mercredi 01 août 2007
Il s’agit d’une véritable chasse à l’homme. En l’occurrence au Guinéen ! Convoqué les guinéens, aller les arracher manu- militari à leur domicile ou à leur lieu de travail ne suffit plus aux autorités allemandes qui sont en complicité avec une délégation guinéenne de trafiquants d’hommes ! On se livre, contre les guinéens, à une pratique qui n’a d’autre nom que déportation.
La déportation des guinéens vers Braunsthweig
Les forces de police allemandes ont investi les terminus de gares de toutes les villes où résident des guinéens recensés pour répondre devant la délégation guinéenne qui se trouve à Braunsthweig. Tout guinéen qui descend de train est arrêté, menotté, mis en voiture de police et déporté dans la ville de Braunsthweig. Là, il est présenté à une commission devant laquelle il dépose. Il n’y a pas d’autres mots que déposition ! Il doit dire ses activités, comment il est rentré en Allemagne, où vit- il et travaille- t-il ? Cela ne suffit pas, bien sûr ! Il doit dire s’il a une famille, combien d’enfants etc...
La honte ne s’arrête pas là ! Il faut qu’il dise s’il est guinéen !
La réponse est bien connue. Par peur d’être expulser, il ne le dira pas ! C’est là qu’entre en fonction la commission d’enquête guinéenne. Faite d’agents aguerris en la matière, elle l’oblige à reconnaître qu’il est guinéen. Si, en dépit de tout, il refuse, la Commission le déclare guinéen. Elle l’officialise par sa signature et l’intéressé est mis en détention jusqu’à la date de rapatriement !
Cette situation est en train de conduire à une tragédie !
Un guinéen menace de se suicider pour éviter d’être rapatrier
D’après Madame Reimer qui n’est plus à présenter, tant elle fait tout pour la cause des guinéens, un homme menace de se suicider plutôt que d’être expulsé !
Cet homme serait un rescapé de prison. Comme bien d’autres, il est arrivé en Allemagne par le circuit de M. N’Faly Keita. Sa famille a dû s’endetter pour le faire venir comme toutes les autres qui veulent sauver un des leurs.
A l’annonce de sa convocation devant la Commission de Braunsthweig, l’homme a été victime d’une crise de nerfs. Il a été transporté, par les soins de Mme Reimer dans un hôpital psychiatrique. Là, le médecin spécialiste a établi une attestation en bonne et due forme que son état ne permet aucune comparution devant une commission qui qu’elle soit. Faisant fi du certificat médical, les autorités locales l’ont emmené devant la commission guinéenne de Braunsthweig.
Devant cette commission, l’homme a perdu le peu de lucidité qui lui restait. Il a, de nouveau, eu une crise nerfs, suivie de spasmes et de crise de larmes. Impossible de l’arrêter. D’après Mme Reimer, c’était humainement insupportable ! Mais la délégation guinéenne l’a reconnu comme étant bel et bien guinéen devant être rapatrié.
Mon père n’avait dit ceci : « retiens qu’un homme ne pleure pas pour rien. C’est ce qui m’est revenu en mémoire à la narration de cette scène » !
A cette condamnation, car il s’agit d’une, l’homme a dit : « Je préfère mourir ici que de rentrer en Guinée et retourner en prison ! » A vous de vous mettre à la place de ce concitoyen ; de cet homme tout simplement ! Tout cela semble insuffisant pour les autorités allemandes et la délégation guinéenne. Il faut priver les guinéens de tout !
Privation de droits et de dignité
Beaucoup de villes où vivent les guinéens convoqués, que ceux- ci soient appréhendés ou non, ont décidé de couper l’aide sociale auxquelles les intéressés avaient droit.
Les guinéens se retrouvent sans aucune source de revenus pour survivre. Leur compte bancaire, s’ils en avaient sont saisis. La personne qui risque sa vie en se suicidant est parmi ceux dont toute aide est supprimée.
La décision de suppression de ces aides est bien claire : il s’agit de supprimer, non pas le moitié, mais 100% de l’aide. Les guinéens sont privés de tout. Ce qui est naturellement contraire aux droits de l’homme et des réfugiés. Rappelons que l’Allemagne est signataire de ces droits et qu’elle a reconnu, à un moment ou un autre, comme étant demandeurs d’asile !
Toutes ces personnes se tournent vers Mme Reimer et les ong pour leur demander comment nous allons faire ? Comment nous allons vivre ? Aidez- nous ! Mais, quand votre propre pays vous sacrifie qui peut quoi que ce soit ?
Banni de l’intérieur, pourchassé à l’extérieur !
C’est le sort du guinéen. Etre sans terre ! Errant à la recherche du bonheur que lui refuse sa terre qui l’a fait naître ! Personne sans repère qui court le monde à la recherche du bien-être ! Oublié quand tout va ! Sollicité quand ça va mal ! Adire que nous sommes guinéens !
La guinée laissera-t- elle un de ses fils se suicider en Allemagne ? Se donnera- t- elle encore en spectacle ? Qui saurait répondre ?
Un lueur d’espoir, peut-être ! M. Ousmane Bah, Président de l’UPR qui s’est entretenu en tête- à- tête, comme prévu, avec Mme Reimer, a réitéré sa ferme volonté de faire le nécessaire en saisissant l’Assemblée Nationale du traitement inhumain que subissent les guinéens en Allemagne et en Suisse.
Il semble, aux dernières nouvelles, que le Président de l’Assemblée, M. Aboubacar Somparé a bel et bien été saisi de la question par les députés de l’UPR.
Espérons que cette institution fera plus que le gouvernement ! Notre appel d’hier reste maintenu pour assister les guinéens de Suisse et d’Allemagne !
Lamarana Petty DIALLO
Professeur de Lettres- Histoire Géographie- Orléans, France
Contact : lamaranapetty@yahoo.fr
Pour www.nlsguinee.com