jeudi 17 mai 2007
La Guinée (Conakry) occupe, sinon réoccupe les devants de la scène, avec notamment les bruits de bottes qui, de façon insistante, se font entendre. Faisant croire ou amenant à faire croire que les jours du régime de Conté seraient... comptés.
En tout cas, si, aujourd’hui, la Guinée n’est pas au bord du gouffre, elle n’y est pas loin. Mais, à y réfléchir de près, si la situation s’est davantage gangrenée, cela est essentiellement dû à ce ras-le-bol de la Grande muette, de chez le "Sily national". Qui, jusque-là, était l’un des plus solides remparts sur lequel Conté et son régime se sont appuyés pour gérer, à leur manière, le pays.
Un pays que d’aucuns n’hésitent pas à qualifier de "scandale géologique". Tant ses potentialités minières, agricoles et autres, sont difficilement quantifiables. Hélas, on peut dire que de telles retombées n’ont jamais, véritablement, profité à l’écrasante majorité du peuple guinéen.
Bien au contraire, cette manne tirée du sous-sol profite, a toujours profité, aux différents cercles du pouvoir qui, de manière ostentatoire, étale les facettes multiples de richesses aux origines souvent douteuses. Ou, en tout cas, dont le caractère licite, laisse à désirer.
Dans un tel contexte, frisant une injustice sociale flagrante, les syndicats, ou disons, les forces sociales guinéennes n’en pouvant plus de trimer, de trinquer pendant que les uns se "sucrent" sur le dos du peuple, ont, prenant et assumant leurs responsabilités, sorti la "grosse artillerie". En décrétant des mots d’ordre de grève générale sur l’ensemble du territoire national.
Ce mouvement a tellement réussi que le régime de Conté, qui avait compté sur tout, sauf sur la détermination des organisations syndicales, fit marche arrière. En consentant, peut-être bien malgré lui, à changer, sous la pression des évènements, de Premier ministre. C’est, ainsi, que Lansana Kouyaté ("PM" dit de consensus) prit la place d’Eugène Camara, qu’on dit trop proche de Conté. Mais, paradoxalement, la situation n’a guère semblé évoluer dans un sens qui puisse augurer d’une stabilité politique et sociale en Guinée.
Cela semble d’autant plus vrai, que la "Carte Kouyaté", à l’épreuve de la réalité pure et dure, a montré, et au grand jour, ses limites. Non pas que la personne du Premier ministre guinéen soit en cause, mais il s’agit de constater que la réalité, au pays de Samory Touré, est que tout pouvoir ne peut occulter la "donne militaire". D’autant plus que Conté n’est, de 1984 à nos jours, à la tête de la Guinée que grâce, en grande partie, à l’Armée guinéenne.
Or, si, aujourd’hui, cette armée se permet de donner de la voix, en ouvrant certaines voies (vers quoi( ? ) c’est qu’un "séisme" politico-socialo-militaire est en vue. Ou, du moins, est en train de prendre forme. Surtout en ce moment précis où Lansana Conté, en dépit d’un état de santé pas des meilleurs, ne semble compter que sur cette "Baraka" ayant tendance à lui venir au secours ou à la rescousse. Et ce, à chaque fois que, sous la dictée des évènements, l’étau semble se resserrer, de plus en plus, autour de lui et de son régime.
Evidemment, loin de nous toute idée d’esquisser des pas de danse relativement à cette passe difficile de la Guinée, mais il n’en demeure pas moins vrai que la tendance généralement retenue, c’est que la Guinée serait assise sur une poudrière. Et qu’il suffirait d’une toute petite étincelle pour que le chaos s’y installe.
Nous souhaitons nous tromper, mais aujourd’hui, la situation, prévalant en Guinée, n’est guère rassurante. Le "séisme" socialo militaire demeure, plus que jamais, vivace. A moins que certaines bonnes volontés (au niveau le plus élevé) de la sous région fassent jouer les règles du "devoir d’ingérence", pour sauver, pendant qu’il est encore temps, la Guinée. Cette Guinée dont tout, au demeurant, nous rapproche.
Vivement donc que ce "séisme" socialo militaire soit évité ; car si la Guinée "tousse", le Sénégal "éternue", le Mali s'engouffre Forcément. Et dire que la Côte d’Ivoire qui, il n’y a guère, s’illustra négativement est en train de se reprendre, progressivement, fort de la réelle volonté politique de ses dirigeants.
Ce serait dommage que la Guinée, cette Guinée tant chantée par Kouyaté Sory Kandia, se désagrège...
De Dakar, Alpha Kabinet Sidimé
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