mercredi 13 juin 2007
C'est un adolescent qui a été tué à coup de couteau par son camarade au cour d'une bagarre hier dans la commune urbaine de Matoto.
L'auteur du crime s'appelle Thierno Kairaba Diallo, élève en 10eme année et est toujours en cavale, alors que ses parents sont arrêtés et déposés dans le commissariat de police de Matoto.
Sur les faits son père explique: "Je suis Elhadji Mamadou Tahir Diallo. Je suis le père de l'enfant qui s'appelle Kairaba Diallo. En fait après mon retour de la mosquée le soir, je suis parti voir mes enfants qui apprenaient le coran. Et c'est vers 22h00 qu'on est venu m'informer que mon fils s'est bagarré avec son ami et que celui-ci a été blessé et transporté à l'hôpital par ma femme et les voisins. Mais puisqu'il a été gravement atteint il n'a pas pu supporter les blessures et il a rendu l'âme quelque temps après. C'est ainsi que vers 4h00 du matin des policiers sont venus taper à ma porte pour me demander des explications. Sur le champ ils m'ont arrêté avec ma deuxième femme et ils nous ont déposés au commissariat de police. Seulement, j'ai prié le commissaire pour qu'il accepte de libérer la femme puisqu'elle porte un bébé qui est né au moment des grèves. Voici ce que je peux dire sur ce drame."
D'autre part les parents de la victime se sont rendus dans la famille de l'assassin pour détruire toute la concession et bruler même des biens. N’eut été l'intervention des forces l'ordre pour calmer les esprits, les parents de la victime avaient pris la décision de tuer aussi un parent de celui qui a commis le crime.
Pour l'instant l'affaire est dans la main des autorités, qui une fois de plus ont juré de retrouver le criminel et le traduire devant les juridictions compétentes de la place.
Quant à la victime, elle a été conduite dans sa dernière demeure par les parents et amis.
De nos jours, les enfants sont trop violents. Cela n'est guère étonnant quand on sait que les parents ne parviennent plus à assurer l'éducation des enfants à cause de la pauvreté dans le pays. Malheureusement l'Etat aussi ne fait absolument rien.
Notons enfin qu'au delà de ce crime et de la douleur qu’il entraine, c’est la problématique de la chaine sécuritaire qui est ici en cause ; car plusieurs questions restent aujourd’hui sans réponses.
Dans un Etat de droit, peut-on arrêter les parents à la place de leur enfant, quelque soit le crime que celui-ci aurait commis ? Doit-on se faire justice soi-même ?
N’est-il pas temps d’éclairer nos populations en général et nos policiers en particulier sur les procédures prévues dans ce sens par la loi pour éviter la confusion des genres ?
En attendant que le système ne soit entièrement dépoussiéré, nos adressons nos condoléances à la famille de la victime.
Lansana A. Camara
Correspondant de www.nlsguinee.com à Conakry
E-mail : lansanaminata@yahoo.fr
Tél. (+224)- 64- 30- 74- 06