lundi 28 mai 2007
Aujourd’hui le peuple guinéen retient son souffle depuis que son gouvernement s’est retiré dans la cité balnéaire de ''Bel Air'' pour se pencher sur les problèmes de la Guinée qui ne sont plus un mystère pour le commun des mortels.
Rien ne sert de bien s’entourer de toutes les attentions médiatiques ou folkloriques si le peuple n’y trouve pas son compte. Les bonnes intentions ne suffisent pas si elles ne sont pas réalisées ou n’aboutissent qu’à des résultats fâcheux.
Mais dans les faits, les gens ne semblent pas prêts de s’accepter, le développement d’un pays a besoin du concours de tous les fils et le besoin de se faire aider doit prévaloir sur le complexe individuel et l‘égoïsme.
Le scepticisme prend le dessus sur la logique à cause d’une insuffisance de connaissance de l’autre ou le refus de s’y admettre conséquence de l’absence d’ouverture d’esprit. Et de fil en aiguille, lorsqu’il arrive de s’interroger sur les affaires de l’État, nos dirigeants doivent jouer sur les compétences et placer l’intérêt de la nation au-dessus de tout. Mais le regret c’est de voir ces mêmes dirigeants jouer sur l’affinité, ou céder à l’égoïsme tournant ainsi le dos à tous ceux qui ne leur ressemblent pas ou essaieront de leur tenir tête quand les points de divergence éclatent.
On dit bien et ce n’est pas un vain mot, les fausses promesses, les discours creux, les intrigues et les gestes échappatoires ne nous endormiront plus et ne seront plus tolérés. Rien ne sera plus comme avant, le peuple veillera toujours au grain, cette retraite du gouvernement à ''Bel Air'' avec tout ce que cela coûtera aux contribuables guinéens ne va pas nous distraire.
Le retour à petit pas des démons, est une réalité à nos jours et contraire, à la vocation du peuple et au sang versé des martyrs. Mais les mentalités peuvent évoluer si dans les instances politiques, on en fait un vrai souci. Le changement des mentalités doit s’opérer du sommet à la base, le 1er ministre doit être un model, tous les membres de son gouvernement dans les circonstances actuelles devraient présenter leur avoir et ainsi la corruption sera endiguée et le doute sera levé.
Aujourd’hui partout dans les pays réputés corrompus comme le nôtre, cette vérification des biens des ministres est très importante dans la mesure où le gouvernement se réclame lutter contre la corruption et tout ce qui s’ensuit comme tare de notre société.
Aussi, si nous acceptons de prendre du champ afin de mieux constater l’état dans lequel se trouve notre pays ou plutôt notre population, allons-y voir comment vivent nos parents et grands-parents dans les campagnes. Ils sont nés dans la misère, ont grandi dans la torture des souffrances morales et corporelles et rendrons probablement leur dernier soupir dans les mêmes conditions. Tout cela à cause d’un mauvais pilotage de notre pays depuis, voilà, 50 ans.
Les signes d'impatience se font voir et le peuple est las d'attendre. N’ayons plus confiance en qui que ce soit en lui accordant un chèque blanc. Aimons notre pays et considérons que seul, le bonheur du peuple nous préoccupe.
Pourtant, nous sommes peu nombreux dans ce pays regorgeant d’énormes potentialités humaines et matérielles et autrefois appelé scandale géologique, pour aboutir à un développement rapide et subvenir à nos besoins, n'eut été l'égoïsme de nos dirigeants.
Au lieu de passer au crible le programme de gestion du gouvernement, on préfère mieux regarder de quel bord il vient et ainsi jeter l’anathème sur celui qui n’est pas des nôtres. Pour un patriote celui qui n’est pas des nôtres est celui-là qui se laisse piquer par le virus de la corruption et du complexe, au besoin renforcer la méfiance pour "griller" à jamais toute velléité de rompre avec la tendance pourtant décalée et infructueuse.
Nous n’accepterons plus que cette tendance qui continue malheureusement à faire son bonhomme de chemin nous emballe dans sa chute. Cette tendance veut maintenir les rênes du pouvoir dans son camp, ce qui fait qu’il n’est pas rarissime de remarquer des adhésions fondées sur le strict critère du matériel ou d’appartenance régionale, si ce n’est sur d’allégeance ethnique.
Certes, il est une règle démocratique d’exprimer sa préférence à une formation politique susceptible de mieux prêter l’oreille aux revendications de la population, mais pour le cas de notre pays, le problème est plus matériel que conviction. Une mauvaise gouvernance à l’administration centrale souligne à suffisance l’exemple d’entorses à tout développement.
Bientôt 50 ans jour pour jour on préfère toujours entendre le seul son de cloche sommes-nous cette fois prêts à régler nos petits trucs et de changer de mentalité afin de passer à la vitesse supérieure ? Oui, voyons, puisque rien ne semble nous priver de cet espoir ! Bien sûr, encore faut-il que l’exigence de raison et de justice arrive à trouver un écho chez nos dirigeants.
Ce qui donne l’impression que chacun cherche plutôt à protéger ses troupeaux, s’il le faut, à couteaux tirés ! Et la base qui n’a jamais eu d’instruction pour l’édification d’une véritable cohabitation ne saurait que se nourrir de suspicions.
De grâce, libérons notre peuple de son fourvoiement et indiquons-le le chemin du salut. Et ce dernier se trouve indubitablement dans notre disposition à nous accepter dans nos différences. C’est une étape, on ne peut plus capitale, pour déboucher au bonheur tant attendu par le peuple.
Mohamed "Joe" Sidibé, USA
Pour www.nlsguinee.com