mardi 22 mai 2007
L'article : "Le Pr. Alpha Condé plaide pour une moralisation de la vie politique en Guinée" signé de la griffe de Mamadi Kaba est bourré de hic succulents. Afakoudou ! Je n'ai pas résisté à l'envie de barbouiller sur certaines fausses-vérités contenus dans ça. Posté le dimanche 20 mai 2007 sur le net.
D'entrée, il débride: "pour rappel, c'est le 17 mai 1991 que le pr.Alpha Condé, au péril de sa vie, a défoncé les portes hermétiques de la dictature militaire du général Lansana Conté (...)", de grâce, ouvrez grandement les yeux "pour imposer le multipartisme". Hum ! Dites-moi, Mamadi ? Qui vous a soufflé, dans le nez, que c'est Alpha Condé qui a imposé le multipartisme dans le bled ?
C'est trop énorme ça ! Même dans le cadre d'une campagne électoraliste, une telle boule de tô ne passe pas nos larges gosiers. Il ne faut pas faire passer Le Grimpeur du satirique Le Lynx à ce que lui-même ne pense pas être. Jusqu'à preuve du contraire je mets ça d'abord au "conte" de la passion d'une plume partisane.
Le multipartisme en Guinée n'est pas un fait "imposé" par Alpha Condé. C'est archi-faux. L'on dira que ce n'est pas le moment de divertir les opinions sur une telle question insipide. Certes que la préoccupation de la majorité des Guinéens, acquis aux idéaux de liberté, de justice, de démocratie et de bonne gouvernance, c'est de voir enfin Lansana Conté chassé du pouvoir. Mais à la lecture du "conte" rendu de Mamadi l'on flaire carrément la confusion politicienne qu'on veut inculquer dans nos caboches avec cette poussée du vent du changement qui souffle dans le royaume de Lansana Conté.
Et puis il y a cet autre fait qui n'est pas aussi vrai. Mamadi griffe que Alpha Condé a qualifié "implicitement le régime actuel de prolongement négatif de celui de feu Sékou Touré, à la différence que celui-ci a dilapidé les richesses du pays quant son prédécesseur les a préservées du pillage systématiques." Quelle fourberie ! Il y a de la manipulation dangereuse dans ces maux. ça crève l'esprit !
Alpha Condé sait mieux que quiconque que Sékou Touré, l'ogre, a bel et bien pillé les biens de la Guinée. Avant qu'il ne meurt de sa belle mort, le tortionnaire avait déjà assuré à sa famille légitime une fortune colossale à l'étranger. Mohamed Touré, l'un de ses rejetons, gère aujourd'hui cette fortune dispersée entre la Suisse, les Etats-Unis, le Maroc, l'Arabie Saoudite et ailleurs. Je ne vois aucun côté positif au régime loufoque de Sékou Touré qui avait zigouillé quasiment tous les intellectuels de l'époque.
Ne se lasse-t-on pas de dire constamment sur le net que la première ressource économique d'un pays c'est d'abord et avant l'Homme avec grand H. Si le régime actuel est "le prolongement négatif de celui de feu Sékou Touré", quel a été alors le côté positif de la Révolution de ce machiavélique ? En relevant comme ça une "différence" vraiment odieuse entre les deux régimes, l'on insinue "implicitement" que Sékou Touré a quelque chose de meilleure que Lansana Conté. Quoi ?
Je vais encore vous conter quelque chose qui ne regarde que Sékou Touré. Je ne me souviens plus du jour ni du mois. Mais c'était au courant de l'année 2005. Un garçon d'une trentaine d'année débarque au Lynx, dans tous ses états. Pour cause ? Il ne supportait plus de lire les articles pimentés du satirique guinéen sur Sékou Touré allant jusqu'à le comparer à Saddam Hussein.
Le ton monte entre lui et nous. Il est sommé de décliner son identité. "Je suis fils de Sékou Touré et de Maïmouna Kanté" lâche-t-il en exposant sa pièce d'identité. Et moi de rétorquer sur-le-champ: "fils légitime ou illégitime ?" Parce que je le prenais pour un petit malin voulant réclamer sa part à l'héritage laissé par le sanguinaire Sékou Touré. Le coléreux avait bien mâché son "légitime". S'il n'y a pas de doute qu'il est un fils de Sékou Touré en se fiant simplement à la ressemblance physique. Il n'y a pas de doute aussi que le dictateur avait volé une fortune colossale pour le compte de sa femme et de ses enfants. Maintenant, est-ce que tous ceux qui vont se réclamer être des rejetons de Sékou Touré auront droit, un jour, à un partage à l'héritage ?
L'on sait que les lois du tyran interdisaient la polygamie. A ce jour, la seule veuve connue et reconnue par beaucoup est Andrée Touré qui a d'ailleurs applaudi le régime actuel d'avoir baptisé le palais présidentiel "Sekoutouréya".
Le régime de Conté avait donné aussi deux bagnoles à Andrée Touré après lui avoir rendu certains "biens" de son mari. Mieux, Lansana Conté lui avait promis devant le petit écran qu'elle toucherait aussi une pension. Sékou et Conté ont tous deux pillé la Guinée. Des écrits existent, chiffres à l'appui, qui montrent que Sékou Touré a volé et bradé d’énormes biens de la Guinée. A la réplique on vous les mettra sous le nez. A renifler avec du piment.
En attendant disséquons l'article de Mamadi. Il rapporte que Alpha Condé, à l'occasion, a fustigé "les opposants de jour qui font la cour au pouvoir la nuit, réduisant ainsi la statut d'opposant à sa plus simple expression en l'assimilant à de l'opportunisme et à du clientélisme".
Hé ! Ecoutez ! Il n'y a pas une façon établie, dogmatique, qui définisse la manière de s'opposer. Ce n'est pas parce qu'on est opposant le jour que la nuit venue l'on se mue aussitôt en loup loufoque. Je vais vous encombrer encore d'un autre exemple. Durant toute la campagne présidentielle française du second tour, Bernard Kouchner du parti socialiste d'alors n'a eu cesse de jouer l'opposant de jour.
Après la proclamation de la victoire de Nicolas Sarkozy, un droitier par excellence, l'opposant socialiste a succombé, au cour d'une de ces dernières nuits certainement précédant la formation du nouveau gouvernement français, à l'offre du vainqueur pour coiffer le Ministère des Affaires Etrangères. Le parti socialiste a aussitôt renié Bernard Kouchner désigné comme un opportuniste. Le toubib est pourtant un pote à Alpha Condé...
Quelques jours avant l'ouverture de la campagne officielle de la présidentielle, j'avais accosté Bernard Kouchner, à la salle de la Mutualité (Paris) où des intellectuels et des politiciens français s'étaient mobilisés pour la cause du Darfour, pour lui parler du cas de la Guinée. Impulsif, il me crie dans le nez: "lâche-moi les pattes ! En Guinée, on a déjà aidé Alpha Condé." Moi aussi, je réagis violemment: "La Guinée n'est pas Alpha Condé. On s'en fout de Alpha Condé." Il me foudroie de son regard d'aigle et lâche: "Allez-y alors vous réunir. Et montrez-nous quelqu'un." Brusquement, il tourne sur ses talons et disparaît.
Est-ce à cause de l'avènement de Bernard Kouchner au ministère des Affaires Etrangères que Alpha Condé "a tenu à rassurer ses interlocuteurs qu'il donnera à la coopération internationale une nouvelle dimension, c'est-à-dire que dans les relations bilatérales ou multilatérales, il attachera du prix au respect de l'équilibre dans lequel chaque partie se trouvera respectée au lieu de l'obscure relation du cheval et du cavalier" ?
Sinon Toto que je suis, je ne comprends pas la tenue d'un tel propos. C'est comme si Alpha Condé est dans la peau de président de la République de Guinée pour parler comme ça ou qu'il est en passe de le devenir instamment. Encore que nous sommes loin de la présidentielle Guinéenne. Non ! Ce n'est pas moi qui laisse sous entendre quoi que ce soit. C'est dans la citation. Relisez-la, bon Dieu ! C'est fait ?
En dehors de la chair de poule que vous avez, qu'est-ce qui vous pique aussi dans les narines ? Peut-être que c'est moi qui ne sens rien à rien. Bon, je ferme toutes les parenthèses non ouvertes.
Benn Pepito
Pour www.nlsguinee.com