dimanche 27 mai 2007
L'Assemblée Nationale a deux fonctions fondamentales. Elle légifère. Il est de son ressort par conséquent de voter les lois proposées par le pouvoir exécutif. Elle a pour rôle également de contrôler ce dernier. Il s'agit bien là, de deux prérogatives majeures dans le fonctionnement de cette institution et de la République. Cette dernière repose d'une certaine manière sur la séparation des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire.
La surprise que ce parti moribond (PUP) vient de faire est la désignation d'un carrent, d'un constipé intellectuel à la tête de cette association qui a ruinée pendant 23 ans ce beau pays.
On a fortement l'impression qu'il y a une confusion inconsciente entre les lignes des propos des uns et des autres. Le législatif dont le mandat est de légiférer et d'exercer le contrôle sur l'exécutif a-t-il réellement les moyens de défendre le consommateur confronté à la vie chère, au chômage et aux délestages récurrents ?
Rien n'est moins sûr à l'état actuel des choses. De ce côté, ce choix met à nu l'ignorance de notre classe politique. On ne voit pas comment, l'Assemblée nationale peut franchement prendre en charge l'élaboration de politiques allant dans le sens de réduire les prix des denrées de première nécessité. Encore moins proposer au gouvernement une politique d'emploi.
Cette confusion entre le rôle du parlement et celui du principal chef de l'exécutif est profondément ancrée dans la culture politique. Au-delà de cette carence notoire, on peut noter une autre faiblesse de taille. Notre pays n'a pas réellement d'hommes préparés à exercer le métier de parlementaire. C'est un métier. Il est différent du profil de ministre, de gestionnaires de grandes entreprises ou de diplomate. Et, ce déficit est d' une gravité sans précédent.
Tous les chefs de parti et leurs responsables à l'échelle nationale ou régionale, sont convaincus qu'ils doivent être au moins députés à défaut d'être chef de gouvernement ou ministre. Le résultat auquel aboutit cette vision politicienne est la guerre larvée dans tous les partis. Il faut être quelque chose à tout prix et non comme les opportunistes comme Sylla Mamadou (assassin de l'économie guinéenne. Et, pourtant n'est pas parlementaire qui veut.
Pour être en mesure de voter des lois, il faut nécessairement avoir une certaine connaissance, voire une expertise en matière de droit. On comprend alors la racine politique de la chambre d'applaudissement que nous ne cessons de dénoncer d'une législature à une autre.
Quand on ne sait rien de cette fonction essentielle dans un système démocratique, on doit logiquement pour la forme, assister aux débats parlementaires en étant absent intellectuel et moralement des débats de l'institution parlementaire. Etre député, c'est aussi connaître le pouvoir exécutif, c'est aussi le porte-étendard du peuple qui l'a mandaté.
En ignorant tout de ce dernier, son fonctionnement, ses mécanismes les plus complexes, on ne peut naturellement penser à le contrôler. On se confinera à voter toutes les lois soumises par le chef de l'Etat et son gouvernement, histoire au moins de gagner sa vie et de jouir de privilèges non mérités. Dans ces conditions d'ignorance du rôle de l'Assemblée et d'exploitation des dures conditions de vie des populations en général et singulièrement les plus pauvres, il est urgent que la classe politique prenne conscience des fonctions de l'Assemblée en rompant d'abord avec cette confusion entretenue à souhait sur les enjeux de la campagne des législatives.
A chaque campagne on promet pour tromper le peuple. On aurait bien souhaité que les partis mettent au moins au devant de la scène certaines préoccupations légitimes que l'Assemblée devra un jour ou l'autre prendre en charge.
Que faire face aux prisons pleines de jeunes ? Elles sont pleines d'enfants et d'innocents non encore jugés. Quelles réponses juridiques et politiques africaines à l'émigration rudement mise à l'épreuve des lois européennes ? Que dire de la décentralisation et ses transferts jamais réalisables et de l'intégration africaine ?
Voilà, autant de questions et bien d'autres qui interpellent tout député aspirant à accompagner la citoyenneté renaissante en guinée, en Afrique et dans le monde.
Quelle place pourra occupée ce Mamadou Sylla devant notre humble future assemblée nationale?
Aux cadres du PUP l'Assemblée Nationale n'est pas un troupeau où se croisent les bêtes sauvages, lisez l'esprit de lois de Montesquieu.
Bonne lecture!
Alpha Kabinet Sidimé, depuis Dakar
Contact:alpha.sidime@gmail.com
Pour www.nlsguinee.com