vendredi 24 août 2007
La scène s’est déroulée hier jeudi 23 août vers le soir entre l’axe qui mène au Port Autonome de Conakry et le lycée 28 septembre. Un embouteillage fou a empêché les véhicules d’avancer car une partie de l’axe était en réparation.
Subitement arrive le cortège du président de la république avec une dizaine de véhicules tous bourrés de bérets rouges qui constituent sa garde rapprochée. Une sorte de bataillon de sécurité. Les motards malgré leurs zigzagues pour chasser les petites voitures sur la voie et laisser ainsi passer le général Conté, n’ont rien pu faire.
Des militaires sont descendus un peu partout pour dégager la route, semant une véritable panique chez le petit peuple. Des canons et autres fusilles en mains ils criaient et ordonnaient aux chauffeurs de garer leurs voitures ou à défaut de foncer vers la broussaille.
C’est dans cette atmosphère de panique qu’arrive le Général, président Lansana conté. Assi derrière les vitres teintées de fumée de sa voirure 4*4 avec sa mèche de cigarette à la main. Ceci coïncide avec le dégagement de la voie qui mène vers le port puisqu’il n’y a pas de passage vers le centre ville (vers l’Hôtel Niger). Des blocs de pierres dégagés çà et là et autres plaques en l’espace d’une 20 mn.
Ainsi le chauffeur du président avance à petit pas vers la chaussée. Mais avec toute surprise, le chef de l’Etat refuse catégoriquement qu’on emprunte la route, puisqu’elle était barrée à des fins de travaux. Il remuait ainsi son doigt et protestait. Malgré cela et vu l’ampleur des cris et attroupement des jeunes sur les lieux, les gardes rapprochées ont ordonné au chauffeur de foncer.
C’est ainsi que la voiture du président escalada les pierres et autres barricades pour se frayer un chemin en direction du Port Autonome de Conakry et rejoindre son palais Sékhoutouréyah.
« Regardez, il refuse de passer sur ce chemin pansant qu’il y a un guet-à-pain monté contre lui. Puisqu’il refuse de refaire les routes pendant plus de 20 ans maintenant il subit les mêmes effets dans ses déplacements puisque dans tous les cas il emprunte les routes pour se déplacer comme tout guinéen… » ainsi commentait un jeune fabriquant des chaises en lianes du quartier Coronthie, l’un des plus peuplé de Conakry.
A quelques mètres de là, c’est un enfant qui s’écria en apercevant à peine le président dans sa voiture. Il disait en langue nationale soussou : « Maman, j’ai vu le président Lansana Conté ! » comme pour dire que cela fait belle lurette qu’il n’apparait pas à la Télévision nationale.
A noter que toute cette scène mi-comique, mi-tragique s’est déroulée dans un brouhaha digne d’un festival et avec le canon de la voiture pick-up 4*4 pointé sur la population.
Une Déopêche de Lansana A. Camara
Correspondant de www.nlsguinee.com à Conakry
E-mail : lansanaminata@yahoo.fr
Tél. (+224)- 64- 30- 74- 06