vendredi 18 mai 2007
Affaiblie par des décennies de dictature, la Guinée se trouve dans une situation politique, sociale et sanitaire alarmante. La répression sanglante des manifestations de janvier et février 2007 symbolise la crispation d’un régime à bout de souffle, rejeté massivement par son propre peuple.
En dépit de la violence exercée contre lui, le peuple guinéen à l’initiative des syndicats rejoints par les associations et les partis politiques guinéens, a permis par sa détermination sans faille de faire reculer par deux fois le régime de Lansana Conté, entraînant d’abord le renvoi d’un Premier ministre inféodé au Président et honni de la rue, puis le rejet par l’Assemblée nationale de la proposition présidentielle de prolonger l’Etat d’urgence.
L’exigence des libertés démocratiques et des droits humains, la lutte contre la pauvreté et la misère, la nécessité de construire un Etat de droit débarrassé de la corruption et d’en finir avec l’impunité, sont au coeur d’un mouvement qui a valeur d’exemple pour tous les peuples d’Afrique.
Dans ce contexte, nous tenons à rendre hommage aux victimes de la répression et nous saluons l’action du peuple guinéen, des organisations de la société civile, des syndicats et partis politiques guinéens, qui laissent entrevoir la possibilité d’une transition démocratique.
Nous appelons le gouvernement français et l’Union européenne à soutenir toutes les actions allant dans le sens d’une véritable transition, jusqu’à la tenue d’élections législatives et présidentielles libres, équitables et transparentes dans les meilleurs délais.
Nous nous engageons à suivre avec vigilance l’avancement de cette transition, plus que jamais nécessaire devant la gravité de la situation du pays et à soutenir concrètement la mise en place d’un observatoire international de suivi de la transition démocratique.
Sur ces bases, le Collectif Solidarité-Guinée se donne comme objectifs :
(1) de sensibiliser l’opinion publique et les pouvoirs publics en France et en Europe, à la réalité de cette situation dramatique, qui a coûté la vie de plus de cent personnes sur l'ensemble du territoire guinéen.
(2) d’exiger la création d'une Commission Internationale d'enquête pour identifier les crimes, les vols et les viols commis au cours des deux dernières années, mais aussi plus largement depuis la Première République.
(3) de demander que soient prises toutes dispositions pour que les avoirs des dirigeants et ayant droits impliqués dans ces crimes de sang et dans les crimes économiques soient bloqués dans les banques et établissements financiers relevant de la compétence de la France et de l'Union Européenne et que soit procéder à un audit de la dette afin d’aboutir à l’annulation de la dette odieuse.
(4) d’oeuvrer à la mise en place de l'Observatoire International de suivi de la transition démocratique . Dans ce cadre, la tenue d'un Colloque à Paris, le 31 mars 2007 a permis d'ores et déjà de rassembler des contributions importantes pour cet Observatoire. Les actes de ce Colloque seront très rapidement disponibles sur le Site du Collectif :
www.solidariteguinee.org
(5) de participer au Forum Social Guinéen, que les acteurs de la Société Civile regroupant tous les acteurs du puissant mouvement social, se proposent d'organiser en Guinée dans les prochains mois.
(6) de prendre tous contacts avec les autorités nationales françaises et internationales afin de solliciter leur implication dans la situation actuelle et de susciter des opérations d'urgence humanitaire lorsque la situation l’exigera.
(7) de mobiliser en particulier les juristes internationaux, les syndicats et les ONG de Droit Humain, pour participer à la surveillance des prochaines éléctions en Guinée, et soutenir la mise en place d'une Commission Electorale Nationale Indépendante.
(8) de favoriser l'indépendance des médias et la promotion du pluralisme dans le droit à l'information en Guinée.
(9) d’exiger enfin le respect des Droits Humains et de toutes les libertés fondamentales, sur l'ensemble du Territoire de la Guinée.
Par Malick CONDE
Pour www.nlsguinee.com