jeudi 14 juin 2007
S’il y a une chose que nous ne devons pas nous permettre, guinéens et guinéennes, c’est bien l’OUBLI. Comme le chante si bien le rasta Tiken Jah Fakoly « Nous pouvons pardonner, mais jamais oublier. » Il est évident qu’il y a de ces choses qu’on ne peut pas oublier au risque de ne plus ‘exister’. Des événements aussi cruels que ceux des 12 et 13 juin 2006 doivent toujours défiler dans nos têtes et nous tenir en alerte puisque tout est encore possible.
Voici une année que des élèves ont été gratuitement arrachés à l’affection de leurs parents, amis et proches pour avoir protester contre l’annulation du baccalauréat. Ils ont été froidement assassinés sous le regard coupable des autorités qui ont toujours manqué de tact humain dans la gestion des manifestations. L’utilisation abusive et incompréhensible des forces de l’ordre qui, au lieu de protéger les citoyens s’adonnent à des tueries, est une preuve d’incapacité et d’irresponsabilité.
Les autorités n’ont aucun droit de vie ou de mort sur quelconque citoyen que ce soit. Depuis plus d’une décennie, les élèves et étudiants de Guinée sont les plus touchés par cette cruauté qui est presque devenue un fléau.
Plusieurs associations de défenses de droit de l’Homme dont Human Rights Watch ont dénoncé cet état de fait : « Le gouvernement guinéen ne peut pas laisser ses forces de sécurité tuer des manifestants non armés et attaquer des passants. Le recours à une force meurtrière contre les manifestants était totalement disproportionné et inadapté aux circonstances. » Peter Takirambudde, directeur de la division Afrique à Human Rights Watch
Force est de constater que jusqu’ici aucune enquête n’a été effectuée. C’est regrettable que des jeunes gens se fassent tuer sans que personne ne soit inquieté. C’est vraisemblablement le règne de l’arbitraire depuis que nous avons dit OUI !
S’il est vrai que « Les morts ne sont pas morts. » Je les exhorte à revenir se rendre justice eux-mêmes puisque chez nous, la règle est qu’il n’y a pas de règle. Les seules voix qui s’élèvent sont vite englouties, pour les plus chanceux, dans un cercueil.
Félix LAMAH
Membre de l'Equipe d’Analyse et de Réflexion « Neoleadership »
Représentant de www.nlsguinee.com au Sénégal
Contact :felix.lamah@gmail.com