jeudi 28 juin 2007
Pendant que certains voisins et pays de la
sous-région; Mali, Sénégal, Bénin et Burkina Faso, pour
ne citer que ceux là, jurent par le développement
économique et la l'amélioration des conditions de vie
de leurs populations, malheureusement chez nous en
Guinée, il y a encore des esprits qui veulent nous
maintenir au stade des ethnies.
J'ai toujours combattu les sorties faisant de ce
problème sensible un fond de commerce. Il faut savoir
raison garder et cela en toute circonstance. Nous
sommes presqu'à un demi siècle d'indépendance
politique. Nous avons un sous sol riche, mais hélas,
nous respirons la misère. Il y a juste deux jours sur
les rues de Conakry, nos frères et sœurs étaient
sortis pour demander à Kadhafi de nous offrir de l'eau
et de l'électricité. Quel paradoxe? La Lybie, pays
désertique est devenu par sa " bonne gestion" le
nouveau prodige de l'Afrique misérable? Mon Dieu!
Mes chers compatriotes, chers frères et
sœurs, acceptons de nous accepter, d'unir nos
compétences.
Arrêtons de faire du problème ethnique, un argument
politique pour traumatiser le bas peuple. L'exemple
ivoirien est là!.Cessez de vous insulter sur le
net. C'est honteux!
Personne n'a choisi son ethnie. Pour moi le simple fait
d'être noirs ou africains devrait nous suffir largement.
La Guinée n'est pas un pays où tout doit être une
question de "prorata ethnique“. Où sur chaque liste
publié il faut voir et se dire: "il y a combien qui
sont de mon ethnie, de mon village, de ma
famille".
Quelle petitesse d'esprit dans une
Republique! A quoi ça nous servira? Au nom de quelle
fierté?
Nous avons connu des tentatives malheureuses allant
dans le sens de manipulations ethniques rien que pour
assouvir un besoin politique:
- Sékou Touré a qualifié les peuls de traîtres et
cultivé au peuple un sentiment de méfiance à l'égard
de cette entité. Il voulait que les guinéens s’associent
à lui pour vouer aux gémonies les peuls. Quel crime
historique! Heureusement cet honteux projet a échoué
car il n'a pas été suivi. La fraternité patriotique a
primé sur les imaginations d'un sanguinaire.
- Le Président Conté aussi, en 1985, suite au coup
d'Etat de Diarra Traoré, a non seulement organisé le
pillage des biens des Malinkés mais aussi tenu des
propos haineux.
Mais ouvrons bien les yeux et soyons surtout grands:
la responsabilité de ces incidents déplorables sont
aux charges de Sékou Touré et de Lansana Conté en
tant qu'auteurs des actes criminels ainsi que leurs
appareils politiques, le PDG d'alors et le PUP
d'aujourd’hui. Donc en aucun cas nous ne pouvons nous
tromper pour verser dans la confusion en mettant à la
charge des malinkés les crimes et autres comportements
malheureux de Sékou Touré. Comme aussi aux Soussous les
pillages économiques et les tueries du pouvoir
Conté. C’est Lansana Conté, son PUP et son armée
sanguinaire qui doivent répondre et non les
Soussous.Telle semble être ma compréhension.
Mais ce qui est pire à constater c'est l'entretien
d'un débat ethnique, de part et d'autre, comme fond
politique pour empoisonner l'opinion et dans une
diabolisation et une culture de la peur de l'autre à
vous couper le souffle
En Guinée, il n'y pas de majorité ethnique: que
certains petits esprits peuls, malinkés et soussous
qui se plongent dans un calcul arithmétique en se
basant sur des noms de famille nous laissent
tranquille. Pour parler de majorité il faut 50% ou
plus. Or heureusement en Guinée aucune ethnie à elle
seule n'a ce pourcentage! Même si on est d'accord que
certains sont plus nombreux que d'autres. Voici la
réalité en Guinée qui semble échapper à nos
manipulateurs ethniques:
- En basse Côte vous trouverez des
Touré,bCissé,bKaba,betc, à Forécarya ou dans le
Moriya, mais ces populations ne parlent que Soussous et
,d'une manière générale, pratiquent sa culture. Donc
qui va aujourd’hui, au nom d'un argument, dire qu'ils
ne sont pas soussous? Ils y vivent et ont les mêmes
droits que les premiers habitants! Et la terre de la
Guinée appartient à tous ses enfants!
- A Dalaba, Koundara et autres villes du Fouta, vous
trouverez des Condé, Doumbouya, Traoré, Diabaté etc. Ces
familles ne peuvent plus aujourd’hui prononcer le
Malinké. Allez-vous leur soustraire des peuls et des djalonkés?
Au nom de quoi? Ils y vivent et ont les
mêmes droits que les premiers habitants! Et la terre de
la Guinée appartient à tous ses enfants!
- Venez à Mandiana, une bonne partie de Kankan, de Beyla
et de Siguiri, bref dans ce qu'on appelle le Wassoulou
et le Bassando: il y a les Diallo, les Diakité, Sidibé
etc. Qui peut aujourd’hui leur mettre hors des malinkés
ou koniankés? Qui peut aujourd’hui dire qu'ils sont de
simples colonies? Qui peut? Ils y vivent et ont les
mêmes droits que les premiers habitants! Et la terre de
la Guinée appartient à tous ses enfants!
- En Guinée forestière, qui peut aujourd’hui dire que le
Konianké y est étrangers? Qu'ils doivent retourner dans
son mandigue? Missadou, la ville la plus historique de
la forêt, fut successivement habitée par les Toma, les
manons, les konons et les guerzés et les Malinkés
aujourd’hui appelés Koniankés. Pour preuve l'appellation
Konia (les rochers) est des guerzés. Et dans le Konia,
les monts, les fleuves et plusieurs villages sont
d'appellation toma, guerzé ou konon. Et tout ceux qui
habitent dans le Konia sont les konianka qu'ils soient
soussous, peuls, konons, guerzés ou autres. C'est
pourquoi vous trouverez des noms de
famille: Camara, Doré, Kourouma, Cherif partagés par
toutes les ethnies de la forêt. Et malgré quelques
tentions, tous ces peuples y vivent et ont les mêmes
droits. Ils ont tous le sentiment et la fierté
d'appartenir à la grande forêt de la Guinée! Et la
terre de la Guinée appartient à tous ses enfants!
A la lumière de ce qui précédent, il y a deux types
d'intellectuels en Guinée qui souffrent véritablement
de problèmes ethniques: ceux qui pensent que seule
leur ethnie a plus de dignité que les autres de par
son nombre ou par sa richesse ou autres considérations
et ceux qui tombent dans le complexe de minorité
ethnique pour réduire leurs ambitions. Si non en
réalité le bas peuple ne raisonne pas en ethnie. Les
mariages mixtes sont là, les amitiés, les
associations et autres pour attester ce que je dis.
Il faut, chers "intellectuels" nous éviter vos
batailles ethniques. Le seul problème qui pèse pour
nous aujourd’hui c'est comment sortir notre pays de sa
situation triste et honteuse. Qui se résume par une
misère inhumaine aux conséquences très
déplorables. Notre problème aujourd’hui c'est comment
chasser le Président Conté du pouvoir, son PUP et son
gouvernement édenté. Avec un Premier Ministre qui
semble nous dribler pour faire passer les désirs de
son "Général" et se moquer du peuple qui lui a
proposé.
Donc pardon laissez nous tranquille, "ethnocentristes" VRAIMENT.
Ansoumane CAMARA
Porte Parole de l'Action de la Jeunesse Guinéenne pour l'Alternance Démocratique et la Prospérité (AJGADEP)
Contact : ansoumanecamara2000@yahoo.fr
Pour www.nlsguinee.com