samedi 04 août 2007
Depuis le 28 septembre 1958, date de son accession à
l'indépendance, la Guinée a toujours fonctionné comme
si par nature, la cohabitation entre les guinéens
devrait se faire sans contradictions, divergences de
point de vue ou d'opinions. C'est d'ailleurs la raison
fondamentale pour laquelle, après d'interminables
échecs parsemés d'intrigues, l'opposition politique
guinéenne est encore à la recherche d'une solution
démocratique pour le pays.
Néanmoins, c'est une grave erreur de croire qu'elle
est définitivement évincée de la scène politique
guinéenne par les syndicats. Si les débats engagés
par le pouvoir avec les forces vives du changement
restent de vrais débats de fond et non de la politique
fiction inaugurée par les syndicalistes ou de la pub
comparative, alors dans ces conditions, l'opposition
politique guinéenne est incontournable.
Dans ces conditions, aucun changement démocratique
ne peut s'opérer en Guinée sans la participation effective de
l'opposition politique avec ou sans ses leaders
actuels, malgré ses problèmes internes.
Les syndicats devraient en principe rester cantonnés dans leurs
revendications sociales et laisser les politiques plus
habilités à discuter de l'avenir du pays.
Lansana Kouyaté est loin de décrisper la situation et
relancer le processus électoral jusque là ponctué
d'immenses fraudes. A son arrivée à la primature, on
attendait de le voir à l'assaut des bastions
d'indignité qui ont mené notre pays à la déconfiture,
à la banqueroute.
Quand on diagnostique un mal, ce doit être avec le souci
de le soigner efficacement. Ce qui n'est pas le cas chez notre
premier ministre. Il symbolise parfaitement l'image désastreuse et
misérabiliste que bon nombre d'étrangers se font de
notre pays. La charité ou l'humanisme qu'il affiche
maladroitement, fait figure de cheval de Troie au
service d'une obscure intention.
On dit souvent que "l'intuition, c'est la faculté qu'a une femme d'être
sûre d'une chose sans en avoir la certitude."
Mr Kouyaté fonctionne à l'intuition. Alors, rien
d'étonnant si aujourd'hui, la morale agonise,
l'impunité est encouragée et la corruption gagne du
terrain.
Quant à l'opposition politique guinéenne, la ténacité
devra être dorénavant sa qualité première si elle
veut poursuivre dans un nouvel élan, efficacement et
sereinement, sa lutte pour l'alternance démocratique.
Elle ne doit pas se laisser tenter par la division.
Tous les partis qui la composent combattent tous pour
la même cause, une cause noble : celle de la liberté.
Pour ma part, je pense qu'il est de notre
responsabilité d'aider et d'encourager la stoïque
jeunesse guinéenne de continuer à être à la pointe de
cette dernière phase du combat. Nous devons tous avoir
un seul leitmotiv : la Guinée au cœur de nos
préoccupations, de nos passions, de notre
indéfectible engagement et de la diversité culturelle
qui fait notre richesse.
Après avoir essuyé plusieurs échecs, l'opposition
politique guinéenne doit se ressaisir pour poursuivre
la lutte dans un véritable front commun. Elle se bat
pour une cause juste, car elle lutte pour mettre en
partage l'avenir de notre pays en donnant un sens à
l'activité de chaque citoyen afin d'avancer ensemble.
L'opposition politique guinéenne reste emblématique de
notre futur, car elle fait rimer sa mission libératrice avec le
progrès social et le développement économique de notre pays.
Pour cette raison, elle ne doit pas faiblir devant les dures réalités de l'échec.
En effet, c'est dans l'échec que se construit la victoire, une victoire sans appel.
Cécé Roger Haba
Directeur de la Rédaction de aminata.com
Pour www.nlsguinee.com