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    De la grogne sociale à la grogne militaire : Seul un Leadership Nouveau pourra nous sortir de la crise !

     mardi 15 mai 2007   

    « Si la réorganisation de l’espace politique national passe par un coup de force de l’armée républicaine, alors je souscris entièrement à une telle éventualité. »

    Depuis des décennies la Guinée traverse une crise politique dont les conséquences socio-économiques sont majeures. Le pays tout entier fait face à une faillite généralisée de son leadership politique et militaire. Malgré les énormes sacrifices consentis par nos populations, cette faillite ruine dans l’immédiat tout espoir de sortie de crise.

    Nous vivons une situation d’extrême urgence qui requiert une forte mobilisation de tous ceux qui désirent tourner définitivement la page de la gouvernance Lansana Conté. L’actuelle grogne militaire est une des nombreuses formes visibles de cette faillite qui se manifeste chaque jour et à tous les niveaux. Les protestations de nos soldats s’inscrit donc dans une suite logique de la grogne sociale qui a secoué le pays en janvier et février derniers.

    Malgré l’optimisme affiché par certains compatriotes suite à la nomination d’un premier ministre et la mise en place d’un gouvernement dit de consensus, la crise que travers le pays reste entière.

    Pour sortir définitivement de ce cycle infernal, il est impératif d’analyser et comprendre les causes du mécontentement qui s’est généralisé. Car depuis des décennies une large majorité de nos populations (y compris militaires) ont le sentiment d’être des laissés pour comptes. Malgré leurs énormes difficultés à joindre les deux bouts, ils ne trouvent aucune écoute et surtout aucune solution à leurs souffrances quotidiennes.

    Pendant ce temps, une élite (civile et militaire) vit dans une opulence jamais égalée. Y'a-t-il lieu de s’étonner de toutes ces frustrations, de toute cette colère populaire, de tout ce mécontentement,…que suscite cette flagrante injustice au sein de nos populations en général ?

    A ce constat s’ajoute un conflit générationnel larvé que certains rechignent à pointer du doigt de peur d’être stigmatisé. Récemment, de hauts responsables ont voulu repousser l’âge de la retraite pour permettre à nos pères et grands-pères de continuer à exercer dans une administration pléthorique et inefficace. C'est dire combien de fois les habitudes ont la tête dure !

    Par ailleurs et après tant d’années de crise de confiance au niveau de la chaine de commandement militaire, Lansana Conté qui n’arrive toujours pas à résoudre la crise tente désespérement de ramener par la fénêtre quelques officiers qu’il avait lui-même envoyés à la retraite par la petite porte.

    La jeunesse guinéenne (civile et militaire), composante largement majoritaire de la population ne peut éternellement se résoudre à accepter le sort qui lui est réservé. Jamais la souffrance du jeune guinéen n’a atteint un tel niveau... Il est donc tout à fait logique que les jeunes soldats et jeunes officiers guinéens refusent encore une fois de jouer les seconds rôles alors que des officiers criminels et corrompus leur empêchent de restructurer l’armée.

    Tant qu'on ne prend pas en considération la flagrante injustice sociale généralisée et la profonde discrimination intergénérationnelle, aucune sortie de crise ne pourra s’inscrire dans la durée. Compte tenu de la faillite du régime, un coup de pied dans la fourmilière serait donc salutaire.

    Que des soldats de l’armée guinéenne fassent entendre leur amertume, même si l’on peut être en désaccord sur la manière, n’est pas si étonnant que ça.
    L’on a trop souvent ordonné aux soldats de faire le sale boulot (répression) quand les ténors du pouvoir se sentent menacés par des revendications légitimes des populations.
    Aussitôt la menace écartée, l’on s’empresse de maintenir ces "hommes à tout faire" dans leurs misères quotidiennes. C’est ainsi que lors des dernières mobilisations syndicales et populaires, nos véreux officiers ont roulé les soldats guinéens dans la farine en leur promettant monts et merveilles pour qu’ils défendent becs et ongles des gens nantis et imbus de leur personne et qui n’ont cure des conditions de vie hautement dégradées dans les camps militaires.

    L’heure serait-elle venue de payer la facture ?

    Une frustration chronique règne dans l’armée guinéenne depuis la grande mutinerie qui a failli emporter le régime de Lansana Conté. L'armée guinéenne est une armée à deux vitesses compte tenu de la précarité dans laquelle pataugent les troupes, du favoritisme (il faut dire les choses par leurs noms), de la discrimination dans l’obtention des bourses de formation et les grades et avancements par affinités,...

    En clair, l’armée guinéenne n’est pas si nationale que ça. Elle ressemble plutôt à une armée tribale qu’il va falloir restructurer du sommet à la base si l’on veut assurer convénablement la protection de nos populations ainsi que l’intégrité territoriale. Le désordre actuel est malheureusement nécessaire pour une nouvelle réorganisation de cette institution d’autant plus que les camps militaires guinéens n’ont pas échappé aux calamités de la gouvernance Conté, responsable numéro un des forces armées et longtemps Chef de l’Etat et ministre de la défense nationale à la fois.

    A l’instar des populations guinéennes en général, les soldats vivent très difficilement les terribles conséquences de la corruption endémique, principal caractéristique de l’actuel leadership guinéen. Le fait qu’un nouveau gouvernement soit sur place ne change rien d’autant plus que la hiérarchie militaire pense toujours disposer d’une immunité à vie.

    Comment peut-il en être autrement quand on sait que ce régime ne se maintient que grâce au concourt de l’élite militaire, zélée et brutale, allergique à la moindre contestation populaire ?

    Il est illusoire de penser qu’avec l'entrée en fonction du nouveau gouvernement le changement serait en bonne voie. C’est un leurre car en Guinée un réel changement de régime ne peut avoir lieu sans la volonté de l’armée. Une réelle émancipation de "la partie encore saine et républicaine de l’armée" s’avère nécessaire pour sortir le pays de l’actuel statuquo.

    Depuis les dernières mobilisations populaires et l’état de siège qui s’en est suivi, le pays est dirigé de fait par les militaires. Malgré la prise de fonction du nouveau gouvernement et l'image idyllique qu'on nous vend, l’intérieur du pays ne dispose d’aucune administration viable à part celle militaire. D’où la fragilité de l’emprise du gouvernement sur le pays. Les principaux bâtiments publics ont été, soit saccagés soit brulés lors des manifestations. Il est difficile de parler aujourd’hui de reconstruction à plus forte raison d'élections législatives.

    Que peut faire un premier ministre nommé par Lansana Conté dans une telle situation ?
    Absolument rien car son pouvoir tient d’une illusion que chacun finira par découvrir. Les seuls détenteurs du pouvoir étaient jusque-là les officiers appartenant à la haute hiérarchie militaire. Ayant juré fidélité à leur chef le général Lansana Conté, ils ne peuvent déposer celui-ci pour libérer le peuple.
    Le salut du guinéen viendra donc de la conscientisation des esprits parmis les soldats et les jeunes officiers intègres et républicains et qui, semble-t-il voudraient tourner la page sombre des habitudes de la haute hiérarchie.

    Avec toute la méfiance qu’elle suscite aujourd’hui auprès des populations et malgré toutes sortes de difficultés qu’elle traverse, l’armée guinéenne peut-elle mettre fin à la souffrance des guinéens en déposant Lansana Conté et ses hauts collaborateurs ?

    Si les avis divergent quant à la réponse à apporter à une telle interrogation, il se dégage néanmoins deux tendances nettement distinctes dans les analyses que nous lisons ci et là. Certains analystes estiment que l’armée guinéenne ne mérite aucune confiance, les éléments qui la composent sont du pareil au même et qu’il faut laisser le premier ministre Lansana Kouyaté faire son travail.
    D’autres pensent au contraire que le problème guinéen ne peut être résolu tant que Lansana Conté est au pouvoir. Ainsi, l’armée "républicaine" doit procéder à un coup de force pour apporter le changement tant espéré...

    Pour la première tendance assez optimiste, Lansana Kouyaté peut réussir malgré la présence de Lansana Conté à la tête du pays. Tandis que la deuxième tendance est beaucoup plus perplexe dans la mesure où le premier ministre guinéen ne contrôle rien. Il ne dispose d’aucune marge de manœuvre et reste sous une coupe réglée par son président qui dispose encore de tous les pouvoirs…

    En ce qui me concerne, « si la réorganisation de l’espace politique et socio-économique national passe par un coup de force de l’armée républicaine, alors je souscris entièrement à une telle éventualité. »

    C’est une position personnelle et une conviction bien établie : Quand un leadership faillit il faut le remplacer !
    Il n'y a aucune raison empêchant le leadership militaire de se soumettre à cette maxime. Le pays souffre parce que depuis des décennies nous n’avons pas pu/su trouver en nous la force nécessaire pour remplacer ceux qui sont aux responsabilités. L’alternance pose toujours problème alors qu’il s’agit d’un indicateur important de la démocratie.

    Depuis plus de deux décennies les guinéens s’efforcent d’instaurer un système démocratique. Malheureusement,
    malgré les fortes mobilisations populaires lors des premières élections présidentielles de décembre 1993 et 1998;
    malgré le refus catégorique de nos populations de cautionner le référendum qui a entériné la modification de la loi fondamentale en instaurant la présidence à vie;
    malgré les nombreuses manifestations estudiantines et les dernières mobilisations syndicales et populaires;
    malgré la mutinerie de nos soldats qui a failli emporter le régime de Lansana Conté;
    malgré l’état de délabrement de tous les secteurs politique et socioéconomique;
    malgré une réelle volonté de changement chez le guinéen, volonté clairement exprimée à l'intérieur et à l'extérieur du pays,...le général Lansana Conté a toujours réussi à se maintenir au pouvoir. Il s’est maintenu grâce à la puissance militaire, notamment l’aide d’une certaine élite en uniformes qui a juré de défendre ses intérêts envers et contre tout un pays…

    Que peut-on faire face à cette situation ? Seule une profonde restructuration de l’armée pourra changer la donne politique et militaire en redonnant espoir aux guinéens. Il est vrai que l’Afrique ne regorge pas d’exemples où le pouvoir militaire excelle par sa bonne gouvernance démocratique. Mais pour répartir sur de nouvelles bases, n’est-il pas nécessaire de songer à remettre en cause ce système autocratique qui génère misère, pauvreté et atrocités ?

    Une armée républicaine bien soutenue et mieux structurée peut, à l’image de ce qui s’est passé au Mali et récemment en Mauritanie, apporter à la Guinée une transition paisible vers une réelle démocratisation du pays. C’est un risque que nous devons prendre en soutenant effectivement ceux qui se battent pour un changement de leadership au sein de l’armée nationale. Une structure de commandement militaire avec de nouvelles têtes et une intégrité sans failles implique pour nous guinéens la fin du laisser-faire, du favoritisme, de la corruption et de l’impunité dans l’administration.

    Il est illusoire de croire qu’un pouvoir civil fort naîtra en Guinée sans une purge et un toilettage de l’armée en sanctionnant avec exemplarité les assassins et les corrompus qui gangrènent cette institution. L’actuel chef des armées le général Lansana Conté s'est avéré incapable d’apporter de tels changements car il a fondé son pouvoir sur et autour des faiblesses et divisions des représentants des Institutions politiques et militaires.

    Les militaires qui viennent d’engager ce mouvement de protestation doivent comprendre qu’ils ont tout intérêt à avoir nos populations de leurs côtés. Saccager des boutiques ou des magasins, tirer en l’air pour accentuer la peur des populations et tuer d’innocentes gens avec des balles perdues ou non, sont autant d’actes répréhensibles qui ne favorisent pas l’émergence d’une réellement armée républicaine.

    Pour susciter soutien et compréhension des populations quant à la justesse de leurs revendications, nos soldats doivent se comporter en une force publique digne, sur laquelle on peut compter pour remettre notre pays sur le droit chemin. C’est la seule façon de gagner la confiance des guinéens, confiance très ébranlée à cause du comportement de certains militaires pendant l’état de siège.

    Les populations guinéennes ont besoin de leur armée républicaine. Elles ont besoin d’une armée digne et capable de les défendre et défendre l’intégrité territoriale. Elles ont besoin d’une armée qui les soutienne dans le combat qu’ils mènent pour une Guinée Démocratique et Prospère où le respect des principes de l’Etat de droit n’est pas un vil mot.

    Soldats guinéens, vous sentez-vous capables d’offrir cette chance à vos compatriotes ?

    Mr Ly Elhadji Baila, Zurich, Suisse
    Directeur Exécutif de www.nlsguinee.com
    Membre fondateur de l’ANDD et de www.guinea-forum.org
    Membre de l'Equipe d’Analyse et de Réflexion « Neoleadership »
    Contacts: elhadji@nlsguinee.com (ou bien) neoleadership@gmail.com


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Ces images sont bien des réalités de ce magnifique pays! La Guinée est pourtant l'un des pays les plus riches au monde du point de vue ressources naturelles.
Cette faillite économique est le résultat du pillage systématique des biens publics, le clientellisme, la corruption, le détourment des fonds publics et une mise à l'écart de la majorité des cadres compétants et intègres du pays.
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