lundi 11 juin 2007
Avant de se lancer dans le débat, il est important de définir une Guinée enviable ou de donner l’approche d’une Guinée enviable.
Une Guinée enviable, ce n’est pas une Guinée – américaine, ni une Guinée – française, mais une Guinée dans laquelle toutes les institutions politiques, économiques et sociales fonctionnent réellement et conformément aux lois votées par les représentants du peuple, les droits et les devoirs accomplis et/ou remplis par chacun et par tous.
Une Guinée dans laquelle nul n’est au dessus de la loi, bref une Guinée de justice politique, économique et sociale. Et, celle là, est bel et bien réalisable par tous les guinéens et pour tous les guinéens. Tout est question de patriotisme, de loyauté et d’intégrité.
Le patriotisme réel, de réelles ambitions, de réelles volontés, de ressources humaines et financières telles que nous disposons à ce jour, nous permettront de réaliser cet idéal. Cependant, pour assembler ces intrants et en faire un produit fini souhaité et enviable, il faut une organisation dynamique et un leadership à la hauteur de cet idéal.
D’où resurgissent les problèmes les plus récurrents en Guinée et en Afrique. Problèmes de leaderships et d’organisations. Comme très souvent, les organisations reflètent leurs leaderships, on s’accentuera sur ce dernier.
Vous comprendrez chers lecteurs, que l’appellation Neoleadership de ce site, votre site, n’est pas fortuite. C’est pour nous, la meilleure façon d’éradiquer ce problème récurent et systémique en Guinée et en Afrique par des débats ouverts à tout le monde. C’est le problème de leadership qui a entraîné la Guinée dans sa misère extrême.
Certes, le charisme et l’orgueil de Sékou Touré, ont conduit à un NON historique. Et, après ??? La démocratie bananière de Conté, a permis aussi de créer des partis politiques pour se faire les bailleurs de fonds mais pas pour céder sekoutouréya.
Avec cette démocratie, les opposants attendront encore très longtemps dans l’opposition de l’alternance ou opposer à l’alternance. Parce que c’est la démocratie du koudeisme (monocratie totale, présidence infinie et indéfinie), sans le minimum de balai, donc personne ne pourra balayer le locateur autoproclamé de sekhoutouréya, en tout cas pas avec son ministère de l’intérieur ou des élections bafouées (mauvais arbitre et mauvais joueur).
Si l’on ne veut pas s’opposer à soi même, c’est le moment de revoir l’organisation de cette opposition et donc son leadership. LA SEULE OPPOSITION, souhaitée et souhaitable par le peuple guinéen, est celle qui va faire partir Conté et toute sa clique. Et cela, chers compatriotes, se prépare, il faut des moyens, des stratégies et des leaderships à la hauteur de la tâche, puis acceptés par la majorité.
L’alternance est une condition sine qua non pour réaliser une Guinée enviable. Mais si l’alternance, c’est de Sékou Touré à Conté ou Conté à Somparé,
ON N’EN VEUT PAS, parce que c’est de l’immobilisme, c’est d’ailleurs plus de retard. Le premier signe d’une alternance à court terme, sera les législatives de la fin d’année 2007. Ce sont les élections à gagner, l’opposition doit remporter ces élections sinon ce n’est pas la peine de rêver de sekoutoureya.
L’opposition doit remporter ces législatives, le contexte actuel est favorable, le PUP est décrié, boudé par la majorité des guinéens, c’est pourquoi il a fait appel a businessman à la tête du parti pour tromper le peuple meurtri qui clame haut et fort le changement. Ce changement n’est rien d’autre que de la politique spectacle.
L’opposition doit dénoncer ce genre de politique et mettre en lumière les faiblesses, les insuffisances de cette politique et de son leader.
Peuple de Guinée, le changement c’est nous, le changement c’est sortir voter l’opposition et rejeter le PUP qui nous a trompé pendant 23 ans, finissons une fois pour toute avec ce parti. C’est la meilleure façon d’acquérir une indépendance politique par une institution suffisamment représentative, capable d’accomplir la mission du peuple et favoriser une alternance. Cette institution acquise par le peuple et pour le peuple, se chargera de rétablir une justice politique, premier grand pas vers une alternance voulue et non piégée. C’est en ce moment que nous pourrons développer une réelle justice économique et sociale.
Une économie génératrice de richesses, d’emplois, de plus en plus de croissance pour le bonheur de tous les guinéens, donc une économie de bonheur national. Une économie capable de répondre aux problèmes structurels (santé et éducation pour tous, autres infrastructures, création d’entreprise, emplois durables avec un salaire décent…) des guinéens et d’absorber les problèmes conjoncturels. Une économie d’inspiration libérale adaptée aux réalités guinéennes, et non la conspiration libérale qui a favorisé la prédation de nos richesses par une minorité. Une économie favorable aux détenteurs de capitaux mais qui n’exclut pas les misérables citoyens du pays, oui c’est possible.
A ce niveau, il faut noter qu’en Guinée aucun effort n’a été fait pour connecter le « bas peuple », aucune politique de redistribution des richesses, au lieu de chercher à réduire l’écart entre les plus pauvres et les pauvres que nous sommes quasiment tous pour enfin tirer tout le monde de la pauvreté, les gouvernants ont choisis de creuser plus profondément le fossé. Cet écart est visible partout en Guinée, mais encore plus dans les villes minières où les conditions de vie des exploitants sont trop élevées par rapport aux autres citoyens autochtones.
Faut réduire cet écart par une partie des bénéfices des sociétés exploitantes, une petite partie des bénéfices de ces grandes sociétés suffirait à investir chaque année dans les villages environnants, à doter ces villages d’écoles, de centre de santé, d’électricité, d’eau potable, d’infrastructures sportives, de bonnes pistes pourquoi pas de routes bitumées avec la bénédiction de l’Etat et ensuite imposer un quota d’emplois périodiquement pour les jeunes de ces villages.
Théoriquement, ces sociétés font tout cela, mais est ce que concrètement ces sociétés font le nécessaire pour le développement de villes qui les abritent ?
La réponse c’est non. Allez à Dinguiraye, savoir la contribution de la SMD (Société Minière de Dinguiraye) pour l’emploi des jeunes ou le développement local. C’est vraiment pathétique de voir que l’apport d’une telle société, c’est la dégradation des pistes rurales, rendre la ville plus poussiéreuse qu’elle n’était avec les conséquences en terme de santé que vous connaissez et, tout cela est normal parce que les signataires des contrats ont signés ces contrats pour remplir leurs poches et non pour aider la Guinée. Ce constat est valable presque dans toutes les villes minières y compris Boké, ville qui abrite Kamsar et Sangaredi.
Nous sommes tous d’accord qu’avant de distribuer des richesses, il faut les créer, mais où vont les quelques richesses créées en Guinée ? Elles sont redistribuées au sein du PUP, pour mieux duper les populations. C’est pourquoi l’opposition doit tuer le PUP aux législatives. C’est la meilleure façon d’accéder à une alternance souhaitée. Une Guinée enviable se construit par tous les guinéens et pour tous les guinéens. Et, pour cela chacun doit jouer pleinement le rôle qui lui ait révolu. Les politiciens doivent impérativement gagner les législatives, c’est vraiment un impératif à l’instauration d’une justice politique gage d’une justice économique et sociale.
Messieurs les leaders politiques, avec tout le respect que je vous dois, si vous ratez les législatives de 2007, démissionner de la politique serait mieux et même légitime pour beaucoup d’entre vous. Ne partez surtout pas en rang dispersé, à moins que vous n’ayez pas le même objectif (changement), la dispersion est un signe de fébrilité et de vulnérabilité. Partez unis, avec le peuple et pour le peuple.
Seule votre efficacité politique pour les législatives de la fin d’année, mobilisera le peuple à votre cause pour les présidentielles de 2010. Avec votre mobilisation effective, le trucage ne sera pas possible, parce que tout trucage nous replongera dans les événements de janvier et février. Et comme plus personne ne souhaite revivre ce cauchemar, le gouvernement est dans l’obligation de faire des efforts dans ce sens. L’objectif c’est de battre le PUP et avoir une opposition majoritaire à l’assemblée.
Peuple de Guinée, pour asseoir les vrais jalons d’une Guinée enviable, il faut voter massivement l’opposition aux législatives.
Opposition guinéenne, le peuple vous demande un résultat significatif aux législatives de 2007. Ne dit on pas « on ne change pas une équipe qui gagne ! », donc gagner ou perdre ces élections mettra en lumières les forces ou les faiblesses de l’opposition et le peuple en tirera les bons enseignements.
Pour une Guinée enviable !
Prochain article : « Quelle croissance pour tirer l’Afrique vers un Développement durable ? »
Mamadou Chérif LY,
Contact : lycherif80@hotmail.com
Membre de l'Equipe d’Analyse et de Réflexion « Neoleadership »
Pour www.nlsguinee.com