire les gouvernements étrangers directement) afin de fournir aux personnes placées en centre de rétention des documents d'identité permettant leur expulsion.
La police des frontières « gère » donc une grande part des informations collectées sur et auprès des personnes à expulser.
Si l'expulsion est effectivement exécutoire, ce sont des agents de la police des frontières qui, pour une de plus, « accompagnent » les personnes expulsées jusqu'au pays de renvoi.
C’est encore dans le respect de cette procédure traditionnelle d’expulsion que six policiers français ont été « agressés » et « légèrement blessés » le 16 août, à leur descente d’avion à Conakry, en raccompagnant deux ressortissants guinéens expulsés de France.
L’affaire a pris une tournure médiatique considérable et, incontestablement, place encore la diplomatie guinéenne aujourd’hui dans une position inconfortable.
C’est dans ce souci de pérenniser cette relation d’amitié entre la Guinée et la France que Monsieur Brice Hortefeux, ministre en charge de l’immigration, de l’intégration, de l’identité nationale et du codéveloppement, a bien voulu confié la tache de médiateur à Ismaël BAH afin de trouver rapidement une issue heureuse à ce bras de fer qui opposait les autorités régionales de Lille et nos compatriotes guinéens qui observaient une grève de faim au CSP59.
Effectivement, depuis que ce brûlant dossier est confié à ses soins, Ismaël BAH n’a observé aucun repos, il est resté en contact tantôt avec les autorités françaises, tantôt avec celles de la Guinée notamment avec le ministre de l’intérieur et de son équipe, mais aussi avec la communauté guinéenne de Lille.
Le ministre de l’intérieur guinéen qui, un peu plutôt a efficacement récolté toutes les informations sur cette affaire, notamment avec la direction nationale de police de l’air et des frontières. Le ministre guinéen a accepté de son coté de lever toutes les zones d’ombres dans ce dossier en donnant tous les éclaircissements possibles à Ismaël BAH.
Les discussions ont été houleuses, complexe, doublées de contradictions notoires comme d’ailleurs dans toute phase de négociation.
Mais le bon sens a fini par dominer dans les différents camps. Après toutes les tractations, le problème a finalement abouti à l’apaisement des esprits arrangeant les différentes parties.
Suite à la libération des 16 grévistes qui étaient sur le point d’être expulsés, la communauté guinéenne de Lille a longuement remercié Ismaël BAH et salué le rôle joué dans cet épineux dossier. Malgré que les accusations se sont fait entendre à l’encontre d’Ismaël BAH, lui reprochant des démarches trop subjectives touchant par la même occasion son ethnie
Selon Ismaël BAH, « les deux personnes expulsées sont reconnues pour leur violence, c’est pourquoi d’ailleurs Mohamed Diakhaby (un des expulsés) est toujours écroué à la police de Mafanco ».
Il est à ce niveau important de lever les doutes sur une quelconque participation de la police guinéenne à cette échauffourée contre la police française à l’aéroport international de Conakry Gbèssia.
Les deux autorités (guinéennes et françaises) concernées sont en pleine discussion pour préserver leurs relations déjà trop tumultueuses.
C’est dans cet esprit que les autorités guinéennes se sont excusées pour plusieurs raisons, dont la principale est liée au fait que les policiers en déplacement avec l’ordre de mission de l’Etat français sur le territoire guinéen, il revenait incontestablement aux autorités guinéennes, eut égard au Droit International, de faciliter leur mission et de préserver leur intégrité physique.
Les autorités guinéennes, ayant à ce jour, la ferme volonté de replacer la Guinée sur la scène internationale et de lui tailler la place qui est la sienne, ont finalement décidé de prendre une décision honorable et sage en présentant ses excuses à son homologue français.
Ce qui n’a d’ailleurs rien de réducteur, au contraire, cela renforce l’image de la Guinée.
Qu’on me permette ici de rappeler que ces actes depuis « Machiavel » font partie des pratiques de consolidation des relations entre Etats.
Le gouvernement français, de son coté, s’engage dorénavant à informer son homologue guinéen sur toutes les mesures de rapatriement entreprises afin que ce dernier puisse prendre toutes les dispositions nécessaires au bon déroulement de ces procédures.
Il se propose également, à partir de cet incident, de procéder aux rapatriements des ressortissants guinéens par le groupe « Air France-KLM ».
Car, il est à reconnaître, que les mesures de rapatriements doivent faire l’objet de beaucoup d’échanges entre les Etats concernés. Si non, il sera très difficile pour le gouvernement guinéen de pallier à ces genres de problème, d’autant plus qu’il n’est jamais informé des expulsions.
Justement, c’est pour établir un modèle d’échange d’informations efficace entre les deux pays que la gendarmerie et la police française étaient conviées hier à une séance de travail à l’Ambassade de Guinée à Paris.
Ce qui est une réelle avancée. A déplorer seulement l’absence de l’ambassadeur à cette réunion, de son premier conseiller et du consul. Seul François Soumah s’est vu contraint de participer à cette séance, ce qui ne lui a pas rendu la tache très facile.
Ces différents contacts signifieraient que la France ne fait pas qu’expulser, elle propose aussi plusieurs plans d’aide aux personnes rapatriées et aux pays d’origine notamment par des financements et des suivis personnalités dans le cadre du codéveloppement.
L’organisation à Conakry du forum national sur les mécanismes de financement innovants et de coopération non gouvernementale du 16 au 20 octobre 2007 vient illustrée cette politique française d’aide aux pays du sud.
Le premier ministre guinéen Monsieur Lansana Kouyaté mettra en exergue, la semaine prochaine, tous ces paramètres lors de son prochain voyage à Paris.
Alsény SOUMAH
Président fondateur du MEDI-SE
Membre de la rédaction de guinea-forum.org
Chargé de communication à la Fédération des Associations des Guinéens et Africains de France.
Contact : onealseny@hotmail.fr
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