mercredi 01 août 2007
Si les fonds récoltés, après le S O S lancé par les
autorités guinéennes, lors du forum des partenaires
de la Guinée organisé à Paris du 25 au 26 juillet
2007, peuvent aider à résoudre la crise guinéenne, ce
n'est pas certain que notre pays sorte de l'auberge du
jour au lendemain. Ce n'est pas non plus la première
fois que la Guinée bénéficie d'importantes aides de la
part de ces généreux bailleurs de fonds. Les résultats
des aides accordées à notre pays ont toujours été :
les détournements de fonds publics, l'impunité,
l'insécurité, le viol des Institutions de la
République avec à la clé des élections truquées, la
misère noire de la grande majorité des populations, la
corruption et j'en passe.
Je suis très étonné de voir certains de nos
concitoyens se réjouir à l'annonce du montant (90
millions de dollars) de l'aide d'urgence accordée à
notre pays. Nous savons tous que depuis la nuit des
temps, que les aides accordées à la Guinée soient
détournée par des responsables vénaux, que les droits
de l'homme soient bafoués en Guinée, il n'y a jamais
eu de débat parlementaire sur le sujet. Et pourtant,
c'était bien l'argent des contribuables européens ou
américains qui atterrissait directement dans les
comptes privés guinéens. Une politique du silence
qui, à mon sens, perpétue le traitement des
"Républiquettes bananières" appliqué à l'Afrique.
Mais, aujourd'hui, heureusement, les choses ont évolué
dans le bon sens, semble-t-il, grâce à la lutte que
nous menons depuis de longues années. En effet, c'est
avec des conditions draconiennes que les aides ont été
effectivement accordées à la Guinée. C'est pour quoi,
je me demande si nos dirigeants seront capables de
profiter de cette belle occasion pour commencer à
travailler dans l'intérêt de la Guinée. Dans tous les
cas, je les invite à abandonner leur sale habitude, à
cesser toute improvisation en respectant les règles du
jeu et en agissant scrupuleusement dans les zones
d'intervention prévues par l'accord de principe.
Mais les connaissant, je doute fort de leur intégrité
et de leur amour pour la mère patrie. Les appels au
secours, sans cesse renouvelés par les autorités
guinéennes en direction des bailleurs de fonds
n'augurent rien de bon. Avec les tours de passe-passe
de Général Président Lansana Conté l'écrasante
majorité des guinéens ne se fait pas d'illusion. Elle
devine bien quelle sera la destination finale de ces
fonds.
Dans tous les cas, si nous voulons nous en sortir,
commençons par changer de dirigeants. Ils sont tous
mauvais et ils doivent tous quitter leur poste de
responsabilité. C'est la règle pour tout pays qui se
respecte. C'est un paradoxe, c'est même une honte,
que la Guinée soit sous perfusion et un éternel
assisté avec ses énormes potentialités économiques. Il
n'est un secret pour personne que la Guinée représente
un environnement d'exception pouvant favoriser tout
développement. C'est d'ailleurs la raison pour
laquelle, fort de cette conviction, je souhaite, en
dépit des contraintes conjoncturelles, que les
Guinéens, pour relever le défit du développement,
commencent par doter la République d'institutions
légales et crédibles en y instaurant un véritable
régime démocratique.
Si nous ne prenons pas cette décision dès maintenant,
c'est l'avenir de nos enfants qui restera à jamais
hypothéqué. Avec le changement par la démocratie c'est
la fin d'une époque, celle du P.D.G. et de son
factotum le P.U.P. qui s'annonce, et avec elle la fin
des illusions. Sur ses décombres, le pluralisme
politique va enfin connaître une vraie éclosion
pouvant entrainer avec lui la consolidation d'une
réelle démocratie et , il faut l'espérer , le
développement.
Agissons maintenant, ensemble, car
demain s'écrit aujourd'hui.
Cécé Roger Haba
Directeur de la Rédaction d'Aminata.com
Pour www.nlsguinee.com