Guinée : DÉTOURNEMENT DE 13 MILLIONS À SARÉKALY (TÉLIMÉLÉ): LE SOUS-PRÉFET INDEXÉ PAR LES CITOYENS.
28 septembre 2005
Alors qu’en début d’année les citoyens de Télimélé se levaient contre le préfet d’alors, Issiaga Mara, cette fois c’est dans une sous-préfecture située à cinq kilomètres du centre ville que les citoyens se sont levés pour exiger du sous préfet de Sarékaly des explications sur 13 millions de francs payés au titre de l’IMDL. C’est du moins ce que nous ont déclaré certains citoyens de Sarékaly. Le sous-préfet, déjà accusé d’autres agissements peu honorables, a préféré dribbler les contestataires pour « aller voir son chef hiérarchique ».
La sous-préfecture de Sarékaly est confrontée à d’énormes difficultés dans son processus de développement. C’est pourquoi ses citoyens résidents et ressortissants se battent pour faire face à certains impératifs, notamment socio-éducatifs. Ainsi, hormis les écoles primaires, les postes de santé et les mosquées construites çà et là dans les différentes localités, les citoyens, avec l’appui financier des ressortissants établis en Angola, ont commencé, depuis 2001, l’extension et la rénovation des salles de classe du collège de Sarékaly.
C’est justement pour finaliser ces travaux que les cadres de la sous-préfecture ont demandé à la CRD d’orienter l’impôt minimum pour le développement local (IMDL) à l’achèvement des salles du collège avant la rentrée scolaire. Malheureusement, les multiples appels des cadres n’ont rien pu devant ce que certains ont qualifié de « refus catégorique d’un sous-préfet qui se sait coupable ». C’est pourquoi, après moult tentatives, les cadres de la sous-préfecture, très décidés, n’ont pu que rencontrer l’administration sous-préfectorale en dehors du principal concerné, Kerfala Sangaré.
À l’issue de débats houleux, le sous-préfet adjoint aurait reconnu qu’il n’y avait aucun franc dans la caisse et qu’on ne pouvait donner des explications que sur deux millions. Pour sa part, le président de la CRD n’a pas caché son amertume et s’est indigné que la sous-préfecture profite de son absence pour limoger son trésorier juste pour mettre la main sur l’argent du contribuable. Enfin, le porte-parole des cadres a exigé, au nom de ses collègues et l’ensemble de la population de Sarékaly, que la lumière soit faite sur la destination des treize millions et surtout que les salles de classe soient achevées pour que les élèves puissent recevoir convenablement tous les cours programmés.
Aux dernières nouvelles, le préfet aurait entendu Kerfala Sangaré, dont le nom est cité dans d’autres actes peu recommandables.
Espérons que le préfet, ayant probablement tiré les leçons de son prédécesseur, trouve la sagesse nécessaire pour éviter que de telles pratiques ne freinent le développement local, finalité de la décentralisation.
Nouhou Baldé
L'Observateur
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