lundi 16 juillet 2007
Dans une interview accordée à la Radio FM liberté hier, Dr. Ibrahima Fofana s'attaque à ses collègues syndicalistes qui ont adressé des critiques au PM Lansana Kouyaté, dans la dernière déclaration, celle du 03 juillet, que lui-même n'avait pas signé! Son adjoint avait tout de même signé, en accord avec les membres de l'USTG et les statuts de cette organisation.
A la question concernant les nominations des Gouverneurs et Préfets civiles dans les régions frontalières des pays en troubles alors que dans les accords les syndicalistes demandaient des militaires à ces postes, Ibrahima Fofana répond, sans gène, que le PM est libre de décider comme il l'entend, même si cela est en violation des accords!
Incroyable non, de la part de quelqu'un qui voulait le départ du président Conté du fait que ce dernier ait agi comme il l'entend ?
Le Dr Fofana dit cela le lendemain même de ladite attaque contre sa famille! Quand attiré notre attention sur un article sur le site de Paul Moussa Diawara qui se moquait du fait que Hadja Rabiatou Diallo n'a pas parlé lors de la rencontre entre le PM et les syndicalistes parce que selon eux, la syndicaliste serait mise en minorité, nous n'avons pas voulu y accorder d'importance, sachant que ce groupe a pour devise: le mensonge et la calomnie.
Et puis, quel Guinéen patriote se réjouirait que la seule vraie voix qui veille sur le changement et l'aspiration des populations s'éteigne aujourd'hui ?
Pour en savoir plus, nous avons posé la question à Hadja Rabiatou. Elle a répondu ce qui suit : « Vous savez, nous avons des engagements clairs et tout est écrit. Quand on se retrouve et que l'on est surpris des positions tant du gouvernement que nous avons toujours soutenu et de certains collègues, de sorte que l'on ne comprenne plus bien ce qui se passe, il vaut mieux se taire et écouter. Car il se peut qu'il y ait juste des incompréhensions. Donc il faut éviter de faire le jeu de ceux qui cherchent à nous diviser… » Quelle grandeur d'esprit, cette dame !
Au vu et au su des informations d'en haut, qui agit de façon isolée et contre les engagements des Syndicats ?
Un conseil à Rabiatou : même si tout le monde change de veste et trahit vos engagements de base, restez fidèles au peuple et acceptez même d'être la minorité honnête et digne! L'Histoire et le peuple apprécieront.
A propos d'attaques, comment est-ce que des hommes armés peuvent-ils venir à 20h00 pour s'attaquer à un leader syndical ayant 4 gardes du corps et habitant dans la banlieue acquise aux syndicats?
Même les nouveau-nés veillent à pareille heure et le quartier est dense (les maisons sont liées).
Dr Fofana lui-même dit que les six assaillants étaient armés d'armes à feu et d'armes blanches.
Cependant, les jeunes de chez lui (qui étaient déjà couchés par terre) auraient livré une bataille rangée contre ces derniers, sans que personne ne tombe sous un coup de feu et qu'aucun des attaquants ne soit arrêté ou démasqué! Il reconnaîtra d'ailleurs que celui qui dirigeait le groupe semblait connaître sa famille et les locaux de sa maison. Il s'agit donc soit d'un règlement interne soit d'un coup monté à des fins publicitaires tout court.
Par contre, il faut signaler que dans la même nuit, un domicile de Bailo Diallo, Ministre de la défense, fut attaqué! Peut-on penser à une action concertée ?
D'aucuns pensent que l'arrivée de Bailo Diallo a empêché le détournement du pouvoir à la tunisienne en Guinée.
Qui est entrain d'organiser des groupes de jeunes ou loubards dans ce sens ces derniers temps ?
A l'image des COSALAC et MOSALAC pour le soutien à Lansana Conté dans les années 90, on assiste déjà à l'émergence des associations de soutien à Lansana Kouyaté - Fofana (lire http://minilien.com/?wP1xGrp8YL)!
Que prépare-t-on en Guinée? J'espère que le comité révolutionnaire de l'ancien régime n'est déjà pas en action dans notre pays !
Le 09 Mai dernier, à la sortie de la rencontre avec une mission de l'Union Européenne, Dr Fofana n'a pas hésité à déclarer publiquement qu'ils ont réussi à opérer un changement de régime en Guinée et qu'ils comptent désormais s'impliquer dans la politique. Ce qui avait provoqué une réaction virulente et justifiée de Jean Mari Doré.
S'il y a eu un changement de régime, les Guinéens eux ne constatent aucun changement de la situation qui les a poussés dans la rue et à sacrifier leurs vies. On ne cherchait pas à se débarrasser d'une personne mais à obtenir un changement de situation sociopolitique, un changement de conditions de vie. Apparemment, Dr Fofana n'avait pas le même objectif que ses collègues. Quel dommage pour la Guinée !
Après donc ce coup de poignard de Dr Fofana dans le dos de ses collègues, il serait mieux que les membres de l'USTG prennent officiellement position pour désavouer le traître et au besoin, le destituer. A défaut, nous conseillons aux autres syndicalistes d'exclure le groupe, qui ne représente que les banques, de leur centrale. Ceux qui ont poussé au changement sont surtout les jeunes et la masse des travailleurs et non les hommes en cravates !
Dès maintenant, il convient de réfléchir aux mérites de chacun dans le jeu politique guinéen et examiner objectivement la troisième voie que préconise Ben Daouda Touré. En effet, depuis des années, les hommes politiques guinéens accompagnent Lansana Conté dans ses œuvres de destruction du tissu social et l'économie du pays. Jamais personne n'a posé une action qui pouvait pousser le régime à plus de sérieux. Le peuple s'est plaint et a donné des signes concrets qu'il est prêt à se mettre débout pour chasser ce régime incapable et corrompu: dans la plupart des villes, il y a eu des soulèvements populaires contre le pouvoir sans que les partis ou leaders politiques n'interrompent leur sommeil!
Tout espoir de changement semblait éloigné en Guinée et les esprits se résignaient à voir finalement le fils de Conté lui succéder. Ceux qui doutaient encore se demandaient juste qui des Fodé Bangoura, Mamadou Sylla, Ousmane Conté ou Kerfalla Kamara serait le prochain président. C'est alors qu'arrivent les syndicalistes pour rallumer la flamme de l'espoir en Guinée. Contre menaces et intimidations, ils risquent leurs vies en osant se mettre en tête d'un mouvement populaire auquel ils ont fait appel. On leur tire dessus, les brutalise et saccage leurs locaux. Puis, on les arrête en plein mouvement.
Là, l'occasion est donnée aux leaders politiques de rectifier le tir et de récupérer leur rôle en faisant appel et en descendant à leur tour dans la rue pour protester contre les brutalités militaro-policières et les arrestations arbitraires des syndicalistes. Du moins on le pensait. Rien: les leaders politiques disparaissent tous et suivent les événements sur RFI et BBC! Le peuple fait pression et c'est une des épouses du président qui intervient! Les syndicalistes ne reculent pas et accentuent la pression.
Lansana Conté cède et signe les accords permettant le changement politique en Guinée. Et maintenant, chacun de ces leaders prétend être l'homme qu'il faut pour succéder à Conté ? Il aura fallu une dame de la soixantaine, une mère de 6 enfants, une grand-mère pour offrir son corps et son âme aux antigangs et à l'armée des mercenaires pour que l'espoir du changement soit possible dans notre pays! Et ces opportunistes sortent de leurs trous maintenant pour se dire plus méritants ? A mon humble avis, personne ne mérite notre confiance dans ce sens que ceux qui sont entrain de se battre pour ce changement.
Si Fofana restait fidèle et que Rabiatou était un homme, n'est-ce pas qu'ils auraient formé une équipe idéale sur laquelle la Guinée pouvait compter? Pourquoi ne penserait-on pas à Rabiatou alors que cette Dame a été plus Homme que tous nos leaders politiques réunis? Elle pourrait bien incarner la troisième voie dont parle Ben Daouda Touré. En tout cas Rabiatou doit savoir que lorsqu'on veut changer les choses dans un pays où tout le monde ou presque est devenu achetable, il vaut mieux prendre soi-même les choses en main. Les expériences qu'elle vit en ce moment sont édifiantes.
SADIO BARRY
Depuis l’Allemagne
Pour www.nlsguinee.com