mardi 21 août 2007
Notre "Non" historique au Général De Gaulle, le
chômage de masse, la dégradation civique, et surtout
l'impuissance réformatrice d'un pays en état de
déconfiture avancée, toute cette cascade de revers
fait franchement réfléchir sur le futur de la Guinée.
Alors, il s'établit partout dans le pays ce sentiment
étrange que la Guinée va plus mal que les guinéens.
Que l'optimisme individuel des citoyens cohabite
désormais avec un impressionnant pessimisme collectif.
Et, pendant ce temps, Lansana Kouyaté et son
gouvernement pataugent dans son marigot de démagogues
pour venir, dans les jours voire dans les mois
prochains , rendre l'âme sur le terrain vague de la
démocratie initiée par Lanana Conté et ses amis.
Par leur faute, notre pays est devenu la mère patrie des
autruches, du cynisme d'Etat, de la langue de bois et
de la pleutrerie politique. Et pourtant le déclin de
la Guinée n'a rien de fatal. Il est possible de
l'enrayer en prenant tout simplement des mesures de
"bons sens". C'est à dire la dissolution, sans
tarder, de toutes les Institutions illégales de la
République par l'organisation d’élections libres,
transparentes et justes, et, naturellement, le
toilettage de la constitution. Il n'est un secret pour
personne que chez nous, la vérité ne sort du puits
qu'en cachette.
Sa nudité fait scandale. On se pose
même la question, aujourd’hui, de savoir dans quelle
bulle le régime Conté s'est-il volontairement enfermé?
Certes, le parti unique et son idéologie d'Etat ont
disparu. Mais le refus de fait du pluralisme perdure.
L'opposition politique devrait prendre acte de cette
réalité en opposant un front uni à ce régime décadent
et rétrograde. C'est pour cette raison, les prochaines
élections législatives et présidentielles constituent
un enjeu d'une importance capitale pour l'avenir du
pays.
Après ces élections, il restera bien des vérités à
exhiber : celle des crimes odieux de janvier et
février 2007, celle de la tuerie du 30 novembre 2000,
à causa (Conakry) où les membres de la Coordination de
la Jeunesse Forestière pour le Développement furent
lâchement assassinés et enfin celle de tous les
crimes économiques et de sang perpétrés depuis
l'arrivée de Lansana Conté au pouvoir.
Peut-on cacher ces criminels indéfiniment ? Autrement dit le peuple
de Guinée est-il mûr pour son heure de vérité ?
En tout état de cause, le procès de ce système politicien
à bout de souffle, celui qui a mené le pays où l'on sait, est plus qu'une nécessité.
Cécé Roger Haba
Directeur de la Rédaction de Aminata.com
Pour www.nlsguinee.com