jeudi 16 aout 2007
Depuis la séquestration de Sidikiba Keita, dans le milieu guinéen de Paris, les bruits courent, les rumeurs se gonflent et les mauvaises langues susurrent tel le vent qui s’infiltre par les lamelles d’une clôture construite de feuilles de palmier. On entend des sifflotements et non des sifflets, des bruissements et non des bruits, des frous-frous comme le battement des ailes de chauves souris qui saluent la tombée de la nuit parce qu’animal lâche craignant le jour, symbole de la vérité.
Ce sont les voix de piteux individus qui pensent qu’ils échapperont au châtiment après le malheur qu’ils sèment aujourd’hui au sein des populations guinéennes. Leur comportement est celui qu’ont eu des Guinéens, hier, quand le PDG tuait, pendait et assassinait leurs compatriotes avec lesquels ils avaient tout partagé et vécu ensemble.
Ainsi avaient-ils amené les Guinéens, par leurs couardise et égoïste ambition, à accompagner, dans une inconscience collective, nos frères et sœurs, dignes héritiers de nos résistants contre la dépersonnalisation et l’indignité, dans les cachots du PDG, au bout des cordes pour être engloutis par les fosses communes. Maintenant que nous savons tout cela et que nous nous dressons contre ces pratiques inhumaines, ils veulent diaboliser ceux qui constituent un obstacle à la perpétuation de ces crimes-là !
Je ne signerai jamais ce pacte, même placé sur la guillotine, la hache prête à séparer ma tête du corps. Je refuserai d’abdiquer devant le système conté !
La Guinée doit être véritablement libre pour que demain, vivant ou mort, tous les enfants de ce beau et riche pays, jouissent de la liberté, de la justice et du travail au mérite. Personne ne doit priver le citoyen guinéen de ses pleins droits (au travail, à l’existence heureuse, d’opinion, de circulation, de manifestation, de pratiquer la religion de son choix, de recevoir des soins, l’instruction et l’éducation, d’être protégé par la République…) Aucun système ne doit inquiéter le Guinéen à cause de son appartenance ethnique ou régionale. Sa vie est si sacrée pour qu’elle soit bafouée comme cela par des voyous parvenus à la tête de notre pays à travers des scandaleuses opérations mafieuses…
J’entends dire que si monsieur Jacques KOUROUMA se mobilise tant pour la libération de monsieur Sidikiba Keita ; c’est qu’il doit se reprocher quelque chose.
Que d’aberration n’ai-je pas entendue? Mais celle-là est ignoble !
Quel est le Guinéen qui ne souhaite pas la chute du pouvoir de Lansana Conté, aujourd’hui ?
En tout cas l’objectif de mon combat est de réussir à chasser Lansana Conté à la tête de notre pays. En cela, oui et mille fois oui, je suis complice de Sikiba Keita et ne me reproche rien en voulant la Guinée libérée de ses prédateurs. Ma mobilisation n’a d’autre explication que mon patriotisme !
Je me constitue déjà prisonnier si défendre la liberté d’un être humain, et de surcroît d’un compatriote, est un crime. Je suis prêt à mourir pour cette cause-là !
Je voudrais dire, ici plus haut et plus fort encore que je suis un opposant au système Lansana Conté parce qu’il est ignoble, parce qu’il est cruel, avilissant et inhumain. Que ceux qui propagent ces rumeurs le sachent. Leur murmure ne faiblira pas ma combativité.
Aux patriotes Guinéens, je dis aussi que ma lutte contre l’injustice, contre l’Etat criminel ne date pas d’aujourd’hui et ce ne sont pas les chuchotements de fébriles de petites gens circulant dans des couloirs de la honte qui me feront baisser les bras pour que s’accomplisse leur dessein. Je me suis toujours battu contre l’arbitraire, contre les crimes de l’Etat guinéen dont les victimes furent et sont de vrais patriotes, même si parmi elles, certaines n’ont payé que leur traîtrise envers les combattants pour la liberté.
Non ! Je ne me transporterai pas sur le terrain de la peur de nos bourreaux. Ceux qui me connaissent ou savent mon engagement et ma détermination témoigneront que mon combat est sincère et profondément porté pour l’avènement de la démocratie en Guinée. Je n’ai rien à justifier, sinon que renforcer ma détermination et exprimer ma farouche opposition au système pernicieux, pervers, vicieux et criminel de Lansana Conté. Ses crimes sont trop nombreux et immenses pour que le patriote se laisse distraire. Ce sont de nos peur et résignation qu’il tire sa force. Alors pourquoi ne pas casser maintenant ce carcan pour le bonheur de la patrie ?
Que me reprochent ses délinquants en diffamation parce que je ne soutiens pas la cruauté ?
Je voudrais, parce qu’ils ne le comprennent pas, répliquer en terme clair : je suis opposé au système Lansana Conté et le combattrai jusqu’à sa chute non pas que je veuille devenir occupant d’un strapontin appelé poste de ministre, gouverneur ou autre, mais pour que les générations montantes, celles de mes enfants, ne connaissent pas la misère, l’exil forcé et son drame. Combien de Guinéens vivent ce drame de l’exil ? 2 000 000 voire plus. Combien de jeunes ont déjà péri depuis 1984 ? Des centaines de milliers.
Mon combat pour la Guinée est entier !
Je ne peux pas admettre, ni accepter de voir un Guinéen souffrir le martyr et ricaner comme le font les adeptes du mal. Seul ou à plusieurs, je poursuivrai le combat pour l’avènement d’un Etat de droit en Guinée.
C’est pourquoi, je suis révolté face à l’arrestation arbitraire d’un jeune père, un patriote et compatriote : Sidikiba Keita.
Je suis en colère contre toutes ces séquestrations des Guinéens anonymes. Cette colère est l’expression de ma soif de la liberté partagée par tous les Guinéens et garantie par l’Etat.
Je suis prêt à prendre la place de Sidikiba Keita, si mes détracteurs pensent que j’éprouve un seul moment le moindre sentiment de crainte. Ma lutte contre le système Conté ne s’achèvera que quand le jour de la liberté se lèvera et éclairera la terre de mes ancêtres en ses coins et recoins. Si j’échoue, je l’assumerai comme l’accomplissement de ce qui devrait arriver.
En attendant, je suis et reste un authentique opposant à la barbarie qui prévaut en Guinée. C’est pourquoi, je n’ai jamais parlé à visage couvert. Je suis simplement attristé de savoir que les mythomanes n’ont pas le courage de s’afficher ou de décliner leur identité. C’est là, la différence entre un homme de réelle conviction et une vile créature prête à avaler la vomissure de son maître.
Ce n’est pas pour Sidikiba seul que je m’insurge, mais pour tous les Guinéens dont la jeune génération montante qui ne demande qu’à être instruite, éduquée et formée dans les conditions descentes comme tous les autres jeunes du monde.
Mais la lutte doit continuer et la victoire s’annoncera très prochainement. Pour peu que nous nous mobilisions pour la libération de Sidikiba Keita et de tous les autres tout en exigeant des explications sur les « disparus » dont, aujourd’hui, le Capitaine Niankoye Loua.
Nos enfants, tués les 22 janvier et 9 février 2007, et les victimes des précédentes manifestations, méritent un repos éternellement apaisant pour leur âme. Afin que leur sacrifice ait un sens, redressons-nous de nouveau et, ensemble, reprenons la rue pour la victoire finale.
Paris, le 16 août 2007
Jacques KOUROUMA
Contact : jacques.kourouma@orange.fr
Tel : 00336 66 62 51 04
Pour www.nlsguinee.com