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    Guinée témoignage : Kaporo - Bellevue, trois jours de voyage

     samedi 19 mai 2007   

    Chers compatriotes bonjour.
    Il est de mon devoir comme beaucoup de guinéens d’ailleurs de témoigner sur les exactions qu’ont subit les guinéens aux mois de janvier et février 2007.

    En effet, je suis arrivé à Conakry vers 5h30 du matin par la compagnie RAM le 26 janvier. Lorsqu’on a annoncé les manœuvres d’atterrissage, j’ai tout fait pour apercevoir la ville de Conakry, plongée dans une obscurité totale.

    A ma descente, j’ai été accueilli par des flics et douaniers qui me réclamaient tout et n’importe quoi pour pouvoir entrer dans mon propre pays. Quelle fût ma grande surprise quand un taximan m’a demandé cent milles francs guinéens pour rentrer en guinée à 3 ou 4 km de là . Finalement, on m’a amené avec 60.000 frgs.

    Arrivé chez moi, la joie de retrouver les miens m’a fait oublier ma mésaventure de l’aéroport mais autre chose se présenta en moi, le manque d’eau et de courant dans tout le quartier. Bon, c’était maintenant le jour, le courant, je pouvais m’en passer mais j’avais vraiment envie de me laver. Chose que j’ai faite avec la réserve d’eau de ma sœur qui m’a accueilli.

    Puis, je me suis habitué au quotidien de ma famille (se lever à 3h du matin pour avoir de l’eau, attendre minuit pour avoir du courant jusqu’au matin ou avoir le courant jusqu'à minuit,…).

    Puis arrive la bonne nouvelle, la grève est suspendue à partir du lundi 29 janvier ; ce qui m’a permis de sortir saluer ma famille et de partir à l’intérieur du pays pour voir ma mère et le reste de ma famille. J’y suis resté une semaine jour pour jour car je me disais que j’aurai plus de chance de rentrer en Europe si je suis à Conakry qu’en restant à l’intérieur. J’avais bien vu, car le vendredi 09 février, alors que j’étais à un anniversaire à Kaporo, il y a eu ce décret, ce décret duquel tout arriva en guinée ce weekend.

    Je me suis dit qu’il faut que je rentre à la Bellevue avant que les routes ne ferment. Mais arrivé à ratoma, vers le carrefour « Transit », je n’ai pas pu continuer, je me suis retourné vers Kaporo et j’ai passé nuit chez ma sœur à Nongo.
    Le lendemain, des militaires « bérets rouges » ont rendu visite au quartier en tirant n’importe où et n’importe comment.
    Vers 18h, j’ai pris la voiture pour rentrer chez moi, arrivé au marché de Kaporo juste avant l’école française, les riverains m’ont conseillé de rentrer dans le quartier car la route était dangereuse. De là j’ai suivi une autre voiture et nous sommes sortis vers le carrefour « Daddia ».

    Quand je suis arrivé au niveau du collège ratoma, au niveau des « dos d’âne », on m’a fait comprendre encore que je ne pouvais continuer. J’ai encore cherché où me garer dans le quartier en attendant une accalmie. C’est là que j’ai commencé à comprendre la gravité de la situation quand j’ai vu des gens avec des sacs de riz au dos, des habits, des portes et autres en provenance de Taouyah.

    J’ai attendu jusqu’à 19h avant de reprendre la route. J’ai réussi à arriver à « transit » où m’a encore fait savoir que je ne pouvais continuer vers le marché Taouyah ; de là j’ai pris la direction de la corniche vers la plage de Taouyah, arrivé en face de l’hôtel mariador, des badauds avaient fait un barrage et demandé de m’arrêter, ce que j’ai fait.

    Ils sont montés dans la voiture et m’ont réclamé 50.000 frgs. Je leur ai dit que je n’avais pas ce montant, ils ont pris la somme que j’avais mis entre les fauteuils de devant. Ils ont essayé d’enlever l’auto radio mais n’ont pas réussi. Ils m’ont demandé si je suis du quartier, je leur ai dit oui et ils m’ont laissé passer. De là, j’ai continué directement à Sambayah chez mon ami à Taouyah. Comme je ne pouvais continuer, j’ai garé la voiture sur un endroit sûr et je suis parti voir le marché Taouyah vers 20h.

    A Taouyah, toutes les boutiques étaient vides, soit cambriolées soit vidées par leurs propriétaires. Il y’avais des badauds, des militaires qui ont cassé le siège de western union, de toutes les boutiques et magasins, même les chantiers de construction n’ont pas échappé. Ils ont brûlé les camions de ramassage d’ordures et plusieurs voitures privées.

    De temps à autre, les militaires venaient tirer pour essayer de disperser les propriétaires des peu de boutiques qui ont échappé pour finir leur œuvre mais c’est sans compter sur la détermination des boutiquiers. Je n’ai pu m’empêcher de pleurer, tellement que j’avais mal pour ces gens, ces braves gens qui faisaient face à ces soldats qui tiraient n’importe comment et n’ importe où en blaisant, tuant sans aucun soucis. Ces gens là n’avaient plus rien à perdre, leurs boutiques c’est leur vie, il fallait donc les défendre ou mourir. J’ai aidé mon ami à vider sa boutique, on a utilisé nos deux voitures pour tout amené chez lui et j’ai passé la nuit chez lui.

    Vers 6h du matin, je suis sorti sans avertir, pour rentrer à la Bellevue, la route était impraticable mais il n’y’avait personne sur les rues à cette heure car ils étaient fatigués pour tout ce qu’ils ont fait la veille. Je suis arrivé chez mois enfin comme le jour de mon arrivée de l’aéroport.

    Quand j’ai compris tout ce qui s’est passé, je me suis dit que j’ai échappé bel. Moi j’ai eu de la chance, malheureusement, il y’en a plein qui y sont restés sous les balles des « forces de désordre » de l’armée anti-guinéenne car cette armée là ne peut être guinéenne ; en tout cas pas de ma Guinée car elle me fait honte.

    Je m’arrête là espérant que je ne vous ai pas tellement ennuyé avec ce récit que j’ai fini par vous faire parvenir enfin.

    Je vous remercie.

    Thierno H. Bah
    Depuis Genève, Suisse
    Pour www.nlsguinee.com


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