vendredi 13 juillet 2007
Comme un mirage échappé d'un délire surréaliste,
Lansana Kouyaté est apparu accidentellement sur la
scène politique guinéenne avec beaucoup d'inquiétudes,
pour ceux qui le connaissent, et d'immense espoir pour
ceux qui ne le connaissaient pas. Pourtant, reposant
sur des indicateurs en régression permanente, Lansana
Kouyaté n'était pas l'homme de la situation. Dans ces
conditions, il a vocation à disparaître sous peu,
comme il est apparu, dans les méandres de l'histoire
politique de notre pays. Ce fut une utopie de croire
qu'il pouvait changer quoi que ce soit à la situation
précaire de la grande majorité des guinéens.
Après sa prise de fonction, Lansana Kouyaté, au lieu
de passer son temps à faire du tourisme à travers le
monde, devrait plutôt penser faire l'état des lieux et
organiser par la suite des forum consacrés à l'avenir
du pays à travers des questions de développement
durable, des droits de l'homme, de la démocratie, de
l'éradication de la pauvreté, de l'égalité des sexes
et de la mise en valeur de la culture et de la paix.
Mais alors quel est son bilan après plus de cent
jours de villégiature ? Il est important de noter
qu'un bilan est avant tout un outil de dialogue social
qui facilite les échanges avec les organisations
syndicales, la société civile et les partis politiques
sur la base de données fiables et objectives en toute
transparence. Ainsi donc, le bilan social doit faire
l'objet d'un large débat pour partager ensemble un
certain nombre de constats avec des appréciations
différentes. Il représente une étape importante pour
tout guinéen dans la mesure où son contenu est une
véritable photographie de la typologie des hommes et
des femmes qui œuvrent chaque jour au bien être des
citoyens.
A ce titre le bilan de Lansana Kouyaté au
service de son mentor Lansana Conté et non de celui de
la nation, est particulièrement négatif. Son
gouvernement, constitué en majorité d'anciens
serviteurs des fossoyeurs de l'économie guinéenne, est
loin de trouver des solutions à la crise guinéenne.
L'écrasante majorité de guinéens est restée sur sa
faim avec son cortège de malheur et de honte.
C'est pour toutes ces raisons, je voudrais dire à Mr
Kouyaté, qu'une nation est avant tout un espace de
transaction collective, le cadre historique le plus
pertinent pour définir un partage des richesses
nationales et même des risques, partage sans lequel la
mondialisation sera toujours vécue comme une menace.
La nation est aussi le laboratoire d'une cohésion
construite.
Si Lansana Kouyaté était vraiment l'homme dont le
pays a besoin, il se serait posé un certain nombre de
questions dès sa prise de fonction. Comment élargir la
promesse démocratique au delà des seuls droits civils
et politiques ? Comment définir le cadre social d'une
citoyenneté qui ne laisse personne dans la dépendance,
la vulnérabilité ou à la merci des accidents de la vie
? Enfin, comment bâtir une société d'individus à la
fois libres, égaux et autonomes ?
S'il répond à toutes ces questions, alors il aura fait un pas de géant.
Cécé Roger Haba, Paris France
Contact : gneme2000@yahoo.fr
Pour www.nlsguinee.com