jeudi 07 juin 2007
Dans la perspective des Législatives de décembre 2007, le paysage politique guinéen fait l'objet d'un profond réaménagement ! A quelques jours d'intervalle, sont nées deux coalitions : le CFC (coalition des forces vives pour le changement) et l'ANAD (Alliance Nationale pour l'Alternance Démocratique) ayant respectivement pour "pères porteurs" Mr Alpha CONDE du RPG et Mr Sidya TOURE de l'UFR.
Une nouvelle naissance serait prévue dans cette vaste maternité, sous peu, donnant ainsi un troisième "petit frère" au PUP de...Mr Mamadou Sylla !
Je pense qu'il s'agit là d'un pas important vers l'assainissement et la moralisation de l'espace politique guinéen, préconisé avec ardeur et talent par notre compatriote Ben Daouda TOURE dans son "retour gagnant" intitulé " Le Réveil".
Pourquoi assainir l'espace politique ? C'est pour dégager l'horizon et voir clair !
En effet, le paysage politique guinéen est encombré et encombrant. Nous avions plus de partis que de préfectures ! Nous avons tellement de sigles qu'on y perd son latin ou son "N'ko" : PUP, UPR, UFDG, RPG, UFR, UNP, UDR,.... et maintenant, CFC, ANAD !
Pour s'y retrouver, certains, et je les comprends, parlent des partis de Bah Mamadou, de Sidya, de Doré ou encore de Siradiou (bien que décédé !) !
Tous ces sigles semblent se référer à des plaques minéralogiques d'une lointaine "république bananière". J'espère pouvoir m'habituer rapidement à l'ANAD (que j'ai cru, au départ, être une variété d'ananas, vu que, par ailleurs, son leader en est planteur).
Avec un nombre réduit de partis, on peut mieux lire leurs programmes et donc, se positionner. L'idéal, je peux toujours rêver, serait d'avoir deux grands partis nationaux : l'un au pouvoir, l'autre dans l'opposition. Un bipartisme tempéré, qui a fait et continue à faire ses preuves dans de nombreux pays, pourrait, en plus, atténuer les tensions à caractère ethnique ou régionaliste !
Le drame du système "clientéliste" guinéen, c'est d'avoir un parti omnipotent au pouvoir et une pléthore de partis (de particules ?) qui s'opposent entre eux et se donnent des coups de bec sanglants, aux fins de picorer les miettes du gâteau inaccessible !
L'obésité pouvant résulter d'une suralimentation, la Guinée se sentirait mieux en acceptant, politiquement, une cure d'amaigrissement !
Pourquoi moraliser l'espace politique ? C'est en vue de maîtriser notre destin en instaurant l'Etat de droit !
L'équation guinéenne est éminemment politique. Si les guinéens sont pauvres dans un pays potentiellement riches, c'est qu'ils sont tout simplement mal gouvernés !
Ayons le courage de nous dire la vérité : GUINEE A UN PROBLEME DE LEADERSHIP !
Que reproche-t-on au Gén. Conté ? C'est de se maintenir au pouvoir et d'accaparer la totalité des ressources du pays au détriment de nos populations ! Le Gén. Conté accepte qu'on l'insulte ! L'essentiel pour lui c'est de contrôler ces ressources !
Que reproche-t-on à nos leaders ? C'est de vouloir faire comme Conté ! Se maintenir à la tête de leurs partis, pour qu'une fois le Général parti, ils occupent sa place et se servent à leurs tour !
Nos leaders parlent de démocratie ! Sont-ils démocrates ? Dans les récents "mariages politiques" dont on ne sait rien des "fiançailles" les ayant précédés, les militants ont-ils été consultés ? Pourquoi ont-ils peur de la contestation interne ?
Dans nos partis, il faut être d'accord avec le chef, sinon, on s'en va ! La stratégie du "tout pour le chef" est politiquement suicidaire et moralement inacceptable. Un leader digne de ce nom est celui qui pense à l'avenir de son pays et non au sien propre ! C'est celui qui prépare la jeunesse à sa propre succession, c'est celui qui accepte de se sacrifier, le cas échéant !
En matière de sacrifice, il faut s'inspirer de l'armée israélienne. Savez-vous pourquoi parmi les victimes israéliennes des différentes guerres il y a un pourcentage très élevé d'officiers ? C'est tout simplement parce que ces officiers pensent à l'intérêt vital de leur pays en se mettant en première ligne. Pour le combat, ils ne disent jamais "en avant !" mais "suivez-moi !"
Je pense que le salut de la Guinée passe par une EVOLUTION (le mot "révolution" me fait encore peur !) se traduisant par la disparition de sa CASTE POLITIQUE actuelle et l'avènement d'une CLASSE POLITIQUE NOUVELLE. Il faut un nouveau leadership en Guinée !
On doit souvent renouveler une équipe, même si elle gagne, afin de lui insuffler du tonus ! Pourquoi, alors, garder une équipe qui perd en permanence ?
Je plaide pour un retrait rapide ou une retraite anticipée de nos leaders, presque tous nés à l'époque coloniale, et qui sont maintenant fatigués. Ils peuvent assister aux matches, aider à sélectionner les joueurs et même arbitrer mais, faute de pouvoir faire la moindre passe décisive, ils ne peuvent plus jouer !
Il faut à l'équipe de Guinée, des jeunes ! Mais, la jeunesse, symbole de vitalité, n'est pas un critère suffisant. Les "lakoudous" qui ont tiré sur nos populations et violé des femmes, en janvier et février 2007, étaient des jeunes "ayant obéi aux ordres" ! De véritables adolescents barbares !
A la jeunesse, il faut aussi la compétence ! En somme, il faut à la Guinée des cadres jeunes, surtout capables et toujours HONNETES et soucieux, avant tout, du devenir de leur pays !
Ibrahima Kylé DIALLO
Pour www.nlsguinee.com