samedi 21 juillet 2007
L'association guinéenne de Aachen, Amicale de Guinée,
suit avec regret et angoisse, les démarches honteuses des représentants de l'Etat guinéen en Allemagne pour le rapatriement de certains de leurs compatriotes venus chercher une protection politique ici.
Nous avons contacté un responsable du ministère des affaires étrangères le 08 juillet pour discuter de ce problème qui ne fait pas honneur à la Guinée: aucun pays africain n'est connu dans ce genre de démarches! Le haut cadre en question nous dit que la démarche se fait dans l'intérêt de la Guinée. Il nous apprend que la Guinée a été saisie par les autorités allemandes qu'il y a des illégaux prisonniers africains en Allemagne qui disent être Guinéens. Selon lui, c'est ainsi que dans le passé, des illégaux non Guinéens ont été expulsés vers la Guinée. Alors, que c'est pour empêcher ce genre de situation que le ministère des affaires étrangères coopère avec les autorités allemandes pour identifier et trier les ressortissants guinéens de ces prisonniers afin de les ramener correctement à la maison.
Lorsqu'on a appris à ce monsieur que la plupart des concernés ne sont pas des prisonniers comme il laisse entendre mais qu'il s'agit souvent des compatriotes qui vivent ici et travaillent correctement, depuis des années pour certains, dont les autorités allemandes cherchent à empêcher d'avoir le titre de séjour conformément aux reformes de loi qui stipulent que les étrangers vivants sur le territoire allemand depuis 6 ans pour les familles et 8-9 ans pour les individus peuvent demander le droit de rester s'ils n'ont pas commis de crimes et s'ils ont un travail légal, il nous déclare que s'il obtient une telle preuve, ils mettraient fin à ces missions.
Eh bien c'est chose faite: nous sommes en possession des lettres de convocation que les autorités allemandes ont adressées aux Guinéens vivants ici dont ils ont l'intention de faire rapatrier. Ces lettres leur ont été adressées à domicile et ils sont sommés de rester à la maison le 17.07.2007 à partir de 03:30 du matin afin que l'office des étrangers vienne les prendre pour une présentation à des représentants de l'Etat guinéen en séjour à Braunschweig. On les informe dans la lettre que le prolongement de leur titre de séjour dépendrait du respect de ce rendez-vous et que ceux qui manqueraient seront poursuivis et expulsés du territoire allemand!
Quel chantage honteux de la part d'un Etat qui se dit de droit! Nous allons faire parvenir ces preuves au haut cadre en question, même si la composition de l'équipe guinéenne nous fait clairement comprendre que le problème ne se situe pas à leur niveau en réalité: c'est le régime et le gouvernement qui se cache derrière ce "commerce" de Guinéens.
L'Allemagne paye, le gouvernement guinéen fait le boulot.
Voici la liste de la commission en question:
• Ousmane Diao Baldé : chef de mission, directeur national des affaires juridiques et consulaires au ministère des A.E
• Amara Soumah : chargé d'études de la division des Guinéens à l'étranger
• Abdoulaye Sampil : commissaire de police (ministère de l'intérieur)
• Fatoumata Kouyaté : inspectrice de la police (ministère de l'intérieur)
Ainsi, nous comprenons que c'est une affaire qui dépasse le seul ministère des affaires étrangères.
Kouyaté, le PM, en personne fait partie des commanditaires de cette affaire à la fois lucrative et policière pour la Guinée : le gouvernement gagne de l'argent (récompense allemande) et récupère d'éventuels opposants au régime !
Cela est d'autant plus inquiétant qu'il y a en ce moment même un certain M. Sidikiba KEITA qui a été arrêté à la frontière guinéo-malienne par des commandos guinéens à cause de ses opinions politiques.
La Guinée n'est pas un Etat de droit, tout le monde le sait. Surtout après les massacres militaro-policiers de janvier et février 2007 qui ont fait plus de 150 morts par balles et des milliers de blessés.
Comment est-ce que l'Allemagne qui est un Etat de droit peut livrer des réfugiés politiques guinéens à des policiers guinéens ?
Dire que ces personnes n'ont pas bénéficié de la reconnaissance du droit d'asile ne saurait être évoqué par les Allemands pour justifier ces pratiques primitives et déshonorantes. Car, il arrive souvent qu'un rejet soit jugé non légal par des juridictions allemandes mêmes. De toute façon, même le fait d'être présenté au régime guinéen comme demandeur d'asile met la personne en danger en Guinée.
L'Amicale de Guinée dénonce et condamne ces pratiques contraires à l'esprit du droit d'asile inscrit dans la constitution allemande et demande à ce que l'on y mette immédiatement fin.
Pour l'Amicale de Guinée,
Santy Keita, le Secrétaire aux affaires sociales et culturelles
Mohamed Bamba, le Secrétaire Général
A. Sadio Barry, le Président
Une Correspondance pour www.nlsguinee.com