samedi 26 mai 2007
Principe fondamental reconnu par la constitution, la liberté d’association trouve son expression la plus active dans les partis politiques. Ces derniers constituent un contrepoids nécessaire qui permet de réguler le jeu démocratique. Ils sont un rempart contre les possibles excès du pouvoir politique. Les partis politiques quand ils jouent leur rôle, contribuent à d’équilibre social. Ces types d’associations concourent à la formation de la volonté politique du peuple.
A ce propos, Alexis De Tocqueville souligne que : « Dans les pays démocratiques, la science de l’association est la science mère ; le progrès de toutes les autres dépend du progrès de celle -là. Parmi les lois qui régissent les sociétés humaines, il y’en a une qui semble plus claire et plus précise que toutes les autres. Pour que les hommes restent civilisés ou le deviennent, il faut que parmi eux l’art de s’associer se développe et se perfectionne…. . ».
En d’autre terme, les associations comme les partis politiques protègent les citoyens contre l’oppression dans les pays démocratiques. Elles évitent un éventuel face-à-face entre l’individu et le pouvoir politique. Car, c’est à travers les associations que les besoins des populations s’expriment.
A ce sujet également l’auteur réitère que : « Il n’y a pas de pays où les associations soient plus nécessaires, pour empêcher le despotisme des partis ou l’arbitraire du prince, que ceux où l’Etat social est démocratique ».
Ainsi, dans nos sociétés actuelles la forme la plus visible et la plus active de l’association est : le parti politique. Un parti politique est par essence un groupement volontaire de citoyens. Des hommes et des femmes qui partagent les mêmes convictions, décident de se regrouper pour les répandre ou de les défendre en commun. C’est acceptable, salutaire et respectable dans une société dite démocratique de disposer d’une palette de partis politiques concurrents qui confrontent leurs idéologies et leurs programmes.
Dans un pays comme la guinée les partis politiques ont contribué massivement à notre trajectoire démocratique, cela est à reconnaître. En fait, tout système de type démocratique fait du changement une valeur fondamentale. Ce changement devrait impérativement s’imposer dans la plupart des formations politiques qui veulent se lancer dans la compétition électorale. Surtout après une défaite aussi inattendue et chaotique de la dernière présidentielle.
Cette débâcle ne signifie pas une faillite ou une désuétude de leurs programmes respectifs. Au contraire ces leaders et chefs de partis ont porté haut le combat des idées avec dignité et moralité. Ainsi, devant la léthargie d’une opposition aux dérives de la majorité, deux risques guettent inévitablement la scène politique guinéenne. D’abord le maintien de cette situation décourage le militantisme des citoyens et accroît leur désintéressement puisqu’ils n’attendent plus grand-chose de la vieille classe politique.
Ensuite l’immobilisme de cette opposition favorise le rôle du parti unique puisque le PUP gouverne actuellement sans contrepouvoir réel. Si rien n’est fait nous allons droit vers une affreuse situation liberticide où l’Etat sclérose toute velléité d’opposition si non un Mamadou Sylla ne songera pas ce poste.
Enfin, dans une certaine mesure la sinistre défaite de l’opposition guinéenne est une sanction populaire qui fait suite à leurs querelles de leadership, leur manque d’esprit d’ouverture et de renouveau. Cette opposition en désordre de bataille renforce l’ascendance de Conté, qui a du mal à trouver un alter ego crédible sur le champ politique. Face à cette situation, l’heure de la seconde vague à sonner.
Des hommes et femmes jeunes, compétents, dévoués, des idées et orientations nouvelles sont les seuls gages d’une démocratie interne (au sein des partis) et externe (au niveau national). Car, dans une démocratie, chaque génération a une lutte qui lui est propre. Présentement, ce combat politique revient à la jeune génération mais elle se heurte au défi de la démocratisation au nom de quoi ces leaders se réclament.
En somme, le pays a besoin d’une opposition forte susceptible d’infléchir les décisions arbitraires de cet Etat centralisateur qui annihile toute forme de altérité. Comme disait à juste raison Montesquieu « si dans l’intérieur d’un Etat vous n’entendez le bruit d’aucun conflit, vous pouvez être sûr que la liberté n’y est pas. »
Alpha Kabinet Sidimé, depuis Dakar
Contact : alphakankan02@yahoo.fr
Pour www.nlsguinee.com