mercredi 06 juin 2007
MONTREAL (PC) - Des militants des droits de la personne ont lancé mardi un appel à la ministre fédérale de l'Immigration, Diane Finley, afin de stopper le mécanisme d'expulsion d'une femme et de sa fillette vers la Guinée.
L'enfant âgée de deux ans et demi pourrait faire face à la mutilation génitale si elle était envoyée dans ce pays d'Afrique.
L'Eglise unie du Canada, notamment, a envoyé une série de lettres à Mme Finley afin de lui demander, pour des motifs humanitaires, de stopper le mécanisme de déportation, le mois prochain, de la mère, Oumou Toure.
La femme de 24 ans pourrait être forcée d'abandonner sa fille née au Canada pour lui éviter l'excision. Mme Toure, qui a elle-même été victime de cette pratique, est désolée du fait qu'elle ne pourrait pas protéger sa fille de cette mutilation si elle retournait en Guinée.
Rick Goldman, coordonnateur d'un comité de soutien à des réfugiés, a estimé en conférence de presse à Montréal, mardi, que la mutilation génitale à laquelle pourrait faire face l'enfant de Mme Toure devrait être suffisante pour faire cesser le processus de déportation.
"Dans d'autres cas, la Commission de l'immigration et du statut de réfugié du Canada a accepté que la menace d'une mutilation génitale d'une femme suffise à garantir le statut de réfugié, pas seulement à l'enfant, mais à la famille", a-t-il dit.
De son côté, Claudette Cardinal, coordonnatrice pour les réfugiés au sein d'Amnistie Internationale, a qualifié d'"épouvantable" la procédure.
Elle a indiqué que certains documents faisaient état d'un risque de contraction ou de transmission du sida, les excisions n'étant pour la plupart pas pratiquées dans des hôpitaux ou au moyen d'instruments stérilisés.
"Elles sont parfois faites avec des lames de rasoir, des couteaux de cuisine (...) nous ne pouvons imaginer ce que c'est", a déclaré Mme Cardinal.
Les organismes humanitaires affirment détenir des informations crédibles qui indiquent que le taux de femmes ayant subi l'excision en Guinée est de plus de 95 pour cent.
Mme Toure, qui est aussi mère d'un garçon de neuf mois, pourrait être déportée au début de juillet.
Source : http://www.tqs.ca
Pour www.nlsguinee.com