mardi 07 août 2007
Le report des élections législatives prévues
initialement au mois de décembre 2007 suscite
inquiétudes et interrogations. On nous annonce
brutalement qu'elles n'auront pas lieu avant fin mars
2008, sans autres formes de commentaires. La raison de
ce report, est de toute façon, un secret de
polichinelle. Monsieur Lansana Kouyaté veut gagner du
temps afin de s'assurer du soutien inconditionnel
des responsables du P U P.
Avec une Assemblée Nationale acquise à sa cause, l'actuel 1er ministre
guinéen pense être suffisamment armé pour réussir son
coup. Cette démarche inespérée risque, cependant, de
s'avérer infructueuse à cause des ambitions
présidentielles pompeusement affichée par le vénal
Mamadou Sylla. Il faut reconnaître qu'au P.U.P., tous
les responsables se voient un destin national. Alors,
ils passent tout leur temps à se faire des
croc-en-jambe.
Par ailleurs, il est important de rappeler que
monsieur Kouyaté n'avait pas été choisi pour faire de
la politique, mais pour sortir le pays du tunnel et
s'en aller après l'accomplissement de sa mission,
c'est à dire après l'élection du nouveau chef d'Etat.
Il n'était pas question qu'il s'éternise au pouvoir.
Lansana Kouyaté ne doit pas faire acte de candidature
au poste de Président de la République de Guinée. Et
si malgré tout, il décide d'être candidat, il aura
alors trahi la confiance que le peuple avait placée en
lui et souillé la mémoire de tous ceux qui sont tombés
sur le champ de l'honneur.
De toute manière, le 1er Ministre a déjà échoué dans
sa mission. Son gouvernement, après plus de trois mois
d'exercice de pouvoir, a été incapable de mettre en
place un programme de gouvernement à la hauteur des
défis de notre pays. D'ailleurs, il ne pouvait pas
réussir, car en effet il n'en a pas la culture. Il est
un produit craché de l'ancien régime, régime "pdgiste"
à économie centralisée et planifiée appliquée à la
Guinée pendant des décennies. Improvisations,
promesses et intuition sont les méthodes de gestion du
premier ministre guinéen, à l'image de la politique
économique, sociale et culturelle à caractère
socialopopuliste imposée par l'ex P.D.G. à notre pays.
Le P.U.P. sur lequel il s'appuie pour mener ses
actions, est un parti qui n'a plus d'ambition, de
programme, de personnalité, un parti miné par la
guerre des (petits) chefs.
Pour retrouver sa crédibilité, Lansana Kouyaté a donc
intérêt à ce que ces élections se passent dans les
meilleures conditions possibles, c'est à dire sans
tricheries, ni fraudes massives, ni manipulations de
quelque nature que ce soit. C'est la seule chance qui
lui reste pour redorer son blason déjà tâché de sang
des innocentestes victimes de la dictature implacable
de Général Président Lansana Conté. Créer un nouveau
parti ou un mouvement de soutien n'est pas non plus la
solution. Il ne fera que compliquer la situation déjà
compromise.
Les élections législatives qui doivent avoir lieu à
partir du mois de mars 2008, si elles sont
transparentes, justes et équitables, constitueront le
ferment d'un processus de transition démocratique de
l'après P.D.G. et de son factotum le P.U.P. Elles
symboliseront le passage de la génération des vétérans
de l'opposition guinéenne à celle des "jeunes". Elles
seront enfin le passage d'un style de leadership
idéologique à un autre plus pragmatique consciencieux
de performance, d'efficacité et de résultat.
Quand le vent de la liberté soufflera sur notre pays,
le soleil se lèvera dans son ciel, j'en suis
certain, pour briller sur une Guinée nouvelle
diligemment à l'œuvre afin de créer une vie meilleure
pour tous. Il illuminera la renaissance guinéenne
réalisée grâce aux fabuleux talents d'un peuple uni
dans sa diversité culturelle. Souhaitons que la
volonté du tout puissant Dieu soit faite ici-bas et
nous délivre de la tentation ethnique, régionale et de
tous les affreux et méchants démons communément
appelés dictature.
Cécé Roger Haba, France
Directeur de la Rédaction de Aminata.com
Pour www.nlsguinee.com