lundi 06 août 2007
Au début du mois de mars une décision administrative interdisant l’exportation des denrées alimentaires a été prise par le Gouvernement KOUYATE.
Aujourd’hui si cette mesure a porté fruit à la population, il faut reconnaître qu’elle a causé et cause des dommages assez grands à beaucoup d’autres guinéens. Tantôt à cause de la persistance de l’habitude chez certains citoyens et tantôt à cause de la mauvaise foi d’autres agents de l’Etat qui profitent et organisent des rapines. (Comme cela se passé lors de l’état de siège à Gaoual et Koumbia où une commission préfectorale dirigée par le Secrétaire Général de l’administration Abdoul Wassiwou BAH chargé de récupérer le cheptel du chef de l’Etat, a arnaquée 138 citoyens de N’diourya, Kamélé, Kambala, Dombiadji et autres en les arrachant 133 vaches et une somme de 18.289.500FG. Sans oublier que dans le quartier Hafia de la commune urbaine l’armée avait volontairement incendié 96 cases pour respecter la volonté de certaines autorités qui ont profité pour se venger de ce quartier).
Le drame s’est passé le jeudi 26 juillet à Boké. Elhadj TOUNKARA, ce jeune convoyeur de remorque en partance pour Gaoual a été victime d’un pillage orchestré et exécuté par les autorités douanière et militaire de Boké.
Une semaine avant cette date, les Ministres de l’intérieur et celui de la Défense nationale, de passage, il semblerait auraient dit aux populations de Boké de « piller tout camion chargé de marchandises interdites en partance vers la frontière ».
A 190 Km du chef lieu de la Région, la Préfecture de Gaoual située devant Boké à l’Est, n’est pas la frontière, c’est une partie intégrante de la Guinée. Donc il fallait bien expliquer aux populations et surtout demander aux autorités douanières de faire leur travail selon l’éthique républicaine. Hélas ! Ces dernières feront tout sauf ce qu’elles devraient faire ce jour. Après le passage d’un premier camion qui refuse d’obtempérer, la DAF 10 roues pointe à la Douane. Les autorités douanières feront débarquer tout le contenu pour vérification. Rien n’incrimine le chauffeur et le convoyeur. Mais comme la mauvaise foi habite l’âme et le cœur de notre Directeur des douanes, il organisera l’opération de pillage en laissant le véhicule passer tout en lui faisant suivre par des militaires armés jusqu’aux dents.
Ce n’est pas nouveau, en Guinée l’armée nationale s’est transformée en véritable cambrioleur des populations. Ils étaient à moto et filaient à vive allure quand ils ont dépassé le camion remorque ciblé. Ils gareront devant et barreront la route en faisant des tirs de sommation. Le chauffeur, Maître Mamadou Dian DIALLO sera battu à sang. Dans la cabine, il y avait une somme de plus d’ 1.000.0000 qu’ils cueilleront paisiblement. Dans la carrosserie, ils prendront quelques marchandises.
Comme c’était préparé et organisé, de loin, le chauffeur a aperçu la foule arriver en masse, la clé introuvable, il demandera aux militaires de lui protéger en vain. C’est en tirant en l’air que les militaires se sont éclipsés et chauffeur et apprentis furent la proie de la foule en liesse.
Comme « le peuple est le plus grand dictateur », le camion est complètement dépouillé de son contenu, les pneus arrachés notre chauffeur n’a plus que ses larmes pour pleurer.
Aujourd’hui malgré les perquisitions, l’intervention des autorités y compris le Député de Gaoual, les arrestations et reprise de 10 pour cent des objets au lieu de 50 pour cent annoncé hier samedi à la radio nationale grande est la perte pour ce privé.
Ce qu’on peut craindre c’est les menaces des populations de Gaoual qui ambitionnent de venger leur parent victime de ces pillages illégaux. Le gouvernement fera mieux de s’en occuper pour éviter l’irréparable, « tout Camion de Boké qui passerait par Gaoual sera pillé comme ils l’ont fait chez eux à Boké », explique un citoyen de cette Préfecture joint au téléphone. Ainsi, vivra la justice privée.
Mais au finish s’il ne récupère pas ses biens et son argent il peut porter plainte contre l’Etat qui est civilement responsable du fait des décisions administratives en invoquant et en combinant les dispositions des articles 1098 du Code civile guinéen « Tout fait quelconque de l’homme qui cause à autrui un dommage oblige celui par la faute duquel il est arrivé à le réparer », 1099 « On est responsable non seulement de son propre fait mais aussi du fait des personnes et choses dont on a la garde », de l’article 9 de la loi fondamentale « Tous ont le droit imprescriptible de s’adresser au Juge pour faire valoir leur droit face à l’état et ses préposés », enfin de l’ordonnance N° 17/87 du statut général de la fonction publique.
C’est la responsabilité pour faute de l’agent publique. N’est-ce pas nous sommes dans un Etat de droit ?
Article réalisé par Me Mamoudou SANE et Boubacar BAH
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