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    Guinée : Quelle réforme pour la Banque centrale de la République de Guinée en vue de la promotion d’un véritable développement du pays

     samedi 02 juin 2007   

    L’objectif de cet article n’est pas de ressasser les nombreux échecs en termes de résultats, des différentes politiques ou interventions de la Banque centrale de la République de Guinée (BCRG) depuis sa création en 1960, mais de poser quelques questions jugées pertinentes, selon l’auteur, afin d’éclairer les décideurs politiques et l’opinion publique sur les véritables enjeux des réformes à engager dans les domaines monétaire et financier.

    A ce jour, il faut avoir le courage, au-delà du satisfecit lié aux conditions historiques de création de notre Banque centrale en 1960, de reconnaître l’ « échec » ou la grande faiblesse de ses résultats dans ses domaines d’intervention réglementaire tels que le contrôle de l’inflation via une bonne conduite de la politique monétaire, la libéralisation du système de change, la surveillance du système bancaire, la gestion efficiente des réserves de change de la nation et la capacité de gestion d’un projet commun d’intégration monétaire régionale ou sous-régionale.

    En effet, en Guinée, depuis sa création, la Banque centrale a subie diverses modifications de son statut ou de ses « statuts » (notamment en 1961, 1980, 1985 et 1994) sans succès dans la résolution des vrais problèmes auxquels elle est confrontée. Dans ces conditions, la question majeure qui se pose présentement, est de savoir ce que peut faire la nouvelle Commission Indépendante créée le 04 mai 2007 par le Premier Ministre pour la revue des statuts et de la politique monétaire de la BCRG… A mon avis, pour répondre à cette interrogation, il est important que les autorités monétaires et gouvernementales ainsi que les membres de ladite Commission se posent cinq (5) principales questions :

    - Quel type de Banque centrale voulons-nous pour notre pays (indépendante ou dépendante de l’Etat) ?

    - Quelle politique monétaire doit-elle conduire pour faciliter la réalisation des objectifs généraux de la politique économique du gouvernement dans la promotion d’un véritable développement socio-économique durable et soutenable ?

    - Quel type de système bancaire commercial (y compris la question des sociétés d’assurance) faut-il promouvoir et surveillé dans le cadre du développement du pays ?

    - Quelle politique de change promouvoir afin d’assurer la stabilité du taux de change ou la stabilité externe de la monnaie ?

    - Enfin, quel rôle pour la Banque centrale dans la satisfaction des engagements pris par la Guinée dans le cadre de la Zone Monétaire Ouest Africaine (ZMAO) ?

    Ces questions sont importantes car diverses réformes menées en Guinée depuis l’indépendance à la fois par les Gouvernements successifs et par les partenaires au développement tels que le FMI et la Banque mondiale ont échoué à cause d’un examen insuffisant de certains paramètres. Dès lors, les paramètres suivants ont fait l’objet d’une attention insuffisante en Guinée en matière de réformes économiques, sociales, monétaires et financières : i) poser de bonnes questions ; ii) bien identifier les parties prenantes afin d’évaluer correctement les impacts des réformes ; iii) bien comprendre les canaux de transmission des réformes ; iv) évaluer les risques avec rigueur et v) favoriser un débat public informé sur le choix des politiques à mener.

    En matière de réforme de notre Banque centrale, poser de bonnes questions revient à identifier avec une exactitude suffisante le ou les problèmes qui méritent une solution. Cela permet d’éviter des diagnostics erronés concernant les problèmes à résoudre. Toutefois, à ce niveau, le lecteur est invité à pardonner l’absence d’une réponse exhaustive à chacune de ces questions soulevées ci-dessus, car à mon sens, un des principaux rôles de l’économiste est de savoir poser des questions qu’il juge pertinentes pour l’amélioration de la visibilité, sans pour autant prétendre apporter des solutions « miracles » qui n’existeraient pas dans l’absolu.

    Cela étant dit, pour revenir à la première question soulevée ; question importante dans la mesure ou toute réforme de la Banque centrale doit commencer par le choix d’un statut clair concernant son autonomie (qui peut être totale ou partielle) ou son absence d’autonomie (dépendance totale) vis-à-vis de l’Etat. Dans le cas de notre BCRG, les autorités préfèrent parler d’autonomie financière tout en conservant les dispositions de l’Article 6 des statuts de l’institution qui stipule que : « le capital de la Banque centrale est fixé à cinq milliards de francs guinéens. Il est entièrement détenu par l'Etat. Ce capital peut être augmenté par incorporation de réserves ou autrement sur décision du Conseil d'administration de la Banque centrale ». A ce niveau, le véritable problème ne réside pas dans le fait que notre BCRG soit dépendante de l’Etat, car dans de nombreux pays dits développés (à l’exception des Etats-Unis et de l’Europe en particulier) et sous-développés, les Banques centrales sont dépendantes des Etats. Pour autant, un meilleur encadrement institutionnel de cette relation de dépendance et une solide cohérence des politiques monétaires et budgétaires permettent à ces pays d’asseoir les bases d’une croissance économique viable. Cela veut dire que dans notre pays, la dépendance de la BCRG peut être maintenue (le débat est ouvert) car comme le soulignait H. POINCARRE, « la monnaie est trop importante pour la laisser dans les mains des banquiers centraux ». Cependant, cette dépendance ne doit pas être sauvage comme c’est le cas actuellement en Guinée. En revanche, le respect scrupuleux d’un des Articles issu des statuts de la BCRG et consigné dans la loi de finances de chaque année peut limiter les dérapages financiers dans les relations entre le Trésor Public et la BCRG. En effet, l’Article 28 des statuts de la BCRG indique que : « la Banque centrale consent des avances à l'Etat, tous concours confondus jusqu'à concurrence de vingt pour cent (20 %) des recettes budgétaires constatées au cours de l'année budgétaire écoulée ». Le problème est que cette contrainte de limitation des avances de la BCRG à l’Etat n’a presque jamais été respectée comme le montre les exemples suivants.

    Concernant ces avances, au mois de décembre 2001 par exemple, l’endettement du Trésor public vis-à-vis de la Banque centrale avait atteint 274 milliards de francs guinéens, alors même que l’autorisation donnée par la loi de finances (en application de l’Article 28) indiquait un montant qui ne pouvait excéder 126 milliards de GNF (soit une infraction à cette loi de près de 117,4%) . Trois ans plus tard, l’infraction est encore plus prononcée, car en décembre 2004, l’endettement du Trésor vis-à-vis de la BCRG atteint un niveau record de 467 milliards de francs guinéens contre 150,82 milliards autorisés par la loi de finances de l’année . Au même moment, le secteur privé ne reçoit des banques que 22,5 milliards de francs, ce qui montre qu’en Guinée, le principal responsable de l’inflation est l’Etat. Cette inflation est aggravée par le fait que ces considérables avances au Trésor sont souvent financées par la planche à billets (création de monnaie ex-nihilo). Ces deux exemples montrent que le respect de l’Article 28 permettra de limiter considérable la progression de la masse monétaire et responsabiliser la relation de dépendance. Pour cela, il faudra que l’Assemblée Nationale, à travers la Loi de Règlements qui exerce un contrôle à posteriori de l’exécution du budget de l’Etat, prenne ses responsabilités. C’est aussi le cas de la Cour des Comptes (ou la Chambre des Comptes) qui doit également prendre ses responsabilités en la matière.

    S’agissant des questions relatives à la conduite de la politique monétaire et à celle du système bancaire, elles feront l’objet d’une prochaine communication. Pour dire quelques mots concernant les deux dernières questions sans abuser du temps du lecteur, en Guinée, le véritable problème au niveau de la politique de change est celui d’une absence ou d’une insuffisance chronique des réserves de change de la BCRG afin de défendre sur les marchés monétaires, la valeur externe de notre monnaie (le taux de change). En effet, à l’image de divers pays depuis la fin effective du système de Bretton Woods en 1973 (accords de Washington), l’adoption du système de change flottant impur par la Guinée exige la détention de réserves de changes. Aussi, l’autre volet de la question des changes en Guinée est celui relatif à l’anarchie dans l’existence des marchés parallèles de changes et à leur hypertrophie (développement anormal).

    Concernant ce dernier volet, en Guinée, l’hypertrophie des marchés parallèles de change peut être expliquée par deux causes essentielles : une préférence injustifiée des opérateurs économiques et des membres des « anciens » gouvernements pour les devises, et un contrôle insuffisant des activités de change. Au sujet de la préférence pour les devises, elle répond principalement aux besoins sans cesse croissants des membres du gouvernement d’alimenter leurs comptes personnels et de conserver leurs biens immobiliers à l’étranger. Dans cette optique, ce sont souvent des cadres de la hiérarchie supérieure de l’Etat qui fournissent chaque jour des millions de GNF aux cambistes informels en contrepartie de devises (euros, dollars, etc.), ce qui rend cette activité lucrative aux yeux du grand public. Avec un différentiel de change de plus de 25% au détriment du marché officiel et une absence de politique rigoureuse de change, plus de la moitié des acteurs économiques guinéens et internationaux choisissent le marché parallèle pour effectuer leurs opérations de change. Résultat, le franc guinéen a subi une dépréciation importante compte tenu de son offre élevée sur le marché des changes. Pour résoudre ces problèmes, une meilleure régulation des marchés parallèles et une diversification des techniques d’intervention de la BCRG en la matière sont souhaitables.

    Enfin, concernant la dernière question soulevée, et comme par amnésie générale de l’administration et des autorités monétaires, à ce jour, les préoccupations relatives au respect des engagements pris par la Guinée dans le cadre de la ZMAO sont inexistantes. A ce sujet, il est souhaitable que le Premier Ministre inscrive dans la feuille de route de la nouvelle Commission Indépendant de révision des statuts de la BCRG, la recherche des modalités par lesquelles notre pays, à travers une BCRG responsable, peut respecter les engagements pris. Cependant, cela ne veut pas dire que je défends dans l’absolu le projet de la ZMAO ; projet qui doit être publiquement discuté en vue d’une identification sérieuse des intérêts ou des coûts d’opportunité futurs pour notre pays. En s’engageant dans un tel projet, les autorités monétaires renoncent à l’utilisation souveraine de la politique monétaire et de change dans la lutte contre les chocs asymétriques et exogènes.

    Par BADARA DIOUBATE, France
    Docteur en sciences économiques
    Professeur à Reims Management School-France
    Pour www.nlsguinee.com


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