mercredi 01 août 2007
Notre chère patrie, la République de Guinée continuera-t- elle d’étonner l’Afrique et le reste du monde, jusqu’à quel moment ? L’éléphant de septembre 1958 a accouché d’une souris. La fin du PDG a apporté la plus grande désillusion au peuple. Les événement de janvier- février 2007 sont en train de nous plonger dans le cauchemar que nous vivons actuellement. Tout cela ne suffisant pas, la Guinée se montre de plus en plus atypique comme Etat et comme pays !
De quoi s’agit- il ?
Depuis le 17 juillet 2007, une délégation guinéenne, sans son chef, en la personne de Monsieur Diao Baldé, un ancien ministre du PDG et naguère ancien ambassadeur du Comité Militaire de Redressement National (CMRN) reconverti comme bien d’autres, sillonne la Suisse et l’Allemagne à la recherche des guinéens. C’est comme si c’était l’esclavage dans l’autre sens. Ce fut d’Afrique vers l’Europe. Ce que fait la délégation guinéenne est justement le chemin inverse.
Nos compatriotes guinéens d’Allemagne et de Suisse, comme tout exilé du monde, sont venus chercher protection, secours pour leur vie et celle de leur famille. Ils n’ont pas fui, qui l’aurait fait ? Volontairement ! Ils veulent tout simplement sauver leur vie ! Mais, la Guinée se lance à leur trousse en envoyant des sbires les déloger, les menotter et les renvoyer à leurs bourreaux ! Quels bourreaux ? Ceux à qui ils ont pu échapper et qui leur feront payer le prix fort !
Envoyée par le Ministère des Affaires Etrangères, de la Coopération et des Guinéens de l’Extérieur et du Ministère de l’Intérieur et de la Sécurité, une délégation de trois personnes sillonne l’Allemagne et la Suisse à la chasse de guinéens. Ce sont :
MM. Amara Soumah, Chef de la Division des Etrangers au Ministère des Affaires Etrangères ;
Abdoulaye Sampil, Commissaire de Police au Ministère de l’Intérieur et de la Sécurité.
Madame Fatoumata Kouyaté, Inspecteur de Police du Ministère de l’Intérieur.
On se demande bien les vrais mandataires de cette délégation et la nature de leurs passeports ? Car, il ne suffit pas de travailler dans un ministère pour être diplomate et voyager en cette qualité !
Le chef de la délégation guinéenne, M. Diao Baldé, chef de la Direction Nationale des Affaires Juridiques et Consulaires du Ministère des Affaires Etrangères n’est pas, paradoxalement, arrivé en Allemagne. Les raisons sont plus ou moins connues, mais… l’avenir en donnera l’explication qui s’impose. Il reste que nous savons ce qui se passe.
A dire que le Ministère des Guinéens de l’Etranger aurait pour mission de nous pourchasser à travers le monde ? Que n’aura- t- on pas vu ? Pourtant, en janvier et février, les guinéens de la Suisse et d’Allemagne, comme bien d’autres n’étaient pas en reste dans la lutte...
Nous avons tous revendiqué ce ministère pour le bien du pays et non pour notre malheur.
Conséquences de la mission guinéenne
Rien qu’en Allemagne entre 400 et 500 guinéens sont appelés à répondre à une convocation de la police de leur lieu de résidence. Parmi eux, 100 ont été interpellés nuitamment ou à leur lieu de travail. C’est entre 3h et 4h du matin que les forces de l’ordre allemandes ont débarqué chez les personnes sur la liste. Après les avoir arrêté, elles les ont conduit manu- militari à différents postes de police. Cela ne rappellerait- il pas certaines méthodes que ces pauvres compatriotes ont connues en Guinée et que l’Allemagne, elle- même, a vécues et bannies depuis ? Les autres ont, pour le moment, pu prendre la fuite et échapper aux arrestations.
Un exemple de l’arbitraire que subissent nos compatriotes est largement illustré par ce fait qui se passe de tout commentaire : un couple de guinéens qui vit à Herford avec 2 enfants dont un bébé de moins d’un an et son aîné de 3 ans sont sur le point d’être définitivement séparés de leur mère. En effet, la mère des familles est arrêtée et se trouve actuellement entre les mains de la police. Les enfants sont laissés au père qui se trouvent avec leurs deux gamins. Imaginez la suite !
D’après Madame Reimer, représentante allemande pour la guinéenne de l’ong des droits de l’Homme qui fait tout ce qui est en son pouvoir pour défendre les guinéens : « cette arrestation est contraire à la constitution allemande dans ses articles 5 et 6 sur la Protection du mariage et de la famille. » Donc, l’Etat allemand reconnaît bel et bien l’indivisibilité de la famille, c’est- à- dire, la non séparation des parents et des enfants.
Tous les guinéens interpellés sont regroupés à Braunsthweig, près d’Hanovre où ils attendent d’être expulsés sans aucun moyen de recours. Les voix qui se lèvent pour leur défense sont celles des ong des droits de l’Homme et réfugiés ; les ong des églises et les ong des avocats. Ces différentes organisations non gouvernementales ont appelé les guinéens à boycotter les convocations en n’ y répondant pas. Mais, nous avons vu comment ils sont appréhendés !
Les dessous de cette traite des ressortissants guinéens
L’Etat allemand aurait proposé à 3 pays africains le rapatriement de leurs ressortissants. Il s’agit de la Guinée, du Cameroun et du Niger. Ce dernier pays a catégoriquement refusé le marché qui a été accepté par les deux premiers.
Pire, actuellement, d’après Madame Reimer, le Ministère de l’Intérieur allemand est sur le point de signer un protocole qui porterait le nom « d’Accord d’Obligation de Reprise » qui imposerait à la Guinée « la récupération » des ses ressortissants à tout moment, en tout lieu et quelque soit leur nombre en vue de leur rapatriement. C’est, on le voit, comme si les guinéens d’Allemagne sont des marchandises.
Ce protocole est naturellement monnayé. Pour rappel, Monsieur N’Faly Kéita, qui a l’habitude de conduire la délégation guinéenne et qui été récemment limogé de son poste avait empoché la somme de 11700.00 euros pour sa besogne.
Mais l’absence du Chef de la délégation bloque le protocole. L’Etat allemand, pour se mettre à l’abri, exige la présence d’un officiel guinéen : en l’occurrence le Chef de la délégation.
Signataire des Accords de Genève sur les réfugiés et des conventions de l’ONU sur les Droits de l’Homme, l’Allemagne veut se mettre à l’abri au cas où quelque chose tournerait mal. Tout simplement, si plainte était portée pour violation des accords internationaux.
Pour Madame Reimer, les guinéens sont abandonnés et « l’Etat allemand au lieu de les protéger les livre à ses forces de police. » Elle ajoute : « cela constitue la plus grande honte pour l’Allemagne, si s’en est une pour la Guinée. »
A part les associations de guinéens en Allemagne et les ong, personne ni aucun organisme n’assiste ces hommes, femmes et enfants.
Cette allemande qui a déjà adressé une lettre ouverte au Ministre des Affaires Etrangères qui n’a pas réagi, s’apprête à rencontrer M. Ousmane Bah, le Président du parti de l’Union Pour la République, (UPR) quelque part en Allemagne.
Les guinéens d’Allemagne ont été très sensibles à l’intérêt et au soutien que M. Bah a manifesté à leur égard. Etant, pour le moment, le seul leader de l’Opposition à réagir à ce qui se passe outre- Rhin, il a promis de saisir l’Assemblée Nationale sur leur sort.
Appel
Nous appelons tous les guinéens, dans quelque pays qu’ils se trouvent, d’apporter leur soutien, par voie pacifique et légal à nos compatriotes guinéens de suisse et d’Allemagne. Les associations guinéennes, les ong, les amis de la Guinée, les défenseurs des droits de l’Homme de tout pays sont invités à se joindre à cet appel pour sauver des vies humaines, des familles, des femmes et des enfants.
Nous en appelons au Président de la République de Guinée, aux partis politiques, à l’Assemblée Nationale, à l’Inter- Syndicale et à la Société Civile de tout mettre en œuvre pour stopper l’action de cette délégation dont la mission n’honore pas notre pays.
Lamarana Petty DIALLO
Professeur de Lettres- Histoire Géographie- Orléans, France
Contact : lamaranapetty@yahoo.fr
Pour www.nlsguinee.com