lundi 13 aout 2007
Installer durablement l’illégalité au pouvoir, c’est promouvoir les voyous, les escrocs et finalement implanter la mafia.
Or, depuis la prise du pouvoir par la soldatesque, les guinéens sont pris en otage par un conglomérat mafieux dont Lansana Conté est le parrain. En effet, de 1984 à 1990 Lansana Conté dirige la Guinée sans aucune concertation. Et jusqu'à ce jour, il s’accommode toujours de l’exercice solitaire du pouvoir. Il organise seul la puissance publique, il décrète ce que bon lui semble, il arrête qui il veut et légifère à sa guise. Bref, il dirige la République comme un chef de tribu, en sachant qu’il n’a ni noblesse, ni dignité.
Et, comme le dit à juste titre, un proverbe Peulh : « Si haut s’élève un crapaud, il rampera toujours par le ventre…»
Dans cette sale besogne, il s’est toujours entouré d’un petit cercle d’officiers et de civils incompétents, sans scrupules, et médiocres, qui sont acquis à sa cause, afin de mieux voler les richesses de notre pays.
Aujourd’hui, c’est un constat évident, que ce Général d’opérette, dictateur féroce aux foucades meurtrières, avec son clan de prédateurs ont ruiné le pays sur la longue durée, et entraîné le déclin de l’Etat. C’est pourquoi, la Guinée est toujours à la croisée des chemins, dans un cul de sac.
La vraie question, pour les Guinéens, c’est de savoir, s’ils doivent désormais renoncer à tout espoir d’amélioration de leur sort, parce que simplement Lansana CONTE, et Lansana KOUYATE veulent coûte que coûte s’accrocher au pouvoir ? Il nous faut impérativement répondre à cette interrogation fondamentale. Faute de quoi, la Guinée, restera un pays naturellement doté, avec une population miséreuse, et « dirigée » par un pouvoir cupide et sanguinaire, avec une corruption généralisée, par le naufrage de l’Etat patrimonial, donc sans aucun espoir d’amélioration de leurs conditions de vie.
Ne nous faisons aucune illusion, quant à la volonté, et à la capacité du régime actuel, d’assurer le développement du pays, car il se saurait y avoir de développement sans démocratie, laquelle est indissociable de la bonne gouvernance.
Nous sommes donc là véritablement au cœur du problème Guinéen.
La mauvaise gouvernance a toujours été la règle. Parce que, à chaque revendication légitime, le régime adopte toujours la même attitude, à savoir la fuite en avant, pour gagner du temps, et sans aucune intention de régler les problèmes.
Pour parler de l’actualité, prenons le cas du fameux « bulletin rouge », concernant la revendication salariale des militaires, lors des mutineries du 2 Février 1996. Après plus d’une décennie, ce problème [qui avait été révélé au monde entier, par Lansana CONTE en personne], refait surface.
On recherche aujourd’hui des coupables, en sachant que Lansana CONTE, depuis cette date, assume en plus de son poste de Chef d’Etat et Chef des Armées, celui de Ministre de la Défense Nationale. De surcroît, nous savons qu’en Guinée, le Ministre de l’Economie et des Finances, et le Ministre de Tutelle, sont les seuls ordonnateurs des dépenses de leur Département. Curieusement, on nous désigne, des coupables comparses qui doivent être arrêtés, tels que : les Généraux Kerfalla Camara, Arafan Camara, Kandet Touré, le colonel Fofana Bambo, Biro Condé et consorts. Mais, comme par hasard, on oublie, que c’est Lansana CONTE, qui est le principal coupable, du détournement de l’argent des soldats. Il faut vraiment, être stupide pour accepter que les généraux félons Kerfalla, Arafan, Kandet et leurs complices, aient pu se partager des milliards de francs guinéens, sans que Lansana Conté le forban responsable suprême des armées n'ait touché aucun centime. Cela est impossible, car c’est Lansana CONTE le voleur, et ses officiers supérieurs ne sont que des receleurs. Il faut donc le déposer.
Il n’est donc pas étonnant, que ce pays reste la lanterne rouge de tous les palmarès en matière de pauvreté. Avec une gestion publique calamiteuse, où aucun service public ne fonctionne normalement.
Je l’ai écrit, mais je me répète, il n’y a nulle part au monde où un pays s’est développé, sans être dirigé, par un chef visionnaire, capable de faire adhérer à son projet, une élite compétente, rigoureuse, patriote, crédible et donc responsable. Car, la force d'un pays réside dans ses ressources humaines.
Par conséquent, la reconstruction de la Guinée, et la remise sur pied de son économie exigent, que les gouvernants, soient de rudes et solides administrateurs, des économistes avisés, de probes et rigoureux gestionnaires. En un mot, des adeptes de la bonne gouvernance.
Ce ne sont pas ces incultes et corrompus qui nous gouvernent actuellement, qui peuvent sortir le pays du chaos, dans lequel ils l’ont plongé. Pour redorer son blason et se réconcilier avec le peuple, la fraction républicaine de l’Armée, doit prendre ses responsabilités, en nous débarrassant des deux LANSANA. A défaut, le peuple s’en occupera.
Dans tous les cas, les Amazones, composeront bientôt leur requiem.
Dr Abdoul BALDE de Rouen
Pour www.nlsguinee.com