dimanche 19 août 2007
Français / English
Reporters sans frontières
Communiqué de presse
16 août 2007
GUINEE
Deux directeurs de publication condamnés à de lourdes amendes et à une peine de prison avec sursis pour avoir "diffamé" un ancien ministre
Reporters sans frontières dénonce le lourd verdict rendu, le 13 août 2007, à l'encontre de deux hebdomadaires privés guinéens et leurs directeurs de publication, au terme de leur procès pour "diffamation" intenté par l'ancien ministre des Travaux publics et des Transports, Bahna Sidibé.
"Non seulement cette condamnation est asphyxiante pour les journaux concernés et leurs directeurs de publication, mais elle est également contraire aux standards internationaux en matière de liberté de la presse. En s'obstinant à faire juger les affaires de diffamation comme des crimes, la Guinée s'expose logiquement aux protestations des défenseurs de la liberté d'expression. Pour moderniser réellement le pays, le gouvernement devrait procéder à une réforme profonde de sa législation, ce qui aiderait les tribunaux à rendre des décisions adaptées et à ne pas être soupçonnés de partialité", a déclaré l'organisation.
Le tribunal de Kaloum, une commune de Conakry, a condamné les hebdomadaires La Vérité et Libération à payer 50 millions de francs guinéens (environ 9 500 euros) pour avoir "diffamé" Bahna Sidibé, dans des articles parus en mars et avril 2007. Le juge a estimé que les journaux n'avaient pas apporté la preuve de leurs allégations et également condamné les directeurs de publication des deux hebdomadaires, respectivement Thiernodjo Diallo et Aziz Camara, à six mois de prison avec sursis. Ils sont également obligés de payer solidairement une amende d'un million de francs guinéens (environ 189 euros) au tribunal et de publier le verdict dans les hebdomadaires privés L'Indépendant, Le Lynx et La Lance.
Dans un article intitulé "Ministère des Travaux Publics / L'autre visage de Bahna Sidibé", paru le 20 mars, La Vérité accusait l'ancien ministre d'avoir détourné un milliard de francs guinéens (environ 255 000 euros) à des fins personnelles. Libération avait par la suite publié ces mêmes informations.
Soupçonnant le tribunal d'avoir subi des pressions, les deux hebdomadaires ont fait appel de cette condamnation qui, selon un journaliste guinéen interrogé par Reporters sans frontières, est la peine la plus lourde infligée à des médias privés depuis l'instauration du multipartisme, en 1993.
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GUINEA
Heavy fines and suspended prison sentences for two newspaper editors for libelling former minister
Reporters Without Borders today condemned the heavy fines and six-month suspended prison sentences imposed by a court in Kaloum (a district of Conakry) on 13 August on Thiernodjo Diallo, managing editor of the weekly La Vérité, and Aziz Camara, managing editor of the weekly Libération, for allegedly libelling former public works and transport minister Bahna Sidibé.
The court fined both newspapers 50 million francs (9,500 euros), ordered them to pay the court 1 million francs (189 euros) in costs and ordered them to pay for the verdict to be published in three other privately-owned weeklies, L'Indépendant, Le Lynx and La Lance.
“These sentences could not only end up silencing these newspapers and their editors, they are also contrary to international press freedom standards,” Reporters Without Borders said. “By persisting in having defamation cases tried as crimes, Guinea is exposing itself to the condemnation of press freedom activists. To modernise the country properly, the government must reform its legislation so that the courts can issue appropriate decisions and not be suspected of bias.”
The judge ruled that the newspapers failed to support the allegations they made in articles published in March and April of this year that Sidibé embezzled about 1 billion francs (255,000 euros) in public funds. The claims were first made in an article headlined “Public Works Ministry – Bahna Sidibé’s other face,” that was published by La Vérité on 20 March. They were repeated the following month by Libération.
The two newspapers have appealed against the verdict, claiming the court was subjected to pressure. A Guinean journalist told Reporters Without Borders these are the severest sentences to be imposed on privately-owned news media since the introduction of a multi-party political system in 1993.
Communiqué transmis par :
Reporters Sans Frontières (RSF)
Pour www.nlsguinee.com