vendredi 08 juin 2007
« J’allais acheter du gaz pour mon travail lorsqu’une balle m’a atteint. Les médecins disent que je ne verrai plus jamais. J’accepte ma nouvelle condition. Seulement, je suis inquiet pour mes enfants qui ne sont qu’à l’école primaire. Comment je vais faire ? »
Telles sont les paroles à la fois pathétiques et révoltant d’un jeune homme, presque de la quarantaine, la tête relevée, cherchant une lumière qu’il ne verra plus jamais. Par la faute d’une balle, mais pas une balle innocente, cet homme ne contemplera plus le visage de sa femme et ses cinq (5) enfants. Il n’aura dans sa tête que la dernière image d’eux, probablement les souvenirs des temps passés. Il ne pourra regarder ses frères et sœurs dont il a la charge depuis le décès de ses parents.
Une lumière vient de s’éteindre brusquement en lui et ce, contre sa volonté. Cette lumière qui le guidait dans son atelier de Tôlerie et Peinture, ce métier qui faisait de lui un responsable de famille, cette famille pour laquelle il se bâtait de jour comme de nuit pour assurer la vie, cette vie qui vient de lui jouer un tour, un sale tour des hommes, des hommes en tenue militaire, des militaires en assaut sur leur peuple, ce peuple meurtri par la misère, cette misère fabriquée par des démons toujours en liberté. Mais quand est-ce serons-nous libre ?
Siaka Condé, comme tous les autres, morts ou souffrants, méritent qu’on fasse une pause, juste un petit moment pour réfléchir.
Siaka Condé s’est limité en classe de 8è année (5è) du collège probablement par manque de soutien pour poursuivre les études. Son optimisme l’a certainement poussé à apprendre un métier, La Tôlerie-Peinture, dont il est maître aujourd’hui. Grâce à ce métier cet homme n’avait rien à envier aux bureaucrates car il gagnait tant bien que mal son pain quotidien dans l’honnête et le labeur.
Par une grève légitime, cet homme est arraché à la lumière par une balle qui subsiste encore en lui. Qu’a-t-il fait au responsable de cette balle ? Pourtant le pays n’était pas en guerre. Mais des hommes en tenue avaient consciemment ouvert le feu sur une population qui réclamait ses droits.
Aujourd’hui, les attentions sont plutôt tournées vers une autre ambiance interne tandis que les martyrisés ont besoin de justice et d’aide.
Neoleadership met à la disposition des personnes de bonne volonté le contact de Siaka Condé afin que ses enfants au moins puissent connaître des jours meilleurs. Par contre, il met en garde toutes les mauvaises intentions qui voudront tirer profit de cela. Nous demandons à tous et à chacun d’y veiller.
Condé Siaka (+224) 64 21 42 53/64 42 92 83/60 58 73 46
Par Félix LAMAH
Membre de l'Equipe d'Analyse et de Réflexion « Neoleadership »
Représentant de www.nlsguinee.com au Sénégal
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