dimanche 10 juin 2007
MONTREAL (PC) - Une Guinéenne de 24 ans qui craignait que sa fillette subisse l'excision, advenant leur déportation en Guinée, pourra rester au Canada.
Oumou Touré a reçu la confirmation d'Ottawa par télécopieur, vendredi après-midi.
"Même avec cette lettre, j'ai peine à le croire, a déclaré Mme Touré, jetant un oeil sur cette lettre pour la première fois. Je crois vraiment que vous avez sauvé ma vie."
La porte-parole d'une organisation humanitaire montréalaise qui luttait pour empêcher l'expulsion de Mme Touré et de ses enfants, Marie-Eve Couture, a indiqué qu'Immigration Canada a accepté sa demande de demeurer au Canada pour des raisons humanitaires.
"Je veux remercier toute la population et le gouvernement du Canada, a ajouté Mme Touré, ainsi que tous ceux qui m'ont aidée."
Oumou Touré était menacée d'expulsion vers sa Guinée natale au début de juillet. Sa fille de deux ans et demi, Fanta, est citoyenne canadienne, mais Mme Touré craignait qu'elle soit excisée de force si on l'obligeait à rentrer dans son pays d'origine.
Mme Touré est également mère d'un garçon de neuf mois, né au Canada.
Selon le coordonnateur du Comité d'aide aux réfugiés, Rick Goldman, qui a défendu Mme Touré dans cette affaire, le cas de Mme Touré avait échappé aux autorités canadiennes, car la petite Fanta n'était pas née au moment où elle a fait sa première demande de statut de réfugiée.
Maintenant qu'elle approche 30 mois et que la menace de mutilation pesait sur elle, l'opinion publique canadienne s'est rapidement ralliée à sa cause.
Depuis 1996, le Canada a accordé le statut de réfugiée à 19 femmes menacées d'excision. On estime à 140 millions le nombre de femme qui ont dû subir cette atroce mutilation à travers le monde.
Par Les Perreaux, Canadian Press
Pour www.nlsguinee.com