jeudi 21 juin 2007
LA DECENTRALISATION COMME FACTEUR DE DEVELOPPEMENT
"La volonté d'agir dessine toujours les contours d'un bel avenir"
Le débat sur la décentralisation est intimement lié aux divers projets de développement et de modernisation de nos quatre régions naturelles. La tradition centralisatrice dans notre pays est très ancienne et est ancrée dans nos coutumes et nos mœurs (par exemple l'Etat théocratique peulh était fortement centralisé à Timbo). L'organisation pratique de l'Etat guinéen peut s'opérer de deux façons : on peut opter soit pour la centralisation, soit pour la décentralisation.
Tout d'abord, l'Etat centralisé est celui dans lequel il n'existe qu'une seule personne morale de droit public : l'Etat. Dans un Etat centralisé, tout le pouvoir est concentré au sommet. Le pouvoir s'exerce du supérieur hiérarchique vers le subordonné. Ce système comporte de graves inconvénients.
Sur le plan politique, d'une part, les régimes centralisés ont un grave inconvénient : ils ont peu de chance de fonctionner sur un territoire très étendu. Aussi, dans un régime centralisé les représentants locaux de l'Etat (préfets, sous-préfets) sont des agents subordonnés et dépourvus de tout pouvoir de décision. Pour toutes décisions, l'intervention de l'Etat est obligatoire. D'où une lenteur, un immobilisme et une paralysie du système. Les régimes centralisés à l'état pur n'existent aujourd'hui que dans les régimes dictatoriaux.
Et d'autre part, dans un Etat centralisé ce sont les préfets, sous-préfets qui transmettent les décisions. Le seul avantage qu'on en tire est le renforcement de l'unité de l'Etat.
Quant à la décentralisation, le Larousse en donne cette définition : "c'est le fait de donner certains pouvoirs aux collectivités locales, de disséminer à travers tout un pays des administrations, des industries, des organismes etc.. qui se trouvaient regroupés en un même lieu".
La décentralisation est avant tout un moyen, pas un but. Comme "la démocratie doit conduire à l'exercice de la souveraineté par les citoyens", la décentralisation apparaît dès lors comme l'outil essentiel par lequel cet objectif est réalisable. Elle doit reposer sur les organes élus avec des compétences et dotés d'une personnalité juridique et d'une autonomie financière qui réduisent de facto l'influence tutélaire de l'administration centrale sur les collectivités territoriales.
A la tête de ces entités locales, seront élus des organes au suffrage universel direct au moyen du scrutin proportionnel amélioré, qui garantit une majorité de décision et de gestion à la liste victorieuse et compétence de contrôle à la minorité perdante au sein du conseil municipal ou régional. C'est pourquoi, il sera nécessaire de procéder à la communalisation de toute la Guinée et à la création d'une quinzaine, voire une vingtaine de régions (ce nombre sera déterminé en temps opportun)
Chaque région devra effectivement jouir d'une réelle autonomie de fonctionnement en ce qui concerne son développement, sa gestion quotidienne et les besoins de ses populations. Bien entendu, cela devra s'accompagner de ressources financières constituées par des fonds propres et des aides octroyées par l'Etat.
La décentralisation politique, ainsi opérée, devra entraîner celle de l'économie qui apparaîtra désormais comme un outil privilégié en faveur des populations qui doivent bénéficier des richesses produites. En effet, c'est la décentralisation qui doit transformer les régions en poumons de l'économie nationale ; c'est aussi elle, qui doit diffuser la culture de l'entreprenariat.
L'expérience a montré partout en Occident et singulièrement aux Etats Unis que les P M E et P M I constituent le background à partir duquel le décollage économique s'est opéré. L'essor économique pourra se faire par la régionalisation, nous entendons répartir entre l'administration centrale et les régions, les compétences et responsabilités dans la gestion des infrastructures, des ressources financières, matérielles et humaines.
Au regard de ce qui précède, la décentralisation peut donc garantir, tout à fait, un développement équilibré de la région, ensuite mettre un terme à la désertification des zones rurales , à l'exode rural et enfin en finir avec le productivisme destructeur de l'environnement et toutes choses qui ne soient pas fatalités.
La diversité des départements, des paysages, la richesse de notre patrimoine naturel et historique sont autant d'atouts précieux qu'il faut savoir préserver et valoriser.
Une région prospère, inventive, porteuse d'espoir , voilà le cadre de vie que souhaite réaliser l'honorable Jean Marie DORE Secrétaire Général de l'Union pour le Progrès de la Guinée(U.P.G.) pour les Guinéens du troisième millénaire, cadre dans lequel il sera tout à fait aisé de construire un avenir plus sûr et plus solidaire pour tous. Et, vous conviendrez avec moi, que : "C'est une honte de mourir avant d'avoir remporté une victoire pour l'humanité".
Cécé Roger HABA
Membre du Bureau Politique National de l'U.P.G.
Chargé des Relations Extérieures
Contact : gneme2000@yahoo.fr
Pour www.nlsguinee.com