lundi 06 août 2007
« Je m’appelle Aissata Conté et je suis de Boké, je ne connais pas cette femme, elle nous a volés » dixit une fillette de 8 ans la pus âgée des victimes.
On ne le dira jamais assez car la traite des enfants prends de nos jours des proportions inquiétantes. Le trafic des enfants est une activité très lucrative pour ceux qui le pratique sans se gêner et presque à visage découvert.
Vol d’enfants par ci détournement par là, et ce dans les hôpitaux, dans les grands marchés, dans les quartiers mal lotis. La situation est la même en zone urbaine comme en zone rurale dans tout le pays.
Les Cas illustratifs sont nombreux. Comme celui-ci…
Tenez, le 22 juillet dernier à bord d’un minibus communément appelé « Magbana », quatre (4) femmes et une dizaine de mineurs dont six (6) filles et quatre (4) garçons ont été appréhendés à l’aube à Balamouyah, dans la préfecture de Forécariah, au Sud-ouest de la Guinée. L’arrestation a eu lieu juste sur la ligne rouge de la frontière en la République de Guinée et la République de Sierra Léone.
Selon les témoins des faits c’est surtout le nombre impressionnant d’enfants dans le véhicule qui aurait retenu l’attention des agents de sécurité en place. Ce qui créa un suspens ayant déclenché des fouilles et des interrogations des passagers dans le bus.
Sur les circonstances de cette arrestation, le Commandant Bangaly Diakité apporte des éclaircissements : « Quatre femmes ont été effectivement appréhendées qui convoyaient dix (10) enfants vers la Sierra Léone. Les services de sécurité et l’armée ont découvert ces quatorze personnes à bord au barrage frontalier de Balamouyah. »
A la question de savoir si réellement ces femmes se livraient à un trafic d’enfants, le commandant aurait dit qu’il y a vice de forme de leur interpellation afin de tirer au clair l’affaire.
L’une des 4 femmes la plus âgée signe et persiste qu’il s’agit de ses petits enfants qu’elle compte aller faire scolariser en Sierra Léone. Voici sa version des faits en langue locale Soussou : « Mois je n’ai pas volé d’enfants. Tout le monde sait que ce sont mes petits-fils. Mon fils Mohamed et mon petit frère c’est eux qui les ont mis au monde. Je retourne avec eux car j’y étais. Je les amène pour les mettre à l’école là-bas, c’est tout. »
Toutefois cet argument de la vieille dame n’a pas convaincu les Services de Sécurité compte du témoignage d’une des fillettes : « Je m’appelle Aissata Conté et je suis de Boké, je ne connais pas cette femme, elle nous a volés »
Les Services de Sécurité ont décidé de transférer l’affaire à la direction de la police judiciaire.
A noter aussi que toutes les 4 femmes sont de nationalité et de langues différentes. Elles sont actuellement dans les mains de la police judicaire qui fera toute la lumière sur cette affaire, qui une fois de plus terni l’image de la Guinée dans le trafic et la traite des enfants.
Par Lansana A. Camara
Correspondant de www.nlsguinee.com à Conakry
E-mail : lansanaminata@yahoo.fr
Tél. (+224)- 64- 30- 74- 06