mardi 07 août 2007
Si l'anarchie, la pagaille et le désordre ne sont pas du même "père" ou de la même "mère" (traduisez cela dans nos différents dialectes si le cœur vous en dit), ils ont, au moins, des liens de parenté. Ou pour faire plus simple et certainement plus sérieux, ils sont synonymes. Et convenez, avec moi, qu'un seul de ces éléments peut-être négativement chargé.
Du reste, chaque jour que Dieu fait, l'on s'en rend compte, de plus en plus. Cela est d'autant plus vrai qu'aujourd'hui, le désordre (il faut appeler les choses par leur nom) s'est solidement installé chez nous. Faisant que, chacun fait ce que tout bon lui semble. En clair, en Guinée chacun se croit tout permis, s'autorise tout.
En somme, il y a, maintenant, du n'importe quoi, c'est du n'importe quoi. Que faire par rapport à certaines attitudes épousant les contours d'une véritable défiance, aussi bien vis-à-vis de l'autorité centrale et, dans une très large mesure, vis-à-vis des masses laborieuses guinéennes? Ces jeunes diplômés sans emploi qui, croulant, sous le poids asphyxiant de la cherté de la vie, ne savent plus par où donner de la tête, le guinéen lambda est désorienté.
Jeunes de Guinée, je suis étonné d'entendre et voir ces images de soutien aux actions de Kouyaté, tandis que les auteurs des nos frères et sœurs victimes des évènements de janvier-février se divaguent devant vous en Guinée et aucune action n'est au programme par ce Gouvernement pour punir ces auteurs. C'est dommage que vous ignoriez sitôt ces martyrs. Le riz se raréfie au point qu'il faut se rabattre sur les feuilles de laitue pour essayer de subsister. Alors la marmaille, après avoir consommé de ce mets n'en exigeait pas moins le fameux et incontournable riz.
Cet exemple est remis au goût du jour, uniquement pour montrer tout le mal que nous avons pour nous (faire) sortir de la "tyrannie encombrante" du riz. Le gouvernement a beau édicter des mesures, mais pour autant, les spéculateurs, vrais professionnels en la matière, n'ont pas encore dit leur dernier mot. Alors que le riz n'en continue pas moins d'être un casse-tête chinois, voilà que la viande, dont raffole le peuple est devenu un luxe. Et, apparemment, personne n'y peut rien. Cela veut dire que, si financièrement vous n'êtes pas aisé, il va falloir vous résoudre d'attendre la fête de la Tabaski, pour espérer se gaver de viande. C'est du n'importe quoi, mes camarades nous continuons toujours à vivre ou de cohabiter, encore, avec les délestages intempestifs de la fameuse EDG (Electricité De Guinée). Et malgré les discours "rassurants", nous ne pensons pas voir de sitôt le bout du tunnel. Alors que des sommes astronomiques auront été déjà investies, en matière d'énergie électrique. Mais, visiblement, la mayonnaise tarde à prendre.
Autre signe attestant de ce désordre avec lequel, il va falloir maintenant compter ?
Il s'agit de cette fâcheuse attitude de certains de nos compatriotes qui, prenant leur désir pour la réalité, s'activent, au point d'observer une série de grèves de la faim pour... en fin de compte, obtenir des autorités, la promotion (sous forme d'érection, en ceci ou en cela) de leur localité. En tous les cas, tant au plan politique que social, les actes posés, ça et là, par les différents acteurs semblent marqués du sceau du...désordre. C'est, en réalité, du n'importe quoi ces mouvements opportunistes.
Quand on se plaît maintenant, dans ce pays, à conjuguer anarchie, pagaille et désordre au présent, là il y a dangers ; de graves dangers, aux conséquences néfastes. Pour ne pas en dire davantage. Or, fondamentalement, le peuple guinéen, est légitimement, en droit d'aspirer à un bien-être. Pourquoi pas ( !), à un mieux-être ? Mais, avec ce désordre cette anarchie et cette pagaille qui semblent triompher, de telles aspirations ne vont-elles pas fondre comme beurre au soleil ?
Sidimé Alpha Kabinet
Membre de l'Equipe d'Analyse et de Réflexion (Neoleadership)
Correspondant de www.nlsguinee.com au Sénégal
Contact : alpha.sidime@gmail.com