lundi 02 juillet 2007
Cette question est plus que jamais d'actualité dans le milieu des jeunes en Guinée et peut être aussi à l'étranger. Ce fameux point sur le relèvement de l'âge de la retraite de 60 à 65 ans pour les cadres de hiérarchie A et de 55 à 60 ans pour les autres fonctionnaires, figure en bonne place dans le protocole d'accord tripartite signé le 27 janvier 2007 entre le syndicat, le gouvernement et le patronat guinéen.
A ce jour, le problème de l'emploi se pose avec acuité comme dans le passé si non beaucoup plus. Avec les nouvelles autorités du "gouvernement de mission" du Premier ministre Lansana Kouyaté; un gouvernement accouché au prix de plus d'une centaine de morts de jeunes guinéens, de plus d'un millier de blessés, la question sur le relèvement de l'âge de la retraite est perçue par la couche juvénile comme une pullule difficile à avaler, selon l'association Jeunesse citoyenne très active sur le terrain, que Guineenews a cherché à rencontrer.
Initialement annoncé pour la session des lois d'avril dernier, le projet sur le relèvement de l'âge de la retraite, minutieusement préparé par les syndicalistes attendrait la prochaine session extraordinaire du budget prévu pour ce mois de juin, pour atterrir à l'Assemblée nationale et certainement avoir force de loi dès après les débats des parlementaires.
Les jeunes, massivement mobilisés dans "Jeunesse Citoyenne" ont à leur tour déroulé leur rouleau compresseur en direction surtout des institutions républicaines pour tirer la sonnette d'alarme et les amener à s'opposer contre vents et marrée au fameux projet.
L'association, selon son secrétaire exécutif M. Kourouma Moussa, aurait mobilisé depuis le 10 mars 2007, près de 16 mille signatures de jeunes pour la pétition contre ce projet syndical.
A en croire Kourouma Moussa, l'association a entamé des démarches tous azimuts en direction des autorités compétentes pour traduire la préoccupation de la jeunesse guinéenne. Ce qui les a conduits successivement, le 5 avril 2007 chez le Président du Parlement, l'un des signataires du protocole d'accords et le 6 juin dernier chez le Président du groupe de la majorité et ficelle un programme pour rencontrer celui de l'opposition.
Au cours de ces contacts, les jeunes ont recueilli les conseils des uns et des autres qui pourraient les aider à contrer le projet. Il s'agirait notamment d'adresser un courrier explicatif et détaillé à l'Assemblée Nationale, l'ensemble des préoccupations de la couche juvénile en matière d'embauche à, qui à son tour avec un certains nombre de signatures pourraient en faire siens les arguments des jeunes sous forme de proposition de loi. Mais ils conseilleraient surtout la Jeunesse Citoyenne de trouver son lobby au sein du gouvernement pour ne pas que le projet soit parachuté au Parlement. Ce qui fait douter les jeunes d'une éventuelle complicité de génération.
Au nombre des activités réalisées dans le cadre de la sensibilisation, l'association cite la conférence débat organisée le 6 mai au tour du thème "relèvement de l'âge de la retraite, quelle incidence sur l'emploi des jeunes". Malheureusement, les syndicats invités à la rencontre ont brillé par leur absence, note le secrétaire exécutif.
Et ce n'est pas la seule paume de discorde entre jeunes en quête d'emploi et syndicalistes à la recherche de privilège, font remarquer les responsables de l'ONG.
"Nous avons introduit des courriers au près de certains membres du gouvernement et des centrales syndicales pour avoir des rendez vous au tour de ce sujet. Jusqu'ici, nous n'avons reçu aucune réaction de leur part. Ni la primature ni même le ministère de l'emploi ne nous a répondu", regrette Moussa Kourouma.
Les arguments des jeunes, "ce qu'un travailleur n'a pas pu réaliser en 30 ans, il ne peut en aucun cas le faire en 5 ans. Sauf s'il s'engage à piller les ressources du pays". C'est pourquoi, l'Association propose des mesures incitatives pour les retraités allant dans le sens de mieux rémunérer ces derniers en créant et offrant la possibilité d'évoluer dans des secteurs d'activités porteurs de revenus.
De passage, l'association a fustigé les arguments avancés par les syndicalistes sur la non incidence du projet par rapport à l'emploi des jeunes ou les avantages financiers que l'Etat pourrait en tirer; ils expliquent "que tout le problème se trouve au niveau de la caisse nationale de la sécurité sociale, dont le fonctionnement, selon les résultats d'une étude menée, est loin d'approcher la cohérence par rapport à ses sœurs de la sous-région, comme au Sénégal".
Dans ce pays par exemple, notent-ils, les retraités reçoivent mensuellement non seulement leurs cotisations mais également les 80 % de leur salaire net. Ce traitement les permet de vivre heureux et dignes, très loin des caisses de l'Etat. Et c'est le non respect du délai de versement des cotisations des fonctionnaires par l'Etat qui a fait monter la dette à 16 milliards de fg au près de la CNSS. Toute chose qui relève des mauvaises pratiques de l'administration guinéenne, vieillissante mais qui réfugierait de valoriser l'intérêt national, s'indigne à nouveau, un autre responsable de la structure.
En attendant d'avoir la réaction des centrales syndicales dont les leaders sont injoignables, l'opinion reste très partagée selon qu'on soit de l'une ou de l'autre génération.
Seulement, il serait dans l'intérêt du gouvernement et des syndicats de ne pas engager une quelconque polémiques avec la jeunesse du pays qui a tout donné pour la réussite de leur mouvement, conseille au miro de Guineenews, ce chercheur d'emploi, qui se dit prêt à tout mettre en œuvre empêcher le dit projet.
B. Abdallah
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