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Guinée : INTERVIEW DE JEAN MARIE DORÉ, PORTE PARLE DU FRAD

 27 septembre 2005  

« Nous ne pouvons pas participer à des élections qui n’en sont pas ! Notre problème n’est pas le délai, mais la CENI » Au moment où les populations guinéennes et les observateurs s’interrogent sur la participation ou non de l’opposition guinéenne aux élections communales et communautaires, votre hebdomadaire a reçu le porte parole du Front républicain pour l’alternance démocratique (FRAD). Dans cette interview, Jean-Marie Doré dit sans ambages que l’opposition est prête à boycotter ces élections si une commission nationale électorale indépendante (CENI) n’est pas mise en place pour diriger tout le processus électoral.

L’Observateur : M. le secrétaire général de l’UPG, on tend vers les élections communales et communautaires. Quelle est la position du FRAD par rapport à ces élections ?

La position du FRAD est connue. Compte tenu du bilan de la gestion de la démocratie en Guinée, en particulier depuis l’élection présidentielle de 1993, les élections législatives et communales de 1995, puis le renouvellement du Parlement en 2002 dans les conditions désastreuses que chacun sait, avec, entre parenthèses, le référendum hautement – ou bassement – frauduleux pour le renouvellement du mandat du président de la République en 2001, nous avons tiré une seule leçon : pour qu’il y ait des élections en Guinée, à l’avenir, qui tiennent compte du vote du peuple et qui soient enregistrées comme telles, il faut obligatoirement une commission nationale électorale indépendante, c’est-à-dire qui exclut d’une façon essentielle la participation exclusive du gouvernement. On peut à la limite prévoir un espace de participation du gouvernement, mais que ce ne soit pas le gouvernement qui fasse le recensement, qui garde le fichier électoral, qui organise, supervise et proclame les résultats provisoires.

Malheureusement, le gouvernement, pour éviter d’être contraint à ces exigences-là, a ameuté beaucoup de partis à sa dévotion. Ils ont tenu une réunion au Palais du peuple. Ils ont présenté une CENA, une commission électorale nationale autonome. Une manière de recolorer l’ancienne commission nationale électorale, qui était sous la coupe du ministère de l’Administration du territoire. Donc, ça ne veut rien dire !

Devant le rapport du comité du dialogue qui avait été présenté au ministre de l’Administration du territoire et qu’il veut présenter comme un consensus national (qui pourtant n’est même pas un début de consensus), nous avons écrit aux bailleurs de fonds pour dire que nous sommes prêts à participer aux élections communales et communautaires si les conditions de légalité sont clairement établies : ce sont, entre autres, la mise en place d’une commission nationale électorale indépendante (CENI), parce que nous ne voulons pas participer à des élections truquées. Et le ministre a pensé qu’on s’est adressés aux bailleurs de fonds, qu’on ne s’est pas adressés à eux. C’est pourquoi nous avons écrit une lettre au ministre qu’on va déposer ce lundi pour lui rappeler les conditions auxquelles l’opposition nationale ira ou n’ira pas aux élections.

Je crois que M. Kiridi Bangoura est suffisamment instruit pour savoir ce que parler veut dire. Vous savez bien qu’il a fait un parcours universitaire clair. C’est un bon sociologue. Si c’était quelqu’un comme son prédécesseur, qui était un simple moniteur d’enseignement, bon danseur et mauvais guitariste, on pourrait alors s’échiner à lui expliquer la signification sémantique des mots. Mais avec ce ministre de l’Administration du territoire et de la Décentralisation, nous n’avons pas à nous préoccuper de ce que veulent dire les mots…

La télévision nationale nous montre quotidiennement des meetings de sensibilisation sur les préparatifs de ces élections…
Mais oui ! C’est un monologue. Ils sont habitués à ça. Vous savez que la télévision leur appartient, les gens qui parlent à la télévision sont pour eux, ce ne sont pas des opposants. Est-ce que vous avez vu un opposant donner là-bas son opinion ?

Justement, un leader charismatique comme Bâ Mamadou est intervenu…

Bâ Mamadou est charismatique, mais je ne veux pas parler de Bâ parce que je ne voudrais pas ouvrir un débat inutile. Bâ parle au nom de la mouvance présidentielle puisqu’il l’a rejointe ! Vous comprenez, ça ne m’intéresse pas. Je ne veux pas avoir de débat avec le doyen Bâ. Alors, s’il vous plaît, ne le citez pas ! Je vous parle des partis que je connais à Conakry et sur le terrain. Si M. Alpha Condé, Sidya Touré, Bah Ousmane ou Jean-Marie Doré dit qu’il va aux élections, ça a une signification électorale géographique. Alors, je respecte M. Bâ Mamadou pour ce qu’il a été, son âge, sa formation ; mais s’il vous plaît, ne l’entraînez pas dans un terrain où, à mon avis, il n’a rien à voir. J’y tiens, sincèrement !

Cela veut dire pour vous que la « défection » de M. Bâ Mamadou ne réduit pas l’opposition ?

Mais elle peut être réduite par rapport à quoi ? Alpha Condé tient la Haute Guinée, Sidya Touré tient la Basse Guinée, Bah Ousmane tient la Moyenne Gguinée, Jean-Marie Doré tient la Forêt. A partir de là, qui tient quoi ?

Est-ce que sans une CENI l’opposition boycottera les élections ?

Nous ne pouvons pas participer à des élections qui n’en sont pas !

Croyez-vous alors à la possibilité de créer une CENI d’ici la fin de l’année ?

Le problème n’est pas une question de délai. Le problème, c’est la création d’un organe électoral crédible qui fasse autorité et qui impose ses décisions à tous les acteurs politiques. Qu’on fasse les élections maintenant, en octobre, en décembre, en janvier, en février ou en mars n’est ce qui importe. Ce qui est important, ce sont les conditions claires dans lesquelles on va aux élections, élections dont les résultats ne seront pas contestables. Donc, pour nous, le destin de la Guinée n’est pas lié à ces élections. L’essentiel n’est pas la précipitation des élections. Ce qui est grave, c’est le sabotage du consensus national.

Or, aujourd’hui, ce gouvernement se croit comme sur une scène de théâtre où chacun vient réciter sa partition puis va vers le rideau.

Il y a des événements graves aux États-Unis. La Guinée qu’on connaît réduite à rien, pauvre, qui n’a pas un rond à la Banque centrale, qui n’a un rond nulle part, prend 500 000 dollars pour en faire cadeau à M. Bush. Alors que ce que l’Amérique attendait de nous, c’était que le gouvernement, les partis politiques, les députés et tout le monde se rendent à l’ambassade américaine pour présenter leurs condoléances au peuple américain. Le ridicule n’a jamais tué personne dans ce pays ! Est-ce que vous croyez que ce n’est pas se moquer du peuple de Guinée ça ? Cette Guinée qui se met à genoux pour quémander 30 dollars à la Banque mondiale et au Fonds monétaire prend cinq 500 000 dollars pour en faire cadeau à l’Amérique. Même les Américains ont été les premiers à ne rien comprendre à la démarche du gouvernement guinéen.

Donc, pour en revenir aux élections, le problème de fond n’est pas de faire les élections en octobre ou en décembre. Qu’on comprenne une fois pour toutes qu’un pays ne peut pas être géré par des gens qui ont été imposés. Tous les maires de Conakry ont été nommés. Vous croyez qu’on va continuer à rester dans cette spirale de comédie sans jamais en sortir ?

Justement, qu’est-ce qui adviendrait si le gouvernement organisait les élections en méprisant vos revendications ?

On verra à ce moment-là. On va voir si le gouvernement est propriétaire du sol guinéen.

Mais vous aviez boycotté l’élection présidentielle de 2003 et le gouvernement l’a organisée !

S’il vous plaît, il n’a qu’à faire les élections comme il l’entend, nous verrons !

Le FRAD vient d’organiser ici une conférence de presse. Entre autres, vous avez proposé un gouvernement consensuel de transition. Quelle suite avez-vous donnée à cette proposition ?

Vous savez, la scène politique guinéenne est très étonnante. Des partis politiques qui veulent le changement mais en s’encrant dans la légalité, vous leur demandez… Vous pensez que nous voulons prendre le fusil pour obtenir le changement ? Mais, quand vous voyez la misère talonner, non pas un secteur de la nation, mais la totalité des secteurs de la nation, que les taxes minières ne rentrent pas, que la maladie est présente dans chaque famille, que la délinquance gangrène l’administration et les corps vitaux de l’État, vous ne pensez pas que nous avons été des gens extrêmement intelligents de penser à la transition ? Parce que vous ne voyez pas du jour au lendemain ce qui va advenir de la Guinée ? Vous, vous pensez seulement que si l’opposition parle de transition, elle va prendre des mitraillettes pour déposer le gouvernement !

Non. Nous avons fait une analyse en tenant compte de tout ce qui est susceptible de culbuter le pays. Et si le pays est culbuté demain à la faveur de n’importe quel événement, il ne faudrait pas que la Guinée vive dans le chaos. C’est pourquoi nous avons balisé le chemin pour faire face à n’importe quelle situation qui pourrait se présenter. Vous savez, le gouvernement croit avoir bâillonné les syndicats, les travailleurs, les chômeurs, mais un jour tout ce monde va se lever… et une situation peut se créer. Il faut gérer cette situation dans un contexte prédéfini.

Vous aviez applaudi en son temps la nomination de Cellou Dalein Diallo à la Primature. Quel est aujourd’hui votre constat quant aux prestations du Premier ministre ? Je n’ai pas applaudi la nomination de M. Cellou Dalein Diallo. M. Cellou Dalein Diallo est un ami à moi, mais il est dans le mauvais camp. Cependant, puisque c’est mon ami, je tiens à ce qu’il réussisse. J’ai dit devant la télévision, la radio nationale et dans vos colonnes que c’est un garçon fin, raffiné, qui vient d’une excellente famille – je suis sensible à ces éléments-là – et que si on le laisse travailler, il va réussir.

Mais est-ce qu’on le laissera travailler ? Donc, le bilan de M. Cellou est fonction de la situation générale du gouvernement. On a un gouvernement dans lequel il n’y a pas de discipline, où le Chef qui a l’initiative n’est jamais là. Il vient de bonne heure à Conakry, il passe la nuit et puis le lendemain de bonne heure il retourne dans son champ, laissant le gouvernement sans chef – parce que Cellou Dalein Diallo n’est pas chef du gouvernement, il est chargé de la coordination de l’action gouvernementale en vertu d’une incise de la Constitution, il n’a aucun pouvoir par lui-même. Donc, je crois que ce serait le provoquer que de parler de son bilan. Son bilan c’est la marge de manœuvre que lui laisse M. Lansana Conté. Et comme M. Lansana Conté occupe tout, alors vous comprenez…

Sur le plan financier, le président Conté a dit devant vous que « les ministres sont des voleurs, ils volent tout ». C’est le Président, chargé du contrôle, qui dit que les ministres volent et que lui il ne vole pas, il prend. Seulement, il ne nous a jamais dit s’il prend à main armée, s’il prend masqué, s’il prend par effraction, s’il agit de nuit, seul ou en groupe, s’il le fait en association avec d’autres preneurs… Alors, comprenez ce que peut faire un gouvernement de voleurs piloté par un chef non voleur mais preneur devant l’éternel !

C’est pour cela que le gouvernement a perdu toute légitimité populaire. C’est pourquoi, aujourd’hui, pour épargner au peuple de Guinée les affres du désordre, M. Lansana Conté n’a qu’à démissionner. Il faut qu’il démissionne parce qu’il n’est capable aujourd’hui que de prendre ! Donc, en bref, parler d’élections où il n’y a aucune garantie de respect du suffrage des citoyens, où le gouvernement fait semblant d’organiser des élections pour proclamer demain qu’il a toutes les mairies, qu’il est fort dans le pays et que le pays est fier de lui, il faudrait que ce pays qui est fier de lui soit un pays maudit où vous prenez celui qui vous affame pour le mettre à la mairie !

Demandez aux maires d’aujourd’hui, quels qu’ils soient, de présenter un bilan. Quel est le maire qui, avec les recettes de sa mairie, a goudronné un kilomètre de route ? Il n’y en a pas ! Qui a fait des adductions d’eau, qui a construit des hôpitaux ?

Aucune mairie. Parce que les mairies sont devenues des appendices des préfectures, les CRD sont devenues des appendices des sous-préfectures. Ils se partagent les taxes, l’IMDL. C’est pourquoi ils veulent maintenir ce système-là. En outre, on nous avait dit qu’il y aurait des élections dans les quartiers et les districts. Or, la modification des articles 88 et 89 donne pouvoir au gouvernement de nommer les chefs de quartier et les présidents de district. Alors, nous avons dit qu’il faut remodifier les articles 88 et 89 de la Constitution pour qu’il y ait des élections. On nous répond : « Non, la Cour suprême appréciera ». Mais qu’est-ce qui dit, si les élections ont lieu dans ces conditions-là et si elles sont défavorables au gouvernement, que la Cour suprême ne va pas les invalider pour cause d’illégalité.

Donc, faisons en sorte que cela soit clair, qu’il n’y ait pas de contestation. Tout ce qui se fait aujourd’hui, c’est de la rigolade. C’est pourquoi ils s’enregistrent et s’écoutent parler dans les médias d’État. Mais, c’est clair, ce qu’ils font n’a rien à voir avec le peuple de Guinée.

Propos recueillis par
M. Nouhou Baldé
L'Observateur


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