lundi 23 juillet 2007
Le peuple guinéen dans son ensemble était dans la rue il y'a de cela 6 mois, pour exiger le départ sans condition du tyran Lansana Conté qui a conduit son pays tout droit dans le gouffre. Que ce soit dans les villes ou hameaux reculés, la répression sanglante et aveugle des militaires guinéens n'a pas entamée la détermination des populations à en découdre une fois pour toute avec un système corrompu et rétrograde. Partout le climat était à l'insurrection, le pouvoir vacillait. C'est alors qu'une soi disant communauté internationale avec la CEDEAO comme bras armé entra en jeu.
Comme ce fut dans le cas togolais en février 2005, les puissances internationales sous le couvert de la CEDEAO, amenèrent les syndicalistes guinéens à suspendre la grève pour des négociations. De ces négociations, un premier ministre en la personne de Lansana Kouyaté précédemment représentant de la francophonie dans la crise ivoirienne fut nommé pour entamer des réformes.
Cet homme dont les médias internationaux ont vanté l'intégrité morale, est très bien connu au Togo comme étant l'homme qui abreuvait le dictateur Eyadema de paroles élogieuses contre des billets de banque. Il était plus fréquent à Lomé qu'ailleurs. C'est sous sa direction lorsqu'il était Secrétaire Exécutif de la CEDEAO que les fameux observateurs de l'Afrique de l'Ouest ont sévit dans les élections de 21 juin 1998 au Togo.
En clair l'homme ne jouissait d'aucune crédibilité puisque étant amis aux dictateurs depuis des lustres. Il fut donc parachuté comme premier ministre en guinée comme un cheveu tombé dans la soupe. Au départ, des démocrates africains avaient déjà averti les syndicalistes guinéens contre le danger de cette nomination qui en réalité était un complot visant à casser le mouvement révolutionnaire. Le temps pour le tyran Conté, de reprendre du poil de la bête.
C'est à juste titre qu'une fois nommé, personne au sein de la CEDEAO ne s'est plus battu pour permettre au premier ministre d'avoir une véritable marge de manœuvre vis à vis du président permettant d'engager des réformes. Plus de 5 mois après sa nomination, la situation demeure intacte et le dictateur CONTE possède encore la totalité du pouvoir. Pire Mamadou Sylla l'homme par qui le scandale est arrivé est de nouveau aux affaires au sein du patronat. L'objectif des puissances étrangères qui ont d'énormes intérêts en Guinée à travers l'exploitation opaque de la bauxite, du diamant et de l'or est d'empêcher le renversement de Conte pourtant malade et incapable à assumer ses fonctions. Kouyaté est l'homme qui a servi à ce jeu.
Partout en Afrique où le peuples épris de liberté et de justice se soulèvent contre les régimes autocratiques, les puissances occidentales se précipitent pour appeler au dialogue histoire d'affaiblir les manifestants. Et pourtant l'histoire des peuples européens a toujours été celle des révolutions qui ont abouti à l'exécution des monarques ou des présidents.
Dans un passé récent, nous avons tous assisté devant les écrans à l'exécution du dictateur Ceausescu et sa femme ; la Roumanie est aujourd'hui libre. Pourquoi ces puissances s'arrangent-t-elles pour empêcher la jeunesse africaine éprise de paix et de Liberté d'en finir avec leur dictature comme ce fut le cas en Europe il y'a de cela quelques décennies ? Le scénario que vit actuellement la Guinée a été déjà expérimenté au Togo dans les années 1990.
En effet, après le soulèvement populaire du 05 octobre, le régime Eyadema était à bout de souffle. Au lieu de laisser les jeunes terminer ce qu'ils avaient commencé, un groupe d'individus regroupé au sein d'un fameux FAR avait décidé de prendre langue avec le pouvoir sous prétexte que si on renversait Eyadema avec quel interlocuteur pourra-t-on discuté. Conséquence, depuis plus de 16 ans cette fameuse discussion n'est jamais terminée et le Togo continue de tourner en rond avec les mêmes acteurs.
Pour revenir au dossier Guinéen, on peut affirmer sans hésiter que malgré les morts, si la population avait maintenu la pression, le régime serait tombé. Actuellement, les syndicalistes se rendent compte d'avoir été floué, mais il serait difficile de mobiliser à nouveau les gens pour la seule raison que les séquelles de la répression meurtrière demeure encore vivace dans les esprits.
Dans tous les cas face à la misère qui sévit dans ce pays, les Guinéens doivent comprendre qu'ils sont les seuls maîtres de leur destin ; ils ne doivent donc pas laisser leur sort dans les mains d'un prétendu premier ministre qui ne détient aucun pouvoir et qui est de surcroît en mission commandée au profit des puissances étrangères qui continuent d'exploiter dans l'opacité totale les richesses minières de ce pays.
Ferdinand A., Tultogo.com
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