lundi 20 août 2007
J’ai lu avec un intérêt particulier l’article de Dre Adama-Rabi YOULA daté du 14 août 2007. Je m’en presse tout de suite à brandir mon chapeau ; félicitation à vous Madame ! Et à travers vous, mes vives félicitations à toutes ces braves femmes de l’intérieur comme de l’extérieur de la Guinée qui, doucement mais sûrement, se fraient un chemin pour occuper peu à peu leur part de place. Certes, ce chemin n’est pas facile mais quand femme veut, femme peut.
Il est vrai que le débat sur le genre est en ce moment très prisé sur la scène internationale surtout dans les grandes organisations internationales ; on recherche de plus en plus une justice et un équilibre permettant aux femmes de se faire valoir tant sur le plan du savoir-faire que du savoir. Les récentes élections de certaines femmes à des hauts postes de responsabilité de par le monde (Libéria, Allemagne, Etats-Unis etc.) témoignent de cette capacité des femmes à prendre des décisions stratégiques engageant l’avenir de tout un peuple.
Il est aussi vrai que plusieurs d’entre nous, hommes, voyons en la femme des « êtres inférieurs » qui doivent nous obéir au doigt sans dire mot (bien que souvent nous nous plions sous leur pied à certaines circonstances). Pour les machos et les phallocrates, c’est encore plus compliqué.
Cette question de genre est bien délicate et mérite qu’on en débatte sérieusement sans tomber dans la passion.
Dans le cas guinéens, le taux élevé d’analphabètes surtout chez les filles et les femmes complique les choses et l’attachement à certaines coutumes font que la question est mal vue et mal interprétée, d’autres s’en moquent pas mal. C’est dire tout le préalable qu’il y a avant que les uns et les autres reviennent à de meilleurs sentiments.
C’est avant tout une lutte de mentalité ; il faut que les mentalités changent et qu’elles se prêtent aux réalités du monde actuel sans bannir certaines de nos valeurs qui sont, par ailleurs, riches en contenu. En fait, la mentalité des guinéen(ne)s doit changer pas seulement pour une bonne visibilité des femmes mais pour l’ensemble des problèmes auxquels nous sommes confrontés depuis des décennies.
Pour moi, sur les questions de responsabilité, la femme devrait être vue, pas en fonction de son sexe et le souci d’équilibre/genre, mais en fonction de son savoir, son savoir-faire et son savoir-être c’est-à-dire qu’on peut responsabiliser plus de femmes que d’hommes si elles remplissent les critères. Je parle-là d’égalité de chance et de juste manière de faire les choses.
Sur la question d’élire une femme à la présidence de la république, chaque personne, si elle remplit les conditions, peut se présenter. La loi sur la députation des femmes devrait être vue de sorte qu’il y ait égalité de chance.
Par contre, une partie de l’article m’a donné à cogiter : « Initier le débat public sur l’élection d’une Guinéenne non seulement à la présidence, mais aussi à divers postes de décideurs stratégiques après 50 ans de règne du «masculin» qui n’a pas permis d’assainir nos finances publiques. »
Comme je le disais plus haut, le débat doit être ouvert et sincère. Il est vrai qu’après 50 ans de règne du « masculin » il n’y a pas que les finances publiques mises au chaos mais bien d’autres choses qu’il n’est pas nécessaire de citer puisque tout le monde les savent.
Pendant ces 50 ans, excusez-moi, les femmes ont régné d’une certaines façon aux côtés de ces gens dont je ne trouve pas un qualificatif concordant. Le fait est que certaines des femmes se plaisent bien dans le pouvoir, être dans l’arène de l’ « intouchable », être dans les bonnes grâces et l’opulence.
Vous magnifiez aujourd’hui la bravoure de la première Dame de la république pendant les récentes crises ; pourquoi ne demande t-elle pas à son cher époux de rendre le tablier ? Depuis combien de temps souffre son époux ? Mais ils restent tous accrochés au pouvoir. Pourquoi les épouses des premiers ministres et simples ministres de Conté n'ont pas persuadé leurs maris de démissionner pendant qu’il était encore temps. L’épouse du feu président est restée avec son époux pendant tout le règne de la tyrannie, etc.
Je penche à croire, et je peux me tromper, que si les femmes disent que demain il y aura changement, ce sera chose faite. Je propose fortement que la campagne des femmes débute par cela ; dire à vos amies femmes de persuader leurs époux à faire du bien pour le peuple de Guinée, qu’ils arrêtent de dilapider l’argent du peuple, qu’ils cessent de massacrer les jeunes gens qui réclament leur droit. Si chaque femme commence par sensibiliser son mari à la maison, nous connaîtrons une meilleure Guinée. Vous avez la clé du changement les femmes, il vous suffit de la mettre dans la serrure et ouvrir.
Mais puisqu’une nouvelle génération monte, il est aussi important de porter l’attention sur nos sœurs des collèges, lycées, école professionnelles, université, salon de coiffure, marché etc. Elles doivent savoir ce que vous vous savez maintenant et pour lequel vous vous battez aujourd’hui.
Enfin, j’encourage bien cette initiative et souhaite que les femmes soient traitées avec plus de justice et d’équité, qu’il y ait égalité de chance entre homme et femme. Que la femme ne soit pas vue en fonction de son sexe mais en fonction de ses capacités.
Il ne faut pas, en outre, passer sous silence les violences faites aux femmes ; c’est cruel de la part de ces hommes qui agissent presque comme des animaux.
Mais, chères femmes considérez aussi les hommes comme il le faut.
Vivement les femmes de Guinée !
Félix LAMAH, depuis Dakar
Membre de l'Equipe d’Analyse et de Réflexion « Neoleadership »
Représentant de www.nlsguinee.com au Sénégal
E-mail: felix.lamah@gmail.com