dimanche 29 juillet 2007
La question mérite d’être posée. Je limite mon propos, en me contentant de rappeler, le comportement indigne du premier magistrat du pays. En effet, c’est le Chef de l’Etat en personne, qui s’est permis de libérer de prison, le plus grand prédateur du pays [Mamadou Sylla, qui se dit être l’homme le plus riche de la Guinée] au mépris de la procédure et en violation flagrante de la règle de droit.
C’est cette attitude indigne de Lansana Conté, qui a conduit au ras de bol du peuple Guinéen, et qui avait été le facteur déclenchant de l’insurrection généralisée de Janvier-Février 2007, avec des centaines de morts.
Ces brefs rappels, aident à situer l’origine et la gravité du mal Guinéen.
On ne le rappellera jamais assez, qu’il faut se débarrasser de ce régime [composé d’ignares impénitents] parce qu’il dit ce qu’il ne fera pas, et fait ce qu’il ne dira pas. C’est pour cette raison, que Lansana Conté donne soudainement l’impression d’oublier que c’est lui qui viole la règle de droit. Dans la fameuse lettre de mission du Premier Ministre de Compromission, et non de Consensus, il énumère des inepties, et il se réclame de principes valables en théories.
Rappelons à ce sujet, qu’il avait expressément mentionné entre autres :
- Le dysfonctionnement de toutes les Institutions (y compris le Judiciaire)
- La sécurité des biens et des Personnes
- L’amélioration de la Gouvernance
- La lutte contre la Corruption et l’impunité, …
Pourtant, Lansana CONTE écrit aussi que : - « la lettre de mission, est un CONTRAT, qui exige des obligations de résultats, que le Gouvernement entend passer avec les Guinéens … »
On se demande vraiment, où est la JUSTICE, pour les centaines de victimes tombés sous les balles, et bien sûr pour Sidikiba KEITA et tous les autres Guinéens victimes d’arrestations arbitraires ? Où se trouve donc l’égalité devant la loi, pour tous ces Citoyens ?...
En vérité, cette situation Guinéenne est la traduction concrète de ce qu’on peut appeler la « VOYOUCRATIE ». Et, c’est à juste titre que Wolé Soyinka, prix Nobel de littérature en 1986, dit : - « L’Homme se meurt en ceux qui face à la tyrannie se taisent… » Nous n’allons pas nous taire. C’est notre combat.
L’Histoire dramatique de notre pays, depuis 1958, s’est construite, sur la volonté et les dérives en tout genre, de deux tyrans : Sékou TOURE et son disciple Lansana CONTE, sur fond de mensonges et de crimes.
Force est de dire que les dérives du régime de Sékou Touré sont jusqu’à ce jour incalculables. Lansana était son disciple. Il semble que Lansana Conté l’aurait même porté au dos pour l’aider à faire le tour de la Kaaba lors de son pélérinage à la Mecque. Pour certains, cela expliquerait, en partie, le coup de pouce du destin l’ayant propulsé à la magistrature suprême un 3 avril 1984. Et à ce jour, toutes et tous conjurent le même destin à le descendre enfin de ce piédestal suprême. Je dis cela aujourd’hui parce que je suis un adepte de la démocratie. Même si j’ai toujours milité et je milite encore pour qu’on débarque dare dare Lansana Conté du pouvoir. Il fait écran au développement de la Guinée et s’oppose du coup au bonheur des Guinéennes et des Guinéens.
Dans ce régime de Lansana Conté, la Guinée est devenue le terreau de l’insécurité galopante. Une insécurité qui a toujours été instrumentalisée par le système en place et marquée de violence par la terreur. Ce qui influe sur la liberté d’initiative et paralyse ainsi toutes les activités économiques. De surcroît, aucun citoyen n’est à l’abri d’une arrestation et d’une séquestration arbitraire.
On a coutume de dire que la sécurité est la première des libertés. Or on constate malheureusement, que ces violations multiples des droits humains, sont un phénomène récurrent en Guinée.
- En 1995, sous le faux prétexte d’enrayer la Criminalité [entretenue par le régime], l’Etat procède à la retransmission quotidienne des séances de la Cour d’Assises de Conakry, laquelle n’avait pas hésité à prononcer des condamnations à mort. Parallèlement en novembre 1995, Amnesty International dénonçait les arrestations et détentions arbitraires de journalistes et d’opposants. La persistance de ces méthodes, appliquées par René Alsény Gomez, ministre de l’intérieur et de la sécurité et « bête noire » de l’opposition, témoigne d’une certaine continuité, avec l’ancien régime dictatorial de Sékou Touré.
- En 1998, un rapport de l’agence de coopération des Etats-Unis, reconnaît que : « le dossier de la Guinée en matière de droits de l’homme est épouvantable »
Les responsables des crimes odieux lors des évènements de janvier et février 2007 sont toujours impunis. Et curieusement aujourd’hui, le pays est géré par deux gouvernements : l’un sous les hospices du premier ministre Lansana Kouyaté et l’autre sous le commandement de Eugène Camara entouré de certains ex ministres aigris tels Ibrahima Keira, Kiridi Bangoura, Moussa Solano, Mamady Condé, Tidiane Souaré et consorts.
Qui rêvent de revenir aux Affaires. De qui se moque-t-on alors ?
Pour parler actualité, le Général Lansana Conté commande au préfet sortant de Dubréka, Barada Dramé, de refuser la passation de service avec le rentrant en feignant d’oublier que c’est lui-même qui venait de signer le décret de nomination de son remplaçant.
Encore une fois de qui se moque Lansana Conté et son premier ministre ?
Docteur Abdoul BALDE, (Rouen) France
Pour www.nlsguinee.com