mardi 07 août 2007
L'intervention d'aujourd'hui a pour but de rappeler á mes compatriotes, surtout ceux qui sont organisés en association (l'idéal), que nous devons maintenir la pression et notre action pour que justice soit rendue aux patriotes tombés pour le Pays en janvier et février 2007, sans oublier les étudiants et élèves de juin 2006.
En effet, les tribulations des Lansana Kouyaté et Conté nous détournent, tout au moins sur le Net, de l'engagement pris pour honorer la mémoire de nos compatriotes morts pour une Guinée meilleure. Je suis convaincu que de nombreux Guinéens continuent à travailler sans relâche dans l'ombre sans publicité. Néanmoins, la conscience de l'opinion publique doit à tout prix être maintenu en éveil surtout à travers les media.
Il serait intéressant que ceux qui sont actifs en la matière médiatisent leur action afin que chacun apporte son grain de sable selon ses aptitudes et moyens.
Nous sommes surpris par exemple qu'officiellement aucune aide promise à la Guinée par les "Occidentaux" ou les Nations Unis ne mentionnent comme conditionnalité l'enquête sur les violations des droits de l'homme comme ce fut le cas au Togo par exemple!
Nous proposons donc que chaque Guinéen en Europe et en Amérique du Nord écrive seul ou sous forme de pétition au membre du Parlement de sa circonscription pour leurs rappeler ces violations et exiger que leur pays appuie la demande d'enquête. Ceci pourrait servir aussi nos compatriotes menacés d'expulsion vers la Guinée. Les cas de kidnapping de
Mr Sidikiba Keita et d'autres devraient nous motiver à continuer la lutte en manifestant devant tout hôtel occupé par un ministre guinéen ou lors de toute rencontre officielle du gouvernement avec leur homologue étranger. Là encore, les demandeurs d'asile devraient se faire remarquer pour renforcer leur cas: des Zimbabwéens ont ainsi évité leur déportation de Grande Bretagne.
Il est très surprenant d'ailleurs que l'Allemagne veuille expulser des Guinéens après les tueries de début d'année et violations de droits de l'homme; surtout que le gouvernement guinéen n'affiche aucune volonté d'entamer les préliminaires d'une quelconque enquête. En effet, l'Union Européenne interdit la déportation de toute personne vers tout pays pratiquant la torture et violant les droits de l'homme; ce qui qualifie largement la Guinée. Donc sur quelle base ces expulsions se font? Il y aurait ici matière à saisir la Cour Européenne des Droits de l'homme.
Nos compatriotes juristes devraient pouvoir nous éclairer et éventuellement les aider. A ce sujet, il devrait y avoir un moratoire sur les déportations vers la Guinée d'au moins deux ans, le temps de constater si le Pays décide d'adhérer par les faits au respect des droits de l'homme.
Quant à Mr Sidikiba Keita, qu'il ait la double nationalité (Guinéo Européen/Américain) ou résident permanent en "Occident", sa famille devrait saisir les autorités de son pays de résidence; avec un lobbying efficace, le Gouvernement guinéen devrait être interpellé et rendre compte de cette disparition. Si, hélas, il est installé dans un pays africain, je crains que les choses soient plus compliquées vu l'hypocrisie de nos chefs d'état.
En ce qui concerne la lutte, inspirons nous des actions de Mauritaniens qui ont réussi en France il y a quelques années à faire arrêter un officier mauritanien accusé de torture sur eux. D'autres ont entamé la même procédure contre Ould Taya (ancien président), cette fois aux USA. Dans le même cadre, il y a bien une saisie de la Justice française sur les biens mal acquis de Bongo et Sassou N'guesso en France.
Pourquoi, nous guinéens ne ferions nous pas pareil en Europe et Amérique du Nord avec les acteurs présent et passé du système Conté ?
Si les bourreaux de service à Conakry savent qu'ils risquent d'être arrêtés s'ils quittent le territoire, beaucoup réfléchiront avant d'exécuter bêtement les ordres! Nous n'allons pas stopper les tortures mais au moins les limiter car il y aura toujours des stupides zélés prêts à servir le maître.
Ces actions nécessitent de notre part organisation et solidarité! Nous trouveront toujours des ONG et des professionnels prêts à aider et collaborer sur tout ce qui touche aux droits de l'homme.
Réfléchissons-y : joignons l'action aux écrits ! Que les juristes se manifestent et fassent des propositions !
Ibrahima Diallo-"Ollaid"-
Contact: ollaid@gmail.com
Pour www.nlsguinee.com au Sénégal